Le contexte démographique : recensement quinquennal de population de 1936

 

Le contexte démographique : recensement quinquennal de population de 1936

Nous avons dépouillé entièrement le recensement quinquennal de population de 1936. Il répertorie les           habitants de Tremblay-lès-Gonesse par quartier.

 

Selon ce document, le village historique compte 173 maisons, 271 ménages, 870 habitants dont 667 français et 203 étrangers. Nous avons reporté ces données sur le logiciel Excel et relevons que le nombre des étrangers est légèrement supérieur. Il s’élève en réalité à 214 soit :

• 155 Polonais,

• 31 Belges,

• 22 Italiens,

• 3 Tchèques,

• 2 Suisses,

• 1 Russe.

 

Ces étrangers sont employés en majorité dans l’agriculture. C’est le cas de tous les Polonais et de la quasi-totalité des Belges, toutefois l’épicerie du village est tenue par un couple appartenant à cette dernière nationalité.

Les Italiens se partagent entre l’agriculture et l’artisanat d’art. Le vénitien Vittorio Moretti a ouvert au village une fabrique de perles de Venise avec une équipe de natifs de Murano.(12)

12 - Cf. la communication que nous avons présentée au Musée National de l’Histoire de l’Immigration, au Palais de la Porte-Dorée, à Paris, le 17 mai 2017.  Cf. également Tremblay, village de la plaine de France, d’après le recensement quinquennal de 1931,bulletin n° 40 de la SEHT, année 2017.

 

Pour le Domaine du Vert-Galant on recense 915 maisons, 988 ménages, 3 158 habitants dont 2 714 Français, 444 étrangers. Pour les Cottages du Vert-Galant on dénombre 236 maisons, 251 ménages, 848 habitants dont 753 Français, 95 étrangers. Enfin le Bois-Saint-Denis possède  396 maisons habitées par 407 ménages qui représentent 1 305 habitants, dont 1 196 Français, 109 étrangers.

Cette comparaison de la population des différents quartiers montre que le Vieux-Pays est celui qui compte la plus forte proportion d’étrangers soit  24,59 %, alors que ceux-ci ne représentent que 14,05 % au Vert-Galant, 11,20 % aux  Cottages, 8,35 % au Bois-Saint-Denis.

 

Le recensement quinquennal de 1936 n’est pas aussi précis que celui de 1931. Il ne mentionne pas l’employeur des travailleurs recensés, ce qui ne permet pas de les affecter par exploitation, sauf pour ce qui concerne la ferme de Mortières que leur domicile, hors agglomération, permet de repérer. Dans ce panel nous relevons vingt-sept Français, 26 Polonais, 1 Belge. Parmi les ouvriers agricoles, on compte vingt Polonais, un Belge, trois Français..

Chez les Français, les qualifications sont plus diversifiées. Il y a le propriétaire Raymond Tétard, répertorié en qualité d’agriculteur, puis un jardinier, une cuisinière, un garde-chasse, deux maréchaux-ferrants, cinq ouvriers agricoles.

 

Nous regrettons que le recenseur répertorie les travailleurs sous le terme générique d’ouvrier agricole, alors que le salaire varie en fonction des qualifications : conducteur de tracteur, charretier, bouvier, garçon d’écurie. Il nomme toutefois quelques emplois précis : garde-chasse, jardinier, cuisinière, maréchal-ferrant. Comme la mécanisation n’est pas encore généralisée, dans les années 1930, les grandes fermes disposent  toutes d’un travail (13) et d’un ou plusieurs maréchaux-ferrants. C’est notamment le cas de la ferme de Mortières appartenant à Raymond Tétard et de la ferme du château appartenant à Pierre Dubois.

13 - Le travail du bas latin tripalium est l’appareil dans lequel le maréchal-ferrant place les animaux de traits pour effectuer le ferrage.

 

Recensement quinquennal de population de 1936, ferme de Mortières, extrait, archives départementales

 

 

Bibliographie :

fiche extraite de l'article de H. REVEL Mouvements sociaux dans l'agriculture sous le Front populaire : les grèves des ouvriers agricoles de Tremblay-lès-Gonesse, bulletin n° 43 de la SEHT, année 2019, pages 16 à 40.

 



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