La Villa du Nouret

Sur la piste des Gaulois, étude d’une ferme gallo-romaine située sur le territoire de la commune de Tremblay-en-France : la Villa du Nouret.

 

Du 6 octobre 2000 au 31 janvier 2001, la Maison de l’Environnement de l’Aéroport Charles de Gaulle a ouvert au public une exposition retraçant l’ensemble des fouilles menées sur le site aéroportuaire, de l’automne 1996 à l’automne 2000. Intitulée Sur la Piste des Gaulois, cette manifestation a présenté le résultat des fouilles conduites sur les communes de Roissy-en-France, Louvres et Epiais-lés-Louvres dans le Val d‘Oise, Mauregard, Le Mesnil-Amelot et Mitry-Mory en Seine-et-Marne, Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis.

 

Le vernissage de cette exposition s’est déroulé le 6 octobre, sous la présidence de Monsieur Emmanuel DURET, Directeur Général d’Aéroports de Paris. Invité à cette manifestation, les représentants de la Société d'Etudes Historiques ont apprécié la présentation du mobilier et l’historique des opérations de fouilles, ainsi que la synthèse des premières conclusions auxquelles sont parvenues les archéologues. Nous avons bénéficié à cette occasion des commentaires de Monsieur Pierre OUZOULIAS Conservateur an Service Régional de l’Archéologie de la Direction Régionale de l’Action Culturelle de l’Ile-de-France (D.R.A.C) qui a supervisé l’ensemble des opérations de fouilles et de Madame Antoinette Navecth-Domin de l'Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales qui a coordonné les opérations pour le compte de 1’A.F.A.N et dirigé les fouilles de la villa du Nouret, et de la ferme du Tronchet sur Tremblay-en-France.

 

Les fouilles préventives ont été conduites dans le cadre de la loi du 27 septembre 1941. Une convention passée entre Aéroports de Paris et le Ministère de la Culture, représenté par la D.R.A.C Ile-de-France confiait la maitrise d’œuvre  de 1’opération à l’Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales (AFAN). Le financement de ces campagnes archéologiques a été supporté par ADP. Les investigations ont été menées sur une zone de250 ha, pour un coût total de 30 millions de Francs, selon les chiffres communiqués par ADP.

 

La plate-forme aéroportuaire est située dans la plaine de France. I1 s’agit d’une zone de plateau au relief peu marqué, compris entre 80 et 120 mètres d’altitude, avec de faibles variations de pente. Cette zone est recouverte d’une couche de limons de l à 4 mètres d’épaisseur, mis en place au cours de la dernière glaciation (l0.000 ans.)

 

Notons que le niveau actuel de la plaine correspond sensiblement à celui de la période antique. Les vestiges de cette période gisent à une faible profondeur, immédiatement sous l’humus de surface. On ne retrouve donc que les objets qui étaient enfouis dans le sol : fondations, puits, caves. La majeure partie d’entre eux est de la période gallo-romaine.

 

L’intérêt archéologique de cette zone avait été mis en évidence par des prospections de surface conduites principalement par l‘Association Jeunesse Préhistorique et Géologique du Pays de France (JPGF ) présidée par Jean-Pierre de REGIBUS. Ces recherches ont été entreprises au cours des années 60, avant la construction de l’aéroport, sur des terrains encore cultivés. Elles ont permis de localiser de nombreux sites appartenant majoritairement à la période gallo-romaine. La densité de ces sites est de1.5 par kilomètre carré, ce qui est particulièrement élevé pour la partie nord de la Gaule.

 

Afin de localiser dans un minimum de temps les sites menacés, les emprises des travaux d’extension de 1’aéroport ont été sondées an moyen d’engins mécaniques qui ont creusé des tranchées larges de 2m et espacées de 20 mètres. Ces opérations ont été localisées sur la partie nord de la plate-forme, parce que c’est 1à que se trouvaient, avant travaux d’extension, des zones libres de tout aménagement.

 

Environ 90 kilomètres de tranchées ont été ouvertes à1a pelle mécanique, orientées selon un angle de 45° nord. Cette option a été choisie afin de multiplier les chances statistiques de découvertes, la plupart des vestiges étant orientés selon un axe nord-sud. À partir de ces sondages systématiques, un certain nombre d’indices ont été mis à jour. Une douzaine de sites ont été sélectionnés, il a été décidé de les fouiller.

 

Trois des campagnes de fouilles ont été conduites sur Tremblay-en-France, il s’agit du site néolithique de la Croix Adam et des sites gallo-romains du Nouret et du Tronchet.

 

Source : bulletin de la SEHT, n° 24, année 2000 Hervé REVEL, Sur la piste ds Gaulois, étude arhéologque de deux fermes gallo-romanes de Tremblay-en-France.

 

 

bol du site du Nouret

Bol. Céramique sigillée, époque gallo-romaine 250/320,

provenant du site du Nouret. Cliché SEHT.

 

 

Meule (diamètre 0,75 mètre),

villa du Nouret, époque gallo-romaine. Cliché SEHT.

 

 

Complexe thermal de la villa du Nouret

Fouilles TGV de 1991, clcihé SEHT © SEHT

 

Le caldarium. On distingue sur ce cliché les éléments du dispositif de chauffage :

  • chauffage par le sol avec les pilettes qui supportent la suspensura
  • chauffage par les murs avec les tubuli qui acheminent la chaleur

 

 

Complexe thermal de la villa du Nouret

Fouilles TGV de 1991, cliché SEHT© SEHT

L'eau qui alimentait les thermes du Nouret était captée plusieurs kilomètres au nord du site, par un acqueduc. 

 

 

Mur sud du complexe thermal du Nouret : les praefurnium

Fouilles TGV de 1991, cliché SEHT © SEHT

 

Deux foyers extérieurs, les praefurnium, fournissaient la chaleur nécessaire au fonctionnement des thermes. Elle était acheminée dans le complexe par deux tunnels que  montre ce cliché.

 



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