Description

La Grange-aux-Dîmes de Tremblay-en-France

 

La Grange-aux-Dîmes de Tremblay-en-France a été classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en mai 1939. Pour suivre l’histoire du monument nous aurons recours aux écrits de l’abbé Suger pour le XIIème siècle et  au cartulaire de l’abbé Philippe pour le XVème siècle (1).

1 - Œuvres complètes de Suger, annotées et publiées d’après les manuscrits pour la société de l’Histoire de France par A. Lecoy de la Marche, à Paris chez la veuve Jules Renouard, 1867.

 

 

La Grange-aux-Dîmes et la ferme du Château, cliché SEHT Simon Chayé, 2 septembre 2021

 

La reconstruction de la Grange-aux-Dîmes intervient au terme de la guerre de Cent Ans, période de pénurie de matériaux de construction. Pour faire face à cette situation, les constructeurs ont réutilisé les vestiges du bâtiment  détruit en 1420. Lors d’une restauration, entreprise par M. Pierre Dubois, le piochement de la façade a révélé des traces de l’incendie de 1420, ce qui prouve l’intégration des vestiges du bâtiment antérieur. Ce mur intégré à la construction n’appartenait pas forcément à la grange. Il n’est pas interdit de penser qu’il puisse avoir appartenu à l’église primitive, détruite par le même incendie. Certaines niches aménagées dans ce mur ont pour vocation évidente de porter des statues, dispositif qui a plutôt sa place dans un lieu du culte que dans une grange.

 

La raison qui a motivé le législateur pour le classement de l’édifice est la qualité de la charpente. Elle est beaucoup plus ancienne que le bâtiment et date du XIIème ou XIIIème siècle. Elle ne provient pas de l’édifice antérieur, car elle aurait été détruite dans l’incendie. C’est sans doute la grande pénurie de matériaux, en pleine période de reconstruction, qui a dicté le choix de matériaux de réemploi, importés d’une construction antérieure en ruine, plus ou moins voisine.

 

 

La charpente de la Grange-aux-Dîmes,  cliché SEHT, Maurice Cuvelette, 1er décembre 2021

 

Les documents publiés sur le monument ne mentionnant pas ses mensurations, la SEHT a constitué en 2004 une équipe pour combler cette lacune. Composée de Maurice Bruni assisté de Réda Amirèche, Claude Minart et Jacques Viollon elle a effectué un relevé exhaustif des     mesures de la Grange-aux-Dîmes.

 

La charpente est supportée par une double rangée de poteaux, qui composent un espace central de sept travées délimitant la surface utile du bâtiment. C’est la disposition la plus courante au Moyen-Âge. Tous les éléments de la charpente sont en chêne. Les 7 entraits, d’une section de 40 cm de côté, mesurent 11 mètres de long. Le poinçon qui joint verticalement le milieu de l’entrait à l’arbalétrier mesure 5,90 m. L’arbalétrier, long d’environ 14 m repose sur l’entrait et le faîtage. Une jambette distante d’1 mètre du poteau soutient  l’arbalétrier. Le faux entrait relie le poinçon à l’arbalétrier et assure la solidité de l’ensemble.

Le lien de faîtage, ou contre-fiche, mesure 1,50 m environ. Il relie le poinçon à la panne faîtière et assure la stabilité du poinçon.

Les arbalétriers sont fixés à l’entrait grâce à deux planches de 50 x 10 cm de chaque côté. Les chevrons de 10 cm  environ de section reposent sur 5 pannes courantes. Ils sont espacés de 34 cm. Il y a un total de 77 chevrons par versant de toit.

 

 

Base des poteaux de la Charpente, cliché SEHT, M.Cuvelette (01/12/2021).

 

Les poteaux de la charpente reposent sur des bases de pierre qui les protègent des remontées d’humidité. Le cliché ci-dessus représente une tête de chapiteau posée à l’envers. Le décor à crosse de cette pièce permet de la dater du XIIIème siècle.

 

La Grange-aux-Dîmes est une vaste bâtisse, construite sur plan barlong. Elle est précédée d’un porche surmonté d’une tourelle qui abritait le corps de garde, équipé de meurtrières. L’escalier en colimaçon qui conduit à la salle de garde donne sur une meurtrière qui s’ouvre sur le côté nord du porche et permet de contrôler la porte d’entrée.

 

Le bâtiment  mesure 33 mètres de long sur 19 de large. Il est orienté nord-ouest, ce qui expose les murs latéraux aux vents chauds et secs. Ces murs sont de faible hauteur, sept mètres. D’une épaisseur de quatre-vingts centimètres, ils sont soutenus par des contreforts qui se répliquent en parfaite symétrie sur les côtés nord et sud.

 

Les murs sont construits avec une alternance de moellons et de pierres de taille. En revanche, les contreforts sont faits de pierres de taille. Le haut des contreforts est en plan incliné, pour faciliter l’écoulement des eaux.

 

Les contreforts du pignon sud sont plus massifs que ceux qui soutiennent les murs latéraux. L’enduit qui recouvre la façade et les murs latéraux isole l’édifice de l’humidité et renforce la cohésion des pierres. Huit ouvertures latérales assurent une bonne ventilation de l’édifice, destinée à assurer une bonne conservation des gerbes.

 

Le toit est composé de deux versants, inclinés à 55 degrés. Il a une surface totale de 962 mètres carrés.

 

 

 

La charpente de la Grange-aux-Dîmes, plan SEHT Hervé Revel

 

 

 

 

Mur latéral sud, cliché SEHT Simon Chayé, 28 août 2021

 

Les murs latéraux sont appuyés de contreforts qui contrebalancent la poussée de la masse des récoltes stockées Des ouvertures assurent la ventilation de la grange, pour favoriser la bonne conservation des céréales. 

 

Le pignon Ouest de la Grange-aux-Dîmes, Cliché SEHT

 

Le pignon Ouest de la Grange-aux-Dîmes est appuyé sur trois contreforts de grande taille, dont le sommet est taillé en plan incliné, pour faciliter l'écoulement des eaux 



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