Solidarité avec la République espagnole
Janvier 1939 : Solidarité de la municipalité ouvrière de Tremblay-lès-Gonesse avec la république espagnole
En janvier 1939, dans sa séance du 27 janvier 1939 le Conseil municipal de Tremblay-lès-Gonesse prend une délibération pour exprimer sa solidarité avec la République espagnole agressée par les troupes insurgées du généra Franco, appuyées par la coalition germano italienne.
La solidarité avec les républicains espagnols était profondément ancrée au cœur de tous les élus de gauche, à cette époque. Elle l’était particulièrement dans notre ville qui comptait une forte colonie d’antifascistes italiens, dont certains, comme Antoine Lamanteo, sont partis pour combattre au sein des brigades internationales où il servait avec le grade de lieutenant, au sein de la brigade Garibaldi. Rappelons qu’il a été tué le 16 juillet 1937, au cours des combats qui se déroulaient à Brunete, alors qu’il s’apprêtait avec ses hommes à déloger une position ennemie *.
* Cf. H. REVEL Mort en Espagne d’un antifasciste de la colonie italienne du Vert-Galant, bulletin n° 42 de la SEHT, 2018.

Le Tremblaysien Antoine LAMANTEO, mort en Espagne à la bataille de Brunete, en juillet 1938, alors qu'il combattait au sein de la brigade Garibaldi. Archives de la SEHT, fonds Bruno Bracciale.
Élue en mai 1935, la municipalité ouvrière de tremblaylès-Gonesse est dirigée par Gilbert Berger maire communiste. Dans la foulée de la signature du pacte de non agression germano-soviétique, le président du conseil Édouard Daladier prend une série de mesures contre les communistes. Trois jours après cette signature, il interdit la presse communiste. Le 26 septembre, il substitue par décret, l’autorité du préfet à celle du maire. En novembre, il dissout les conseils municipaux restés dans l’obédience du parti communiste et révoque leur maire : 317 municipalités contrôlées par le Pc sont dissoutes **.
** Cf. H. REVEL La banlieue nord-est de Paris dans la Seconde Guerre mondiale, éditions Fiacre, 2012.
En janvier 1939, la municipalité ouvrière de Tremblay vit ses derniers jours. L’un de ses derniers actes sera d’exprimer sa solidarité avec les républicains espagnols et avec les antifascistes italiens qui peuplent la commune. Le conseil fait également un appel pressant à la population de Tremblay-lès-Gonesse pour la constitution d’un comité d’aide aux réfugiés.

délibération du Conseil municipal de Tremblay-lès-gonesse, séance du 27 janvier 1939
point n° 5 relatif à l'accueil des enfants espagnols, cliché SEHT
Le Conseil
Considère qu’il faut mettre tout en œuvre à seule fin de venir en aide à la république espagnole qui est gravement menacée par l’intervention sur son propre territoire des contingents importants de l’armée régulière italienne et d’un puissant matériel italo-allemand.
Il constate que cette offensive généralisée se dirige maintenant vers la frontière française des Pyrénées, que les desseins du fascisme hitlérien de séparer la France de tous ses amis se réalisent rapidement, que les insultes et provocations inspirées par le gouvernement italien, à l’égard de la France, atteignent des proportions inacceptables pour le peuple français, et, si le gouvernement ne prend pas des mesures énergiques, des difficultés très graves ne manqueront pas de se faire jour, dans les communes où il y a de nombreuses familles italiennes. en conséquence le conseil propose l’ouverture immédiate de la frontière espagnole.
2° L’envoi de vivres nécessaires au ravitaillement de la population martyre.
3° L’envoi des armes et des munitions pour la défense de la république espagnole conformément aux engagements internationaux.
4° Le transport des enfants, femmes et vieillards sur le territoire français à seule fin de les mettre à l’abri des bombardements italo-allemands.
5° Le Conseil demande à M. le préfet d’autoriser le maire à se servir des bâtiments communaux et locaux scolaires qui seraient libres pour hébergements des enfants espagnols. Le Conseil fait également un appel pressant à la population de la commune de Tremblay-lès-Gonesse pour la constitution d’un comité d’aide sur le plan local, pour l’aide immédiate aux réfugiés et déjà nous avons reçu de nombreuses demandes de personnes désirant prendre des enfants.
En conclusion, demande du maire que cette délibération soit transmise à Monsieur le préfet de Seine-et-Oise en lui demandant de la faire parvenir à M. le président du Conseil à seule fin que toutes les mesures soient prises pour la sécurité de la France, dans la dignité et l’honneur, conformément à la volonté de notre grand Pays républicain, qui est convoité par les ennemis de la Paix.
SOURCE
Thierry GODIN, Janvier 1939 : solidarité de la municipalité ouvrière de Tremblay-lès-Gonesse avec la république espagnole. Bulletin n° 44 de la SEHT, année 2020
