Le docteur Brumberg, médecin Résistant

Le docteur Brumberg, médecin Résistant

 

Le docteur Brumberg, dont le cabinet était situé au n° 43, avenue de la gare à Villepinte, a étroitement travaillé avec le groupe des résistants de la IIème Région militaire FTPF, commandée par le commandant DIVE dit GOURGET.

 

Dans le témoignage à trois voix, signé de Fernand Dive, Madeliene Blanchot-Josko et Jean Blanchot le docteur Brumberg est cité en tête de liste, dans la composition du groupe des résistants du groupe FTPF.

Il est cité à deux reprises dans ce témoignage :

 

Dans la relation de la mort d'Antoine Cusino, fusillé le 18 août :

" Les SS ont jeté son corps dans la mairie. De là il a été transporté au sana où ses camarades ont été chercher sa dépouille le lendemain après-midi dans une charrette à foin bâchée, conduite par un jeune garçon, accompagné du commandant Dive et du docteur Brumberg, jusqu’au domicile de ses pauvres parents au Vert-Galant". 

En représailles de cet assassinat deux SS ont été descendus. Nino était vengé. Cinq jours plus tard (le dimanche 27 août), Fernand Dive ayant une mission à accomplir sur Paris-ibéré ayant été avisé par le docteur Brumberg que les boulangers manquaient de levure, il part en moto avec Seghezzi".

 

Dans la relation des secours portés à Fernand Dive gravement blessé, le 27 août.

Il (Fernand Dive) essaie de rejoindre son domicile et non loin, des camarades, dont Rosette Blanchot, Robert Lemonier, Claude Verdoia, l’ont aperçu et le ramènent au café Dubois, et partent chercher le docteur Brumberg qui le soigne et l’emporte en charrette à bras chez Sartorio rue de Poitou

 

 

 

Les archives de la SEHT conservent deux documents qui  rendent compte de son courage, lors des combats de la Libération en août 1944.

  • C'est lui qui a porté secours au commandant DIVE, le 27 août 1944, lorsque celui-ci, gravement blessé sur la RN3, au retour d'une mission à Paris, s'est réfugié au n° 28 rue de Poitou à Tremblay-lès-Gonesse, chez les Sartorio.
  • C'est lui qui a signé le certificat de décès du résistant Pierre Colongo, mort les armes à a main sur les bords du canal de l'Ourcq, le 28 août 1944, lors des combats de la Libération.

Le 27 août 1944, alerté par les Sartorio, Jean Blanchot s'est rendu à Villeparisis pour solliciter le secours du docteur Torraz, ami personnel de Fernand DIVE, mais celui-ci, effrayé par les combats en cours, n'a pas accepté de prendre le risque de se porter au chevet de son ami, nous relate le témoignage de Jean Blanchot.

Fort heureusement, d'autres membres du groupe ont pris l'initiative de faire appel au docteur Brumberg qui, lui, n'a pas hésité à se rendre au chevet du blessé, auquel il a porté les premiers soins : suturation des plaies, tentative d'extraction de la balle logée dans la région métatarsienne du pied droit de la victime, injection de sérum antitétanique, etc.

Le 29 août, après la libération du Vert-Galant, le docteur Brumberg a ordonné le transfert de Fernand Dive à l'hôpital de Montfermeil, où il a été opéré par le docteur Simon.

 

Fernand DIVE a survécu à ses sept blessures, grâce aux soins qu'il a reçus, notamment ceux du docteur Brumberg. (Cf. certificat du docteur Brumberg  et témoignage de Jean Blanchot).

 

Le journaliste Edgar Snow a consacré un long article à Fernand DIVE, dans le Satrurday Evening Post du 4 octobre 1947. Nous donnons sur notre site la copie de cet article et sa traduction.

 

Témoignage de Jean Blanchot

Paris a été libéré avant la banlieue nord. Notre commandant est parti sur Paris avec Jean SEGHEZZI sur une moto, pour ramener des munitions et, à la demande des boulangers du Vert-Galant, de la levure pour faire du pain. Au retour de cette mission, en arrivant à Vaujours, face à l’ancienne usine Chalot, des Allemands étaient postés au carrefour. Voyant venir vers eux nos camarades avec leur brassard F.F.I, ils ont mitraillé les occupants de la moto. Jean SEGHEZZI a été tué par une balle qui avait traversé la main de Fernand avant de toucher le pilote au cœur. Le commandant DIVE a sauté de la moto et s’est enfui en longeant le mur de l’usine Chalot. Les Allemands ont continué de le mitrailler. Il a reçu 7 blessures, dont une qui a effleuré l’œil droit, une balle dans le pied, une dans l’aine. Il a eu le courage de revenir jusqu’à la rue des Ardennes où il a été aidé par ma sœur Rose et un camarade, Robert LEMONNIER. Nous l’avons confié à Monsieur DUBOIS qui était épicier à l’angle de la rue des Ardennes et de l’avenue de Villeparisis. Je suis parti à vélo à Villeparisis, afin de contacter le docteur TORRAZ, ami de Fernand DIVE. Ce dernier n’a pas osé venir au Vert-Galant. Au retour, en traversant la voie Lambert, j’ai aperçu une colonne allemande qui se dirigeait vers la RN3, pour aller prendre position à l’Hôtel Saint-Hubert, dont l’emplacement est aujourd’hui occupé par Placoplâtre. J’ai eu la présence d’esprit de retirer mon brassard F.F.I et de le jeter. Ils n’ont pas essayé de m’arrêter car à cette époque j’avais plutôt l’air d’un gamin que d’un résistant.  Quand je suis revenu voir Fernand DIVE, d’autres camarades avaient pu contacter le docteur BRUMBERG qui était un véritable résistant contre les nazis. Ce docteur d’origine juive habitait Villepinte. C’est aussi lui qui est revenu pour constater la mort de notre camarade Pierre Colongo.

 

Fernand DIVE a été transporté chez la mère de Georges SARTORIO et par la suite à l’hôpital de Montfermeil où il a été opéré par le docteur SIMON.

 

 

Certificat du docteur Brumberg

 

Transcription du certificat du dr Brumberg (1)

 

    

Je soussigne docteur en médecine certifie avoir examiné le 27/08/944 M. DIVE Fernand dit Gourget commandant la 11ème région FTP et avoir constaté ce qui suit.

1°) Plaie pénétrante anfractueuse  par balle région inguinale gauche

2°) Plaie d’entrée de balle région fessière gauche

3°) plaie transperçante talon et région plantaire pied droit – balle restant logée région métatarsienne 1e et 2e métatarse

4°) plaie transfixiante poignet gauche

5°)  Grafigne( 2)du genou droit

6°) plaie région zygomatique droite avec hémorragie de la conjonctive droite

7°) plaie superficielle coude droit et main droite face dorsale

Ces blessures nécessitaient de pansements d’urgence – une incision pour l’extraction de la balle au pied droit ayant été effectuée sans résultat, injection de sérum antitétanique a été faite.

Transfert à l’hôpital de Montfermeil pour débridement des plaies et extraction de balle au pied a été jugé nécessaire le 29/08/44.

 

 

                                                                                   Signé Brumberg

 

1 - probablement rédigé le 29 août 1944 (date où l’hospitalisation a été prescrite)

2 - égratignure (français du Canada)

 

 

 

 

 



Les réactions

Avatar Mireille joubert

Je suis née en 1938  à VERT- GALANT  , rue des Rosiers ,  le Dr. BRUMBERG était le médecin chez lequel ma MÉMÉ  m'a emmenée durant la Guerre  , mes Parents ayants été arrêtés pour RÉSISTANCE  début 1941 , ma MÈRE n'est jamais revenue  du camp de concentration de RAVENSBRÜCK  où elle avait été  transférée depuis la prison de RENNES...
Je me souviens très bien du Dr.BRUMBERG  , pas physiquement mais du pavillon où il avait ses consultations et surtout des 2 petits chiens Pékinois...
Il était gentil et patient , je n'ai jamais oublié ces moments forts de ma vie...

Le 20-12-2025 à 18:14:35

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