GRAND VITRAIL DE L’ÉGLISE MARCEL-CALLO : LES DOUZE MARTYRS
GRAND VITRAIL DE L’ÉGLISE MARCEL-CALLO
LES DOUZE MARTYRS
La partie basse du grand vitrail présente onze portraits aux côtés de Marcel CALLO. Reproduction sur fond à dominante jaune de clichés photographiques en noir et blanc, dans leur cadre d’origine. Le maître-verrier les a trouvés dans une publication de Témoignage Chrétien Jocistes dans la tourmente éditions ouvrières, 4° trimestre 1989. L’important est ici le nombre des portraits. Avec celui du bienheureux, ils sont douze. L’épisode le plus célèbre de la vie de Marcel CALLO, vécu en nombre égal à celui des apôtres, l’a été à la prison de Gotha où Marcel, après avoir partagé une hostie avec ses compagnons, dans un coin de débarras de maraîcher, avait écrit sur un morceau de papier, enfoui dans un trou du mur de leur cellule : Communion, joie immense.
En ne retenant pas le nom des douze prisonniers de Gotha, mais en choisissant d’autres victimes, prises dans la diversité des militants chrétiens sacrifiés par les Nazis, Témoignage Chrétien signifie par le chiffre douze, symbole des Apôtres envoyés par JÉSUS comme des agneaux au milieu des loups * que tous les chrétiens morts sous les coups des Nazis ont été de véritables disciples, de véritables apôtres, portant un témoignage individuel et collectif. Dans le groupe on dénombre quatre jocistes, deux scouts, un prêtre, quatre résistants. Témoignage Chrétien ne s’est pas limité au cercle de la résistance spirituelle. Il met aux côtés de Marcel CALLO tous ceux qui se sont opposés aux Nazis, y compris Maurice BRAULT qui l’a fait par les armes.
* Saint-Matthieu 1010, 16-23.

Témoignage Chrétien Jocistes dans la tourmente éditions ouvrières, 4° trimestre 1989.
Marcel Callo
Comme chacun des autres apôtres à l’oeuvre dans la ville de Thuringe où il se trouvait affecté, Marcel CALLO, précise Mgr Charles MOLETTE, est entré dans cet apostolat qui exprimait la dimension ecclésiale de l’affrontement du nazisme. Devenant l’un des membres de ce que les survivants ont appelé « l’équipe de Thuringe », il fut arrêté lors du coup de filet qui s’est abattu sur la région (...). Marcel CALLO, fut amené à la prison de Gotha où il participa à ce qui devint pour chacun une espèce bien particulière de « noviciat du martyre » : car, dans cette vie partagée, tous ces jeunes apôtres ont ensemble appris à reconnaître et accepter, à travers l’épreuve qui les atteignait, l’exigence du passage d’un apostolat actif à un apostolat de rédemption ; ainsi, c’est véritablement « en Église » que s’est fait, pour Marcel CALLO comme pour les autres, l’apprentissage de la vocation du martyre ».
Citation extraite de Martyrs de la Résistance Spirituelle, victimes de la persécution nazie décrétée le 3 décembre 1943, dossiers personnels des cinquante candidats à la béatification, présentés par Mgr Charles MOLETTE, tome 1, page 5.
Fredo Dall'Oglio
Alfredo DALL’OGLIO est né le 6 juillet 1921 à Borgo Valsugana en Italie. Son père émigre en France pour rechercher du travail. Il s’installe avec sa famille à Romainville, où il a trouvé un emploi de menuisier. Frédo est naturalisé français le 6 octobre 1938, devient aide-préparateur dans une pharmacie à Levallois-Perret. Il entre à la JOC, dont il devient le dirigeant fédéral jociste de Paris-Est en 1940. Parti au STO, il poursuit son activité militante. Le 6 juin 1943, il est appelé par son directeur qui le confie à un inspecteur de la Gestapo. Conduit dans sa chambre, il assiste à la confiscation de ses livres et papiers, puis est conduit en prison. Frédo est affecté à l’Arbeitserziehungslager de Wuhlheide, après avoir signé sa condamnation au motif habituel « par son action catholique et l’organisation de groupes illégaux, a nui gravement à l’Allemagne ». Le 30 octobre 1944, un prêtre qui fait partie de groupe, parvient à se procurer quelques hosties. Frédo, très abattu, peut communier une dernière fois. La nuit suivante, il est pris de délire. Conduit à l’infirmerie au matin, il meurt dans la journée.
Frédo DALL’OGLIO figure dans la liste des 50 martyrs béatifiés.
Lucien Quairel
Lucien QUAIREL est né à Paris le 28 décembre 1922, mort en déportation le 3 avril 1944 au camp de Gross-Beeren.
FONDATION POUR LA MÉMOIRE DE LA DÉPORTATION
Maurice Brault
Maurice BRAULT est né le 25 juin 1922 à Lorris, dans le Loiret. Il exerçait la profession de jardinier. Combattant volontaire de la Résistance, il a porté les armes contre le nazisme au sein des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur). Il a été tué, le 14 août 1944, au cours du combat qui a opposé les FFI aux Allemands, au carrefour d’Orléans à Lorris. La présence, assez étonnante, d’un combattant volontaire dans l’équipe des douze compagnons de Marcel CALLO témoigne de la volonté du maître-verrier d’étendre la qualité de martyr à toutes les victimes du nazisme. Le combat de Maurice BRAULT ne fut pas celui du non violent Marcel CALLO. Maurice GRESSET, un de ses compagnons d’infortune, a été marqué par la non violence du bienheureux : « Il a toujours montré beaucoup de courage, même lorsqu’il subissait la bastonnade, il n’injuriait pas ses bourreaux ; un jour que j’avais employé un mot très grossier à l’égard de ceux-ci, il m’a repris. Il a subi la misère sans haine, ni rancune. (...) Personnellement si j’ai pardonné à l’Allemagne, c’est parce que j’ai dit Marcel aurait pardonné ». Témoignage de Maurice GRESSET du 14/05/1971, d’après Mgr Pierre D’ORNELLAS Entre les mains du Christ, éditions Salvator.
Raymond Lefèvre
Né en 1908, Raymond LEFÈVRE était instituteur à Chailloué, dans l’Orne. Il appartenait à un réseau de Résistance qui fonctionnait à l’échelle du département. Dénoncé, il a été arrêté par les services allemands. L’auteur de la dénonciation demeure à ce jour inconnu. Lors de son arrestation, survenue devant ses élèves, il était prêt à s’enfuir par la fenêtre. Mais il était trop tard, des soldats allemands l’attendaient à l’extérieur avec la Gestapo. Il a alors demandé à un élève d’appeler son épouse pour lui dire au revoir. Accusé de faits de Résistance, Raymond LEFÈVRE a été dans un premier temps interné à la caserne Bonet à Alençon, transformée en prison. Après deux semaines, il a été transféré à Compiègne (Oise). Il a été ensuite déporté en Allemagne d’où il n’est jamais revenu, laissant derrière lui son épouse, également institutrice, et ses deux filles. Il a été déclaré mort en 1951.
Marcel Touquet
Marcel TOUQUET est né le 10 octobre 1914 à Peret-Bel-Air (Corrèze). Il arrive jeune à Clichy, en banlieue parisienne, où il devient magasinier. Dans le même temps, il entre à la section de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, devient ensuite fédéral jociste de Paris-Nord. Il fait la guerre 1939-1940 comme sergent à Sedan. Il se marie en octobre 1942. Début décembre 1942, il est désigné pour partir en Allemagne alors que son épouse est enceinte. En Allemagne, il arrive à la mi-décembre à Berlin comme travailleur d’usine. Fédéral jociste de Paris-Nord, il poursuit ses activités militantes au STO. Il est arrêté puis déporté vers le camp d’Oranienbourg-Sachsenhausen, transféré à Ravensbrück (matricule n°11403), puis au kommando de Peenemünde (matricule n°11403) ; enfin enfermé dans un convoi de 300 malades dans des wagons cadenassés abandonnés en pleine forêt. Il décède peu après, le 24 janvier 1945.
Marcel TOUQUET fait partie de la liste des 50 martyrs béatifiés.
Jacques Thierry
Né le 29 avril 1921 à Neuilly-sur-Seine, Jacques THIERRY milite chez les scouts de France.
Durant la guerre, les Scouts participent à diverses actions. Avec la Croix-Rouge, ils prennent part à l’accueil des réfugiés partis en « exode ».
En Allemagne, Jacques THIERRY participe aux activités du groupe d’action catholique Berlin. Il est tué par balle pendant la bataille de Berlin.
Félix Bussière
Né le 10 octobre 1895 à Paris, Jacques, Félix BUSSIÈRE est nommé préfet de la Mayenne le 26 septembre 1936. Le 5 février 1940, il entre aux armées comme capitaine d'infanterie de réserve. Il est interné en Suisse avec l'état-major du 45ème corps d'armée le 1er juillet 1940 et rapatrié le 9 septembre 1940. Le 6 janvier 1944, il est nommé préfet des Bouches-du-Rhône et préfet régional de Marseille. Le 14 mai 1944, il est arrêté par la Gestapo pour faits de résistance. Incarcéré 24 heures à la Kommandantur, il est ensuite transféré à Amiens, puis à Drancy. Il faisait partie du réseau Super NAP (Noyautage des Administrations Publiques). Il meurt héroïquement, le 3 mai 1945, dans la baie de Lübeck, refusant d'abandonner ses compagnons, à bord du « Cap Arcona » en flammes, au large de Lübeck, quelquesheures avant la Lcapitulation de l'Allemagne.
Robert Beauvais
Robert BEAUVAIS est né le 5 octobre 1922 à Paris. Le 5 mars 1943, il est requis pour le STO et affecté à Berlin, à la gare de Tempelhof. Les activités interdites qu’il mène sont simplement reliées à sa conviction profonde de devoir affirmer sa foi chrétienne, d’être militant du scoutisme. En application du décret nazi du 3 décembre 1943 contre l’action catholique française parmi les travailleurs français en Allemagne nazie, il est arrêté le 9 août 1944. Il est interrogé et emprisonné à la prison de Gross-Hamburger-Strasse, avec Lucien CROCI et Marcel TOUQUET. Ils y retrouvent l’abbé GIRAUDET. Robert BEAUVAIS est ensuite déporté au camp d’Oranienburg-Sachsenhausen, puis transféré au camp de Neuengamme (matricule n°57918). Il décède le 10 janvier 1945, atteint de grippe et de pneumonie. Robert BEAUVAIS fait partie de la liste des 50 martyrs béatifiés.
René Giraudet
René GIRAUDET est né le 4 décembre 1907 à Luçon (Vendée). Il devient prêtre des Missions étrangères le 5 décembre 1930. Il aurait voulu partir en Extrême-Orient, mais sa santé l’oblige à revenir dans le diocèse de Luçon. Il demande à son évêque la permission de partir en Allemagne comme aumônier des Travailleurs du STO, suite à l’appel du Cardinal SUHARD. Il part en Allemagne comme prêtre clandestin, sous le couvert d’être un ouvrier volontaire. En application du décret nazi du 3 décembre 1943, reconnu comme prêtre, il est arrêté par la Gestapo, le 12 juin 1944. Il est inculpé pour ses pratiques religieuses, emprisonné à la prison d’Alexander-Platz, déporté le 23 septembre 1944 au camp de concentration d'Oranienbourg-Sachsenhausen (matricule n°104467), puis transféré à celui de Bergen-Belsen, où il contracte le typhus. Le 15 avril 1945, le camp est libéré par les troupes américaines. Rapatrié par avion sanitaire, il décède le 12 juin 1945 à l’hôpital de Kremlin-Bicêtre.
René GIRAUDET fait partie de la liste des 50 martyrs béatifiés
Lucien Croci
Lucien CROCI est né le 15/11/1919 à Aubervilliers. Il devient imprimeur à l’issue de son apprentissage. Scout dès 1929, il lance la JOC à Vincennes en 1936, puis devient dirigeant régional jociste de Paris, en 1942. Il effectue son service militaire en 1940. Du 1er août 1940 à janvier 1941, il a été appelé aux Chantiers de la jeunesse. En juin 1943, il est requis pour le STO et affecté à Berlin. Responsable de l’action catholique pour Berlin-Sud-Ouest, il est arrêté en application du décret nazi du 3 décembre 1943. Il est déporté, puis embarqué dans un convoi d’invalides à destination inconnue et de non-retour. Il décède le 27 mars 1945 dans un kommando de Ravensbrück, sur l’île de Barth.
Lucien CROCI fait partie de la liste des 50 martyrs proposés pour la béatifés.
Paul Sevestre
Paul SEVESTRE est né le 20 novembre 1921 à Paris. Requis au Service du Travail Obligatoire, il s’intègre à l’équipe d’action catholique de Berlin. Les archives ne gardent pas la mémoire de sa fin de vie. Il est décédé à Berlin le 8 décembre 1944.

