5ème partie bilan des pertes matérielles et humaines

 5ème partie  bilan des pertes matérielles et humaines

LA POPULATION LOCALE SOUS LE FEU DES COMBATTANTS (1)

1 - d'après G-1 Journal File  1 august 1944  31 to august 44, National Archives, 304-1.1, 304-21.2, 304-1.3.

 

Du 27 au 29 août 1944, les populations locales, selon le lieu de leur habitation, ont été plus ou moins mêlées aux combattants.

À Sevran, l'annonce de la libération de Paris fait planer une grande angoisse chez les riverains de la Poudrerie. Les laboratoires de la Marine allemande Firma Buck, ont stocké sur place 140 tonnes d'explosifs, dont 50 de poudre noire. Dans la perspective d'une arrivée imminente des Al­liés, les artificiers ennemis ont installé un dispositif permettant de faire exploser ce stock à tout moment. Après des démarches du maire repoussées par l'occupant, une partie des familles riveraines passe les nuits dans les champs ou dans les caves.

Lorsque les Américains arrivent sur les lieux, les Allemands ont pu évacuer par camion la plus grande partie du stock. En cinq mises à feu successives, ils font sauter ce qu'ils n'ont pu emporter.

Du 27 au 28, les Allemands se sont  regroupés sur les laboratoires de la Marine et la Poudrerie, appuyant leur ligne de défense sur ces établissements. Les Américains ont installé leurs batteries près des usines Kodak et ont dirigé leurs tirs en direction de Tremblay et Villepinte. Pendant les combats, la plupart des habitants avaient pavoisé leur maison aux couleurs nationales.

 

À Villepinte, dimanche 27 août, M. Godier se réfugie dans un abri qu'il a  fait aménager en face de sa maison. Sa famille et les voisins qu'il a accueillis représentent un groupe de 16 personnes, dont 10 enfants. Vers 21 heures,

un obus éclate au dessus de l'abri. Des soldats allemands se dirigeaient dans sa direction lorsqu’un coup de feu blesse l'un d'entre eux. L'abri est alors pris pour cible, des rafales sont tirées à l'intérieur. Les enfants  hurlent. Sur un ordre, tous sortent, mains en l'air. Les Allemands fouillent les lieux et ne trouvant pas d'arme, ils  procèdent  à la fouille des maisons voisines. Lorsque les habitants ne sortent pas spontanément, les portes sont enfoncées, à coups de pied ou de crosse de fusil. Une centaine d'habitants sont rassemblés.

Un officier menace de les fusiller tous, si celui qui a tiré sur un soldat ne se dénonce pas avant 6 heures du matin.

Après avoir obtenu des vivres et avoir parlementé avec le maire, M. Dauvergne, les Allemands renoncent aux représailles dont ils ont menacé les civils. Lundi 28 août, les tirs d'artillerie reprennent avec plus d'intensité encore et le témoin et, ses voisins se réfugient chez M. Dauvergne qui possède une cave assez vaste pour les accueillir.

A 10 heures, le Maire est convoqué à la Mairie. Rasant les murs pour éviter les tirs d'artillerie, il s'y rend. Il s'évanouit à son retour. Après avoir reçu des soins appropriés de la part d'une infirmière du sanatorium, il avise  le groupe que les nazis ont pris la décision de le fusiller avec 10 autres otages, à 14 heures, s'ils  essuient  de nouveaux tirs des FFI.

La canonnade s'intensifie ensuite et le quartier Bel-Air, côté Vieux-Pays, doit être évacué en direction du Sanatorium et de la ferme Dejaiffe. Environ soixante personnes se sont réfugiées dans la cave de M. Dauvergne. Leur moral est au plus bas.

 

À Tremblay, le Vieux-Pays est complètement isolé. Le rapport de forces est trop déséquilibré pour que les Résistants du quartier participent à la bataille. Maurice Decorzant s'est caché à la distillerie. L'instituteur Parelon estt également hébergé dans une maison amie. Monsieur Oddou et ses voisins ont la malchance de résider à côté de l'école, où le colonel commandant le 103ème régiment de la 47e Division allemande, a installé une partie de ses hommes.

 

Ils restent terrés dans la cave de leur maison pendant toute la durée des combats. Comme les .Résistants locaux ne sont pas en mesure d'entreprendre une action quelconque, ils n'y a pas eu de représailles. M. Auquier, un des techniciens de l'Agence EDF de Sevran, pensant échapper aux risques de la guerre en se réfugiant dans une bourgade retirée, a choisi le Vieux-Pays de Tremblay où il a loué une maison, située à côté de l'école Branly. Comme tous les habitants du quartier, il se terre 50 heures dans la cave de son habitation.

Aux heures d'angoisse ponctuées par la canonnade succède la liesse du premier contact avec les libérateurs. Nous possédons quelques images de ces moments historiques tournées le 29 août 1944 par M. VANDERMAN. Réfractaire au STO, il résidait à Mitry, où il se cachait avec la complicité de ses parents et de ses futurs beaux -parents.

Cinéaste amateur, il possède une caméra 10 mm, mais ne dispose que d'une seule bobine, à la veille de la Libération, en raison des difficultés d'approvisionnement de l'époque. Le 29 août 1944, il se trouve  au n° 85 avenue de la Gare à Mitry-le-Neuf, actuel n° 91 de la rue Franklin Roosevelt, en limite des communes de  Mitry   et Tremblay-en-France. L'immeuble appartient à Madame Brunner, épicière à Mitry-le-Neuf, est touché accidentellement par un obus tiré trop court par un char américain.

 

Le film montre les dégâts provoqués par le projectile, que l'on découvre encore fumant au milieu des décombres, puis les images saisissent le passage d'une patrouille à pied, appartenant au 8e régiment d'infanterie de la IVe DI, qui opère à la droite du 22e d'Infanterie. Le document saisit le moment où un groupe d'habitants passe  de l'angoisse provoquée par l'impact d'un obus, à  la joie que leur procure la vue du premier soldat allié dans le secteur. Ce qui frappe dans ces images, c'est le besoin de contact   physique avec les soldats. Les civils se précipitent vers eux, tendent la main. Ils ont tellement attendu ce moment qu'ils semblent douter de sa réalité. Comme Saint Thomas, ils éprouvent le besoin de toucher pour croire en l'authenticité de l'événement qu'ils sont en train de vivre.

 

 

 

Scène de fraternisation : image tournée le 28 août 1944 par Henri Vanderman, futur adhérent de la SEHT.

Une patrouille du 8ème régiment d’Infanterie de l’armée américaine, remonte l’avenue du commerce, dans le quartier du Bois-Saint-Denis. Les habitants se précipitent sur les Libérateurs et éprouvent le besoin de les toucher, comme on le voit sur l’image extraite du film tourné en 10 mm.

 

Madame Wacks-Lederman, dont la famille, de confession israélite, a échappé à toutes les investigations des nazis, en se cachant à Villepinte dans des abris de jardin, relate «le jour du 29 août est arrivé et,  je me rappelle, on était justement caché là-bas et on est sorti. Ma mère a embrassé les mains du premier Américain qu'elle a vu. « C'était le Libérateur. Il nous a fait signe « Cachez- vous, cachez-vous ! » car il y avait encore des obus qui venaient des deux côtés (. .. ) On était heureux de voir le premier libérateur. (2)

2 - témoignage de Mme Waks-Lederman, bulletin n° 19 de la SEHT, année 1995.

 

On imagine sans peine la liesse de tous les persécutés du nazisme, comme la famille LEDERMAN, sur qui ne pèsera plus désormais la menace permanente des rafles, le risque d'une dénonciation, le spectre de la déportation.

Parmi les libérateurs, ceux qui reçoivent l'accueil le plus enthousiaste sont ceux qui sont porteurs de l'honneur national retrouvé, les combattants  de la 2e DB du général Leclerc. L'un d'eux, le lieutenant colonel Fosse, était au début de la guerre directeur de l'école de Vaujours. Son ancienne collègue, directrice de l'école du Vieux-­Pays à la Libération, se souvient avec émotion de son passage à Tremblay: «lorsqu'il est parti en Afrique, il m'avait dit : si j'arrive à destination, je ferai passer le message « les roses du désert refleuriront ». J'avais entendu ce message. Quand la 2e D.B est passée à Blanc-Mesnil, il a décidé de venir me saluer. Il est arrivé en x 4, avec le fanion du général Leclerc, traversant tout le Vieux-Pays. Il était lieutenant colonel. Cela avait fait du bruit dans le village ».(3)

3 - Germaine Cotrel-Oduin, Insitutrice à Tremblay-lès-Gonesse pendant la Deuxième Guerre mondiale, bulletin n° 20 de la SEHT, année 1996, pages 42 à 49.

 

Ces moments de liesse connurent bien sûr quelques débordements. Quelques femmes qui s'étaient compromises avec l'occupant ont été rasées. Il y a eu des menaces, des insultes, mais pas de règlement de comptes sanglant et l'image à retenir est celle de la fête. Marcel Vigneron, accompagné de plusieurs camarades, est monté dans la tour du clocher de l'église Saint-Médard. Frappant à tour de rôle sur la cloche, avec des maillets de bois, au  risque de se rendre sourds, ils ont célébré la Libération de leur ville. C'était le 29 août, au milieu de l'après-midi.

 

POURSUITE DE L'OFFENSIVE,  30 & 31 AOÛT 1944 (4)

4 – d’après Special Operations Report – Action north of Paris, august 44 to september 44, National Archives, 304-0.3.0.

 

L’objectif de la 4e DI, pour la 30 août, représente une progression d'encore près de 30 km, au nord-est d'une ligne au sud de Crépy-en-Valois. Le 8e et le 12e d'Infanterie avancent de front vers cet objectif, sans rencontrer d'ennemi. Les ordres prévoyaient que la 5e  Division Blindée traverserait les positions de la 4e, le 30 août à 10 heures, et qu'elle poursuivrait l'avance vers le Nord-est. La 28e Division se plaçant à la gauche de la Division, tandis qu'à sa droite, la 1ère resterait encore en tête, à quelque distance.

Le 31 août, la 4e DI continue l'avance vers le nord-est, le l2e à droite, le 8e à gauche, le 22e à  l’arrière. Au cours de la journée, le groupement de combat A de la 5e Division Blindée traverse les lignes du l2e et du 8e, mais ne réalise pas de  progrès notables. Dans l'après-midi, les éléments à pied de l'Infanterie sont à l'avant des blindés, qui occupent les routes et retiennent la majeure partie des véhicules du régiment. À la fin de la journée, le 8e d'infanterie avec le 1er bataillon en tête, rencontre une position défensive ennemie à la lisière sud-est de la forêt de Compiègne, tandis que le 12e d'Infanterie occupe une ligne juste au nord de Vivières. Au même moment, le groupement de combat A de la 5e Division Blindée est embouteillé sur les routes, à l'arrière des éléments de tête du 8e d'Infanterie. Le brigadier général Renier, commandant le groupement de combat, fait le constat que son unité est provisoirement enlisée sur un terrain trop marécageux pour les chars.

La IVe Division d'infanterie avait connu des pertes conséquentes en Normandie. Rappelons que du 6 juin au 18 juillet, elle avait subi 7 876 pertes. En regard de ces chiffres, celles subies pour la libération de Paris furent sensiblement inférieures, ce qui explique que l'état-major de la Division les qualifia de légères.

Pour la période que nous avons étudiée, du 25 au 31 août 1944, elles s'élevèrent à 225 hommes, soit 20 tués, 148 blessés, 57 disparus. Pour les combats qui concernèrent Tremblay et sa région, du 27 au 29 août, elles furent de 92 hommes : 7 tués, 55 blessés, 30 disparus. Ces statistiques, relevées journellement par la Division, surestiment  les blessés et minorent les tués. Elles ne tenaient pas compte des hommes qui succombaient ultérieurement à leurs blessures.

Notons que, au cours de ces trois jours, le 8e d'Infanterie compta 4 tués, 31 blessés, le 12e d'Infanterie 5 blessés, 16 disparus, le 22e d’Infanterie 2 tués, 28 blessés, 11disparus.  C est lui qui livra la bataille la plus rude. Elle eut lieu autour de la Poudrerie à Sevran et dans a plaine entre Tremblay et Villepinte.

Il est difficile de connaître le bilan définitif des tués. L'addition des tués et des disparus, pour les trois journées décisives, donne 33 hommes pour les trois régiments d’infanterie.. Les cimetières militaires américains conservent 9 tombes de soldats de la IVe Division, décédés entre le 27 et le  29 août. Cela correspond à peu au bilan quenous avons relevé dans les JMO. Parce que les cimetières ne renferment aujourd'hui que les corps dont les familles n’ont pas demandé le rapatriement.

 

LISTE DES SOLDATS DE LA IVème DIVISION AMERCAINE TUÉS AU COURS DES COMBATS POUR LA LIBÉRATION DE LA BANLIEUE NORD-EST, LES 27, 28 et 29 AOÜT 1944

 

 

 

Liste des soldats de la IVème division américaine, morts au combat pour la libération

des villes de Clichy-sous-Bois, Sevran, Tremblay, Villepinte, Mitry

grade

nom

prénom

unité

Date décès

Localisation du décès

soldat

ACKERMAN

Elmer S

70th Tk bn

27 août

Clichy /Sevran

1ère classe

CURRY

Arthur

70th Tk bn

27 août

Clichy /Sevran

sergent

DUDLEY

George E

70th Tk bn

27 août

Clichy /Sevran

caporal

FRONTUTO

Charles

70th Tk bn

27 août

Clichy /Sevran

soldat

HAYES

Claude M Jr

70th Tk bn

27 août

Clichy /Sevran

1er Lieutenant

SCHNEIDER

Harry

70th Tk bn

27 août

Clichy /Sevran

2e Lieutenant

STICKLER

Edward M

70th Tk bn

27 août

Clichy /Sevran

1er Lieutenant

LINDER

Walter W

70th Tk bn

28 août

Villepinte/Tremblay

sergent

ZAPPA

Antonio

70th Tk bn

28 août

Villepinte/Tremblay

sergent

BLOOM

Harry

22th IR

28 août

Sevran /Tremblay sud

soldat

DAVENPORT

Lloyd

22th IR

28 août

Sevran /Tremblay sud

1ère classe

MAC MURRAY

Waren

22th IR

28 août

Sevran /Tremblay sud

1ère classe

BALLARD

Oda Z

8th RI

29 août

Mitry

caporal

DOVEDYTIS

Frank

8th RI

29 août

Mitry

1ère classe

FOSTER

Alvin G

22th IR

29 août

Villepinte/Tremblay N 

1ère classe

TILLMAN

James G

29th FA bn

29 août

Vers Mitry

soldat

WEST

John E

12th IR

29 août

Vers Crépy-en-Valois

sergent

HILL

Harry P

22th IR

28 août

Sevran/Tremblay sud

 

 

 

Hommage de la SEHT Aux soldats de la IVe division  tombés les 28 et 29 août 1944

Cimetière américain d’Èpinal, dimanche 22 juin 1997.

 

 

Les  pertes matérielles témoignent aussi de l’âpreté de la bataille. Les chars du 70e bataillon, rattachés au 22e d'Infanterie, jouèrent un rôle décisif dans la libération des villes de Sevran, Tremblay et Villepinte. Le colonel Welburn, commandant cette unité, signale en fin de journée le 27 août, la perte de deux chars entièrement détruits et l'incapacité temporelle d'un troisième dont le canon est bloqué. Le surlendemain, à 15 heures, deux chars sont ramenés vers l’arrière, dont l'un entièrement détruit.

 

 

Les civils ont payé également un lourd tribut à  la bataille. Certains ont été tués sans raison, comme le jeune Jacques DEBRIS, de Tremblay, massacré par un groupe de fuyards. D'autres ont été victimes des bombardements. À Villepinte,  Madame BRAQUEMONT, 56 ans, Roberte PA­GES, 10 ans, Nelly MARTIN, 4 ans, ont perdu la vie dans leur maison, détruite par la canonnade, à l’emplacement où se trouvent actuellement les garages du Parc de la Noue. Jacques GOHIER, 20  ans a été tué par balle alors qu'il essayait de réparer le toit de sa maison, touchée par un obus. À ces victimes qui n'étaient pas impliquées dans les combats, il faut rajouter les pertes de la Résistance, soit trois hommes sur Tremblay: An­toine Cusino, Jean Seghezzi, Pierre Colongo.  Les civils ont également subi des dommages matériels. Ainsi l'épicerie de M. Corbeau, à Villepinte, a-t-elle été entièrement détruite. Nous ne disposons pas de statistique des maisons touchées, mais nous disposons d'un bilan des dégâts subis par les réseaux électriques.

D'après le rapport de l'ingénieur Marec, ce sont les lotissements de Tremblay et Villepinte qui ont souffert le plus de la bataille, du fait des tirs d'artillerie et surtout des mouvements de chars qui parcouraient dans tous les sens la zone de la Poudrerie de Sevran, les 27 et 28 août. Il a recensé 280 coupures de câbles conducteurs et de branchements. La remise en état du réseau a nécessité 530 heures de travail(5)

5- Témoignage de M. Alain Marec, ingénieur EDF

 

Autour de la mairie de Villepinte, les dommages ont été considérables. Une des religieuses du Sanatorium de Villepinte a tenu un journal pendant l'occupation. Ce document fait état des dommages subis par son établissement: « Au jour (le 28 août) nous-pouvons nous rendre compte de l'étendue des dégâts (. .. ) Saint-Louis est très atteint, plusieurs services très endommagés, des obus sont trouvés dans les sous-sols, des murs sont effrités ... beaucoup de vitres brisées, d'arbres mutilés; la chapelle a été seulement effleurée, le carillon a perdu une note ... Une vache est morte, deux autres sont blessées. Beaucoup de dégâts autour de nous: de pauvres cadavres mutilés des soldats allemands ... un d'eux est tombé près de notre portail.» (6)

6 – Villepinte en France, du domaine rural à la cité européenne, ouvrage publié par ARCHIVES, 1987, page 205 et suivantes

 

Longtemps après, le champ de bataille renfermait encore des engins explosifs, révélateurs de l'intensité de la canonnade. De 1947 à 1967, le Centre de Sécurité de déminage de Versailles enlevait à Villepinte 86 obus dont quatre de 20 mm, deux de 77 mm, onze de 88 mm, six de 105 mm, deux de 120 mm, et six de 155 mm.(7)

7 – Villepinte en France, du domaine rural à la cité européenne, ouvrage publié par ARCHIVES, 1987, page 213.

                  CONCLUSION

Les témoignages louant la valeur de la IVe Division et le rôle qu'elle a joué dans la libération de Paris et la banlieue sont multiples. Le plus illustre de ceux qui la félicitèrent est sans doute le général de Gaulle qui, dans un télégramme au général BARTON, le 24 août 1945, s'exprime ainsi: «Au moment où le peuple de France et ses amis alliés célèbrent le 1er  anniversaire de la Libération de Paris, le général De Gaulle, président du gouvernement provisoire de la République Française, adresse ses vœux les meilleurs à la IVe Division qui fut la 1ère unité américaine à pénétrer dans Paris et qui prit une si glorieuse part dans toutes les batailles remportées pour la Liberté ». (8)

8 -Commendations 4th Infantry Division US Army Records, June 43 - June 45, National Archives 304-1.6. RG 10 65

 

 

 

Les pertes de la 2ème DB 

Source Hervé REVEL, La banlieue nord-est de Paris dans la Seconde Guerre mondiale, éditions Fiacre, 2012.

Tandis que la 4ème division américaine commandée par le général Barton attaque la partie est de la banlieue nord de Paris, la 2ème DB du général Leclerc attaque la partie ouest.

La libération du secteur Le Bourget-Drancy-Le Blanc-Mesnil a coûté 29 tués à la 2e DB, bilan auquel il faut rajouter deux colonels de l’US Air-Force, dix combattants FFI/FTP et six victimes civiles. Il faut bien entendu ajouter à ce bilan les pertes de la Division Leclerc pour la libération de Paris, rappelons que pour Adrien Dansette, elles sont de 130 tués et 319 blessés, auxquels se rajoutent 532 combattants de la Résistance et 2 800 victimes civiles. (Adrien Dansette, Histoire de la libération de Paris, Perrin 1994.)

 

Chars de la 2e DB, stationnés le 26 août à Aubervilliers, prêtes à passer à l'attaque pour libérer la parie ouest du future département de la Seine-Saint-Denis, cliché extrait de Aubermensuel, supplément au n° 144, novembre 2004.

Pertes de la 2ème DB

Joseph Attas, spahi du 5ème escadron du 1er RMSM, tué en tentant de secourir l'équipage d'un char touché par un coup de panzerfaust, petit lance grenade sans recul antichar à utilisation unique. À peine libérés du camp de Drancy ses parents, juifs alsaciens, assistent à ses obsèques, au cimetière du Bourget.

Roger Brun, 3ème compagnie du 1er RMT ; Léon Calba, 1ère compagnie du 1er RMT ; Jean-Marie Corlu, 32 ans, chef de bataillon commandant adjoint du 1er RMT, mortellement blessé devant les hangars à l'ouest de l'aérodrome, du côté de Dugny, décédé le 30 août à l'hôpital de Bobigny ; Jean Debals, 25 ans, 2ème peloton du 4ème escadron du 12ème Cuir; mortellement blessé avec son camarade René LesbarrÈres alors qu'ils sont descendus de char pour désarmer des prisonniers allemands qui font mine de se rendre ; Henri Delesalle, 24 ans, brigadier-chef du 3ème peloton du 5ème escadron du 1er RMSM, décédé le 28 août à l'hôpital du Val de Grâce ; Xavier Ettori, compagnie de commandement du 1er RMT, tué en tentant de ramener le commandant Corlu grièvement blessé à l'ouest de l'aérodrome, du côté de Dugny ; Pierre Guastalla, 3ème compagnie du 1er RMT, mortellement blessé près de la voie de chemin de fer de Dugny ; Jack Hazan, 3ème compagnie du 1er RMT ; Bernard Humbert, 24 ans, brigadier-chef pilote de M7 ; Lannes de la 2ème section de tir de la 2ème batterie du 3ème RAC; décédé le 30 août à l'hôpital du Val de Grâce ; Pascal Ibanez, 1ère  compagnie du 1er RMT ; Raymond Jauze, 19 ans, 1ère compagnie du 1er RMT, décédé à l'hôpital Necker ; Pierre Labarbe, 5ème escadron du 1er RMSM ; Armand Lannes, maréchal des logis-chef du chef du Besançon, blindé 2ème peloton du 2ème escadron du 12ème Cuir; tué alors qu'il lance son char pour dégager son chef de peloton grièvement blessé ; Pierre-Marie Lassausse, adjudant, chef de la 1ère section de la 3ème compagnie du 1er RMT, sous-officier de la Coloniale ayant rejoint Leclerc en 1942 ; Noël Le Burel, 23 ans, quartier-maître mécanicien du 1er escadron du 1er RBFM ; François Ledu, quartier-maître du 1er RBFM, porté disparu ; René LesbarrÈres, 2ème peloton du 4ème escadron du 12ème  Cuir; mortellement blessé avec son camarade Jean Debals, alors qu'ils sont descendus de char pour désarmer des prisonniers allemands qui font mine de se rendre ; Lucien Loonis, 3ème compagnie du 1er RMT tué du côté de Dugny ; Yves Mairesse-Lebrun, 5ème  escadron du 1er RMSM, tué lorsque son automitrailleuse est atteinte par un lance grenade antichar ; Marcel Male, 2ème peloton du 4ème escadron du 12ème Cuir, ancien champion de boxe amateur; d'abord blessé au genou, puis abattu d'une balle dans la tête, alors qu'il se porte au secours de son chef de peloton grièvement blessé ; Gustave Maloiseau, 1ère compagnie du 1er RMT ; Belaïd Nait-Chellal, ordonnance du chef du 4ème escadron du 12ème Cuir; sa citation posthume à l'Ordre de l'Armée indique que, alors qu'il pouvait vu ses fonctions rester à l'abri en arrière, il s'est porté volontairement vers les lignes ennemies, armé d'un mousqueton et n'est tombé, atteint d'une balle en pleine tête, qu'après avoir tué un grand nombre d'Allemands ; Michel Pitty, 24 ans, sous-lieutenant chef du 1er peloton du 4ème escadron du 12ème Cuir; tué d'une balle dans la nuque alors qu'il est descendu de son char pour secourir son camarade, le sous-lieutenant Mucchieli grièvement blessé ;

Maurice Sarfati, 1ère compagnie du 1er RMT; déjà légèrement blessé le 25 août, lors de la prise de l'Assemblée nationale ; Martin Sorba, 25 ans, 4ème escadron du 12ème Cuir, décédé à l'hôpital Necker ; François Steffanogi, 4ème escadron du 12ème Cuir ; Humbert Van-der-Cruize-de-Waziers, lieutenant de la 1ère compagnie du 1er RMT, cousin du général Leclerc ; Michel Weill, 5ème escadron du 1er RMSM.

Nous avons établi la liste des tués de la division Leclerc d'après les JMO des unités de la Division et la documentation que nous avons consultée au musée de la division Leclerc et de la Libération de Paris, avec l'aide de M. Charles Pégulu de Rovin, ancien FFI ayant participé à la prise de l’Hôtel de ville et ayant ensuite poursuivi le combat au sein de la division Leclerc.

Pertes du génie de l’US Air Force

Gilbert Hall, originaire de New York, lieutenant-colonel du 922ème Régiment de génie de l'U.S Air Force, mortellement blessé en compagnie du colonel Little alors qu'ils reconnaissent l'état des pistes, en pleine bataille.

Augustine P. junior Little, 30 ans, originaire de Georgie, colonel du 922ème Régiment de génie de l'U.S Air Force.

source : JMO des unités de la division Leclerc

Pertes des combattants FFI

Emile Bident, 49 ans, quincaillier au Blanc-Mesnil, sergent du mouvement Libération nord et responsable de la Défense passive, tué à l'Orée du Bois sous Coudray, au vieux Blanc-Mesnil ; Léon Bonvallet, marchand de tabac au Blanc Mesnil, tué par l'explosion d'un obus allemand sur la ferme Bouquin, au Vieux Pays ; Pierre Broichot, originaire de Dijon, FFI du mouvement Libération nord du 9ème arrondissement ; Marcel CrÉmoux, 43 ans, FFI ; Raymond Dominique, 30 ans, alias Raymond Bosc du mouvement Libération nord du 9ème, tué au vieux Blanc-Mesnil ; Georges Lachambre, 18 ans, de Paris 13ème, FFI tué au Vieux Blanc-Mesnil ; Léon Leu, FFI, tué au Vieux Blanc-Mesnil ; Mauritz Maene, 30 ans, d'origine belge, FFI tué au Vieux Blanc-Mesnil ; Marcel Makosso, 28 ans, originaire d'Ivry sur Seine, FFI, tué au Vieux Blanc-Mesnil ; Lucien Winglarz, FFI, tué au Vieux Blanc-Mesnil.

Nous avons établi la liste des tués de la division Leclerc d'après les JMO des unités de la Division et la documentation que nous avons consultée au musée de la division Leclerc et de la Libération de Paris, avec l'aide de M. Charles Pégulu de Rovin, ancien FFI ayant participé à la prise de l’Hôtel de ville et ayant ensuite poursuivi le combat au sein de la division Leclerc.

 

Victimes civiles

150 otages retenus à la ferme du Moulin sont libérés par les Allemands ; ils se dirigent aussitôt vers la route de Flandres pour rejoindre Gonesse et fuir ainsi les combats qui se déroulent autour de l'aérodrome; un obus explose sur la colonne : Pierre Assailly, 62 ans, Jacques Demolin, 22 ans  Mme Suzanne Bouquin, 53 ans sont tués par l’explosion.

Placés en tête d'une colonne de soldats allemands, plusieurs civils servent de boucliers humains. Des soldats de la 2ème DB distinguant mal le cortège ouvrent le feu. Madame Malherbe, qui tient dans ses bras sa petite fille est tuée, ainsi qu’un sapeur pompier non identifié.

Nous avons établi la liste des victimes civiles d'après les JMO des unités de la Division Leclerc et la documentation que nous avons consultée au musée de la division Leclerc et de la Libération de Paris, avec l'aide de M. Charles Pégulu de Rovin, ancien FFI ayant participé à la prise de l’Hôtel de ville et ayant ensuite poursuivi le combat au sein de la division Leclerc.



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