Le bienheureux Marcel Callo, victime du décret nazi du 3 décembre 1943

Le bienheureux Marcel Callo, victime du décret nazi du 3 décembre 1943

Marcel Callo est né à Rennes le 6 décembre 1921. Fils d'une famille profondément chrétienne il est baptisé le 7 décembre 1921

 

Le STO, Service du Travail Obligatoire

 

L’Allemagne nazie, ayant mobilisé ses hommes valides pour asservir par les armes tous les pays d’Europe, a besoin d’une main d’oeuvre étrangère pour faire tourner son industrie de guerre. Pour répondre à ses besoins, Pierre Laval, président du Conseil des ministres de la France collaborationniste, met à sa disposition la capacité de travail des jeunes français.

Le 16 février 1943, la loi n° 106 institue le service du Travail Obligatoire. Les hommes âgés de plus de vingt ans et résidant en France doivent effectuer ce service. En avril 1943, le STO est définitivement organisé et mis en pratique. Il concerne les hommes des classes 40, 41 et 42. Parmi les appelés, de nombreux jeunes se soustraient à leur convocation et entrent dans la clandestinité. Ils changent de lieu de résidence, se font héberger chez des parents ou des amis, ce sont les « réfractaires ». Ils fourniront l’essentiel des recrues des maquis qui se constituent en France. Le STO offre un terrain nouveau à ceux qui entendent se soustraire au diktat du totalitarisme nazi. Si beaucoup choisissent de lutter par les armes, d’autres préfèrent témoigner en portant, au coeur même de l’Allemagne nazie, les valeurs de fraternité et la foi chrétienne qui animent l’organisation de jeunes à laquelle ils appartiennent, la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne).

Loi du 16 février 1943 portant institution du service du Travail Obligatoire.

 

Le 20 juin 2025, le pape Léon XIV a signé un décret du dicastère des Causes des Saints reconnaissant le martyre de 50 Français morts par haine de leur foi sous le régime nazi en 1944 et 1945. Sa décision avait été précédée par celle du pape Jean-Paul II qui avait béatifié Marcel Callo le 4 octobre 1987. Elle porte à 51 le nombre des bienheureux, victimes du décret nazi du 3 décembre 1943.

Le premier des martyrs béatifiés, victimes de ce décret contre l’apostolat catholique au sein du STO est Marcel CALLO, un Breton, né à Rennes en 1921. Il est appelé au STO en 1943. Il est alors l’objet d’une hésitation douloureuse. Quel est son devoir ? Doit-il se soustraire à cet appel et s’engager dans la clandestinité ? Vaut-il mieux rejoindre l’Allemagne avec les jeunes de son âge et vivre à leurs côtés les valeurs dont il est porteur ? Là finalement sera son choix : « Je pars, confie-t-il à sa tante Marie, le jour de son départ, mais pour témoigner ma foi à mes camarades du STO, les aider à être solidaires dans leur opposition au régime nazi ». Son engagement se terminera tragiquement à Mauthausen, le 19 mars 1945.

 

Une organisation de la jeunesse chrétienne au coeur de l’Allemagne nazie

Deux documents du Deutsche Arbeitsfront sont à la base de la répression qui frappe la famille jociste. Le premier est une circulaire du RSHA, Reichssicherheitshauptamt (Office central de la sûreté du Reich) du 3 décembre 1943. Adressée à tous les responsables de la sécurité, elle les prie « de dissoudre immédiatement les groupes de l’association de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne dans les camps de travailleurs civils ».

Le second est la circulaire adressée le 15 décembre 1943 aux Lagerfuhrer des camps de travailleurs :  « Nous vous avertissons des dangers que présentent chez les travailleurs français l’organisation de Jeunesse Chrétienne dite JOC. Elle s’occupe de politique et a de fréquents contacts avec le clergé allemand. Ses membres et ses réunions doivent être surveillés de près. Nous rendre compte immédiatement en vue de sanctions immédiates ».

Durant la Seconde Guerre mondiale, comme une grande partie des associations de jeunesse, la JOC est interdite par le régime de Vichy, dès le 28 août 1940. Le mouvement poursuit son activité dans la clandestinité avec la protection discrète de l'épiscopat français. Le 30 septembre 1988, le cardinal Albert DECOURTRAY, président de la Conférence épiscopale française, rend publique l’ouverture de la causede béatification collective des martyrs de l’apostolat organisé au sein du service du travail obligatoire (STO). Institué début 1943 par une loi du gouvernement LAVAL pour fournir de la main-d’oeuvre à l’effort de guerre allemand, le STO concerne plus d’un million et demi de Français, dont une grande moitié dut travailler en Allemagne (excepté les réfractaires qui prirent le maquis).

Le cardinal DECOURTRAY a décrété l’ouverture de la cause sur la base d’un dossier concernant ces martyrs. Il s’agit, précise-t-il, d’une « cause collective de caractère ecclésial et de dimension nationale » : 9 prêtres, 2 séminaristes, 4 frères religieux étudiants, 11 scouts et 17 jocistes, soit 43 martyrs de 29 diocèses et de 2 congrégations religieuses masculines de France. Parmi eux se trouvent quatre jeunes de l’actuel département de Seine-Saint-Denis.

Le président de la Conférence épiscopale française souligne que les 43 martyrs sont dans la plupart des cas « des petits, des pauvres, des modernes qui, dans la fidélité à l’Évangile et à l’enseignement de PIE XII dans Mit Brennender Sorge », ont été amenés à se trouver aux avant-postes de la résistance spirituelle au paganisme nazi, en étant soucieux – au sein de la dégradation programmée de l’homme – de faire surgir des communautés de personnes libres et fidèles à la grâce ».

C’est finalement cinquante martyrs ont été béatifiés le 25 juin 2025 par le pape Léon XIV.

 

Marcel CALLO, victime du décret nazi du 3 décembre 1943

 

Le 4 octobre 1987, le pape JEAN-PAUL II béatifie Marcel CALLO, lors du synode mondial des évêques sur la vocation et la mission des laïcs dans la société et dans l'Église. Il dé­clare à cette occasion que le jeune Jociste « montre le rayonnement extraordinaire de ceux qui se laissent habiter par le Christ et se donnent à la libération intégrale de leurs frères ».

Cadet d'une famille de neuf enfants, dans un milieu profon­dément chrétien, Marcel CALLO entre en apprentissage à douze ans chez un typographe de Rennes, tandis que son frère Jean rejoint le séminaire. Il adhère à la croisade eucharistique, obéissant à la devise : « Prie, communie, sacrifie-toi, sois apôtre » et entre chez les scouts. Plus tard, il quitte le scoutisme pour la JOC, où il tient à privilégier la vie spirituelle comme source de toute action, dans un monde ouvrier très déchristianisé à cette époque. Devenu président de la section, il se dépense sans compter pour assumer toutes sortes de responsabilités au sein de l’organisation. Il rencontre Marguerite DERNIAUX, également membre de la JOC. Il se fiance avec elle, le 6 avril 1942.

C’est dans des conditions particulièrement dramatiques qu’il va recevoir sa convocation pour le STO. Le 8 mars 1943, un raid de bombardiers américains largue 135 tonnes de bombes sur le secteur sud, gare et quartier de Saint-Hélier, à Rennes. Des centaines de civils sont tués parmi lesquels sa soeur Marie-Madeleine. La convocation pour le STO et le décès de sa sœur soulèvent dans son esprit une série de questions. Comment surmonter le deuil de sa soeur ? Doit-il quitter une famille qui pleure un de ses enfants ? Doit-il partir pour l’Allemagne ? Doit-il refuser ? S’il se cache et rejoint la clandestinité, sa famille sera-t-elle l’objet de représailles ? Ses soeurs, ses frères seront-ils tenus pour responsables ? S’il part, comment ne pas être au service des Nazis ? Enfin, il se décide et part le 19 mars 1943. Pendant 13 mois, il vit activement la mission de la JOC, en lien avec d’autres militants jocistes, mais aussi scouts et séminaristes ou aumôniers clandestins. Il développe les initiatives de partage de nourriture, d’organisation des loisirs, de réflexions sur les objectifs et méthodes nazis, en opposition avec les valeurs chrétiennes.

Arrêté le 19 mars 1944 avec onze de ses camarades, il est déporté au camp de Flossenbürg, puis à Mauthausen avec pour motif « par son action catholique auprès de ses camarades français s’est rendu nuisible au régime nazi et au peuple allemand ».

Après son arrestation par la Gestapo, Marcel CALLO n’a pas été affecté dans les carrières de la mort de Mauthausen, mais dans un enfer comparable. Il a été interné dans le camp de Gusen 2. Le camp de concentration de Gusen était composé de trois camps différents. Situés en Haute-Autriche à l'est de Linz, ils étaient gérés par la SS en tant que camps satellites du camp de concentration de Mauthausen.

En 1944, Gusen est renforcé par deux autres camps. Gusen II (St Georgen) sous le nom de code « B8-Bergkristall », est destiné à abriter la production souterraine d'armement (pièces du chasseur Messerschmitt Bf 109 et plus tard celles du chasseur à réaction Messerschmitt Me 262). Il est placé sous la direction du SS Hans KAMMLER.

Le camp de Gusen III (Lungitz) est affecté à la construction d'une boulangerie destinée à l’approvisionne­ment des divers camps.

À Gusen II, les déportés travaillent dans l’atmosphère insalubre d’installations souterraines mal ventilées et ne résistent pas longtemps à leur travail forcé.

Le samedi 8 octobre 1988 a eu lieu la pose de la pierre de Mauthausen ramenée du camp par Jean MASSIN. Première pierre de la future église Marcel-CALLO, sa place dans la future église, dédiée aux souffrances des martyrs de la foi, a fait l’objet d’un débat. Fallait-il la placer à l’entrée ? Fallait-il la placer ailleurs ? Finalement, il a été décidé d’en faire la pierre de fondation de l’autel et le maître-verrier Florent CHABOISSIER a réalisé les plaques de verre qui l’exposent à la vue de tous les fidèles.

La cérémonie du 8 octobre 1988 a été présidée par Guy DEROUBAIX, évêque de Saint-Denis, en présence du père Jean CALLO, frère de Marcel et de Marguerite, son ancienne fiancée. L’évêque a salué ainsi les initiateurs de la manifes­tation : « Vous avez commencé par faire naître d’abord une communauté, ce qui est beaucoup, beaucoup plus qu’une cathédrale, même celle de Saint- Denis. Ce qui fait l’Église, c’est de faire vivre l’Évangile à la manière du Christ, ici, à Tremblay. La vraie première pierre c’est Jésus-Christ. Avec Marcel CALLO, vous êtes les pierres vivantes du quartier ».

Arrêté le 19 avril 1944 avec 11 de ses camarades, Marcel CALLO est déporté au camp de Flossenbürg, puis à Gusen II, annexe de Mauthausen, avec ce motif : « Par son action catholique auprès de ses camarades français, s’est rendu nuisible au régime nazi et au peuple allemand ».

Au cours de son séjour au STO, Marcel a beaucoup écrit à sa fiancée, à sa famille, cent soixante dix lettres de lui sont connues. Selon le mot de son frère Jean, ce sont des lettres qui parlent. Elles ont été pourtant écrites dans des baraques surpeuplées, habitées de jeunes qui compensent la monotonie de leur quotidien par un chahut ludique et bruyant, bien compréhensible. Mgr Pierre D’ORNELLAS ajoute    « sa foi s’y exprime, sa montée dans l’amour de Dieu se laisse deviner (1) ». Mais ce sont surtout les échanges avec sa fiancée Marguerite DERNIAUX qui révèlent sa sensibilité « Ma chère petite fiancée, je m’ennuie et je souffre loin de vous, mais cette épreuve, j’en suis sûr, nous fortifiera l’un et l’autre et notre amour n’en sera que plus grand et plus profond (2) ».

Marcel Callo et Marguerite Derniaux, image extraite de  Mgr Pierre D’ORNELLAS, Entre les mains du Christ

Des deux fiancés ce sera paradoxalement le moral de Marguerite qui flanchera le premier et c’est Marcel qui essaiera de la consoler : « Ma chère Marguerite, je vous aime de toute la force de mon coeur et n’ai point d’autre désir que celui de vous voir heureuse et sans soucis. Je sais ma bien-aimée que vous m’aimez beaucoup et c’est parce que nous nous aimons que nous souffrons beaucoup (3) ».

De santé fragile, Marguerite est opérée et fait part de ses souffrances à Marcel. « Dites ma chère Marguerite, lui écrit-il, vous désirez que je vous raconte toutes mes difficultés et vous voulez partager toutes mes angoisses et de votre côté vous ne voulez pas que je prenne part à vos souffrances. Cela je ne le veux pas, ma bien-aimée petite fiancée et je désire porter avec vous toutes les difficultés qui se présenteront. Il ne faut pas qu’il y ait quelque chose de caché entre vous et moi (4) ».

C’est au bout de treize mois qu’il est arrêté et emprisonné. De sa cellule, il parviendra à adresser un dernier message à Marguerite : « Je suis toujours à Gotha, ne sachant toujours pas quand je sortirai d’ici, les jours se succèdent les uns aux autres, sans que j’apprenne du nouveau sur mon histoire, pour combien de temps en ai-je encore ? Dieu seul le sait. Chère petite Marguerite ne soyez pas inquiète car je me porte admirablement, la santé est excellente, le moral épatant, je demande au Christ qu’il en soit ainsi jusqu’à la fin (5) ».

 

1 - Mgr Pierre D’ORNELLAS, Entre les mains du Christ, Marcel CALLO, apôtre de la fraternité, édition Salvator, juin 2023.

2 - Lettre du 11 avril 2023. Les lettres écrites à Marguerite sont empreintes d’un grand respect.

3 - Lettre du 26 avril 2023. Reflet de l’éducation d’une autre époque, Marcel CALLO vouvoie sa fiancée.

4 - Lettre du 26 juillet 1943.

 

Vécu des déportés au sein de l’enfer des camps d’extermination nazis

Si les lettres de Marcel exposent sa foi, son attachement à sa famille et l’amour qu’il porte à sa chère fiancée, elles ne relatent pas son vécu dans l’enfer nazi. Sa correspondance s’arrête, après son arrestation. Sa famille, sa fiancée et ses amis sont sans nouvelles depuis la carte du 3 août. Ils en souffrent d’autant plus que Rennes a été libérée le 4 août 1944.

Pour compenser le silence forcé de Marcel, nous aurons recours au témoignage de l’un de ses compagnons de la prison de Gotha, Fernand MORIN (5).

Témoignage de Fernand Morin

« Avec une science consommée de la déchéance humaine, une sorte d’infernal génie, l’Allemagne nazie a exploité cette faim torturante qu’elle faisait régner dans ses camps pour y introduire la délation et l’espionnage mutuel. Elle avait inventé ceci : charger les détenus eux-mêmes des désignations pour les transports d’extermination. À la misère du bagne, les déportés devaient ajouter une autre contrainte, l’obligation d’une surveillance de leurs propos et de leurs attitudes. D’une imprudence pouvait dépendre l’inscription par un soi-disant camarade, sur la liste des transports d’où l’on ne revenait pas. […]

Vous abandonnez définitivement votre nom et votre personnalité… Vous est donné un numéro en toile mais sans fil ni aiguille – 71782 – qui devra demain figurer sur le côté gauche.

Déshabillés entièrement, la suite augurait de l’avilissement qui nous attendait ; puis un autre bâtiment était dévolu à la tonte ; puis à se faire inonder de grésil ; puis à se faire doucher. Enfin l’attente reprenait, cette fois pour la remise des habits : une chemise avec des boutons manquants, une veste rayée, un calot.

L’attente dura pendant des heures dehors dans le froid pour arriver à son tour. Nous passions devant des gars assis à leurs bureaux. Tout était consigné sur un livre. Chaque objet, montre, portefeuille, ceinture, recevait une étiquette, le tout consciencieusement classé.

Le bloc de baraquement affecté aux vêtements avait été détruit lors du dernier bombardement. Tous les habits avaient brûlé. Il nous ont alors distribué non les habits habituels, mais des habits hétéroclites ayant appartenu aux morts précédents.

[...]

Les luttes entre déportés étaient âpres. Malheureusement les déportés entre eux déployaient beaucoup de férocité. Au bout d’une dizaine de jours, des enfants, aperçus au début, avaient tous disparu. Au camp, tout déporté pris à voler était lapidé à mort par les autres nationalités. Un groupe vous terrassait aussitôt si vous aviez volé et le châtiment s’ensuivait.

J’avais reçu une grande couverture. Au bout de trois jours, ma couverture a été volée. Indispensable pour la nuit, je devais en voler une dans la journée sous peine de mourir de froid. Je réussis à m’en procurer une sans être pris. Malheureusement ce vol entraînait des conséquences graves pour un autre détenu. Soit il se faisait prendre à en voler une autre, soit il ne bénéficia pas de couverture pour la nuit. Dans tous les cas de figure, inévitablement, la mort au bout du compte a frappé l’un d’eux ».

Le témoignage de Fernand Morin souligne les qualités que devaient posséder les déportés pour survivre au sein de l’enfer nazi, manifestement le doux Marcel Callo ne les avait pas.

 

5 - Témoignage de Fernand Morin cité d’après Denise MORIN Résistances chrétiennes dans l’Allemagne nazie, Fernand MORIN, compagnon de cellule de Marcel CALLO, éd. Karthala

 

Les douze apôtres de la prison de Gotha

 

Après son arrestation Marcel Callo est incarcéré à la prison de Gotha avec onze compagnons. Sept d’entre eux feront comme lui le sacrifice de leur vie : Marcel CARRIER, Henri MARRANNES, Camille Millet, Louis POURTOIS, Jean TINTURIER, André et Roger VALLÉE. Quatre autres survivront à leur séjour dans les camps : Paul BESCHET, Jean LECOQ, Fernand MORIN, René LE TONQUÈZE. À Gotha ces douze apôtres ont vécu une vie spirituelle intense à l’ombre de la croix. La vie des douze à Gotha résonne avec le nom du Golgotha, le lieu où le Christ a été mis en croix. La « Kirche », nom donné par eux à leur cellule, évoque celui de l’Église, créée par le Christ. Elle est située sous le toit, en haut de la prison, au n° 2 Steinmühlenalle.

La capacité de travail représentée par ces prisonniers a été mise par les Nazis au service des fermes qui entourent la prison. Camille MILLET a profité de ces sorties pour ramener un bouquet d’immortelles avec lequel il a façonné une croix. L’abbé LECOQ l’a bénie et l’a accrochée au mur de leur cellule. Ils se sont réunis tous les soirs au pied d’elle pour prier.

Croix d'immortelles tressée par Camille Millet, grand vitrail de l'église Marcel-Callo, cliché SEHT © SEHT

 

Au cours de leur séjour dans la cellule commune, grâce à la lecture du Nouveau Testament, les douze relient leur vécu à celui de saint Paul, en prison à Rome avant son martyre. La prise de conscience de cette nouvelle étape s’exprime dans les nombreuses lettres adressées à leurs familles par l’entremise des prisonniers de guerre qu’ils rencontrent pendant leur travail dans les champs. Étonnamment, l’administration pénitentiaire tolère leur vie de foi.

Leur foi rayonne, ils offrent leurs souffrances dans leurs prières « notre vie intérieure est à un autre stade, écrit Camille MILLET, j’aurai découvert une nouvelle forme d’apostolat, celle de la rédemption par la prière et le sacrifice ».

La croix d’immortelles tressée par Camille a été ramenée d’Allemagne en 1945, par un prisonnier breton que connaissait l’abbé LECOQ. Il l’a rapportée dans une boîte en carton de biscuits américains. Elle est depuis conservée à Rennes.

Cette croix devant laquelle priaient Marcel CALLO et ses compagnons, a été envoyée à Rome, pour le Jubilé des jeunes, le 25 juillet 2025. Elle y a été accueillie en l’église Saint-Yves-des-Bretons pendant une semaine. Elle était présente à Paris, le 13 décembre 2025, pour la célébration de la béatification des cinquante martyrs du STO. Elle a participé à la procession des reliques.

 

Messe de béatification du 13 décembre 2025 : procession des reliques, cliché SEHT © SEHT

 

La messe de célébration des 50 martyrs de l’apostolat catholique au sein du STO a été célébrée le 13 décembre 2025 en la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Le rituel de cette messe comporte une procession des reliques des martyrs. Les restes d’un seul d’entre eux ont été retrouvés, ceux de l’abbé Maurice RONDEAU, décédé d’épuisement, trois jours après la libération de son camp, le 3 mai 1945. La croix de fleurs d’immortelles de Camille MILLET et un souvenir de l’abbé RONDEAU ont représenté symboliquement les 50 martyrs dans cette procession. 



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