4ème partie : libération de la banlieue nord-est

4ème partie : libération de la banlieue nord-est

 

COMBATS DE LA 2e DB À LA PLAINE­-SAINT-DENIS ET AU BOURGET (1)

1 - Cf. La 2e DB du général Leclerc, éditions Arts et métiers graphiques, Paris, 1945pages 57 et suivantes

 

Le 26 août après-midi, la 2e DB pousse au-delà des portes de Paris, s'établit à Saint-Denis et envoie des reconnaissances vers Epinay-sur-Seine et Enghien, d'où elles doivent se retirer. L'ennemi a fait venir une division du Pas­-de-Calais, l'a établie dans la forêt de Montmorency et dans la plaine du Bourget. Ces renforts avaient mission de barrer les routes de Senlis et de Soissons et de conserver la maîtrise de la vallée de l'Oise, pour permettre l'évacuation des forces qui refluent encore par la boucle de Conflans.

 

 

La 2ème DB stationnée à Aubervilliers Archives municipales Aubervilliers

 

Tandis que le groupe Billotte reste en couverture à l'ouest de Paris, que la IVe  Division d'Infanterie américaine nettoie les Bois de Vincennes et attaque vers l'est, les groupements Langlade et Dio quittent leurs emplacements parisiens, dans la nuit du 26 au 27, pour se porter à la Plaine Saint-Denis, où Leclerc installe aussi son PC. Pour se dégager de l'agglomération Parisienne, les deux groupements attaquent les jours suivants vers Montmorency, afin de conquérir la boucle d'Enghien et vers Gonesse pour se porter à la gauche de la IVe Division, qui opère sur le canal de l'Ourcq.

 

Au Bourget, que Dio aborde à la fois par Dugny et par la grande porte de l'aérodrome, l'ennemi occupe, le 29 août, des tranchées en bordure des hangars. Un flottement se produit chez certains défenseurs qui hissent des drapeaux blancs. Alors que quelques officiers s'avancent pour obtenir une reddition, d'autres groupes fanatisés ouvrent  le feu. Il y a plusieurs blessés, parmi lesquels le commandant Corlu, l'un des vétérans de la Division, qui  succombe  le lendemain à ses blessures.

 

Les chars reprennent l'offensive et nettoient impitoyablement le terrain. À la nuit des renforts arrivés du Pas-de-Calais à bicyclette, croyant que la route est libre jusqu'à Paris, tentent une contre-attaque.

Le 30 août, la 28e Division d'Infanterie et la 5e Division Blindée américaines dépassent les positions de la Division Leclerc pour se porter vers la vallée de l'Oise.

 

Parcours de la 23e DB pour la libération de Paris et sa banlieue,

Carte extraite de La 2e DB, général Leclerc

Combats et combattants en France, Editions Arts et Métiers Graphiques, Paris 1945

 

 

COMBATS DU 22e RÉGIMENT DE LA IVe DI, LE 27 AOÛT (2)

 

2 – d’après  22nd Infantry regiment journal, August 27, National Archives, 307-INF (22)-0.1

 

Le temps est généralement beau pendant la journée du 27, mais avec des pluies d'orage dans l'après-midi. La température esit modérée et la visibilité bonne.

Au PC du 22e d'Infanterie, l'ordre de bataille n° 24 de l'état-major de la 4e Division, reçu à  3 h 25, a  provoqué quelque confusion, suite à une erreur administrative qui fixe à 4 au lieu des 16 prévues, l'heure de l'attaque. Cette erreur rectifiée, un ordre de bataille verbal, accompagné d'un graphique de progression est diffusé vers 16  heures.

Une avant-garde, composée des pelotons I & R du 22e d'infanterie avec comme guides routiers la compagnie K et un peloton de la compagnie C du bataillon du 4e Génie se met en mouvement à 6 h 30. Le reste du Groupement de Combat commence à se déplacer vers la zone de regroupement de Vincennes, à 8 heures. L'ordre de marche est  le suivant: 1er bataillon, état-major et compagnie d'état-major, compagnie antichars, compagnie d'artillerie, compagnie B du 81e ba­taillon chimique, compagnie C du 4e bataillon du Génie, compagnie du matériel, compagnie C du 4e bataillon de Santé, 44e bataillon d'Artillerie de campagne, compagnie C du 70e bataillon de chars et un peloton de la compagnie D du 70e bataillon de chars.

 

Le 3e bataillon, avec les unités rattachées, rejoint  la colonne en route, le mouvement vers la zone de regroupement du Bois de Vincennes étant exécuté sans aucun contact avec l'ennemi. Cependant, la colonne est ralentie et même bloquée, dans Paris, par l'exubérance de la foule qui borde toutes les rues. La zone de regroupement, à Vincennes, est atteinte vers 13 heures, et conformément aux ordres, des reconnaissances lourdes sont immédiatement lancées vers le Nord-est par les 1er  et 2e bataillons, chargés de l'attaque frontale.

 

Au départ de l'action, des poches ennemies d'environ 2 000 hommes sont signalées, appuyées de chars Tigre.

A 14 h 20, une patrouille  pousse une reconnaissance jusqu'à Clichy-sous-Bois, sans rencontrer l'ennemi. L'horaire de l'attaque était fixé à 16 heures, mais en fonction des informations recueillies, l'heure de départ des forces d'assaut est avancée. Une compagnie de chacun des 1er et 2e bataillons est embarquée à 15 heures et fait mouvement vers une zone de débarquement proche de leurs objectifs. Les moyens de transport utilisés pour ce mouvement, à partir de la zone de regroupement, effectuent plusieurs navettes pour déplacer vers l'avant la totalité du Groupement de Combat.

Un des aviateurs américains secourus par le groupe M4 a donné des informations précises sur les positions allemandes. Livry-Gargan est vide d'ennemi, mais juste au Nord-est de cette ville, il existe des positions solides sur Sevran, dans le secteur de la Poudrerie où sont  installés les laboratoires de la Marine allemande, la Firma Buck. Là se trouvent des tranchées armées de mitrailleuses, avec appui de chars et de canons antichars, devant  une aire de tir dégagée.

 

A 19 h 30, la compagnie A du 1er bataillon se heurte à la position de la ferme de Montceleux, tenue par des  Boches*, qui se sont établis derrière le remblai de l'ancienne ligne de chemin de fer Aulnay-sous-Bois Rivecourt. Elle est pulvérisée par 200 coups au but tirés par les artilleurs du 44e ainsi que par les tanks et les chasseurs de chars. Il n'y pas eu de prisonnier.

* américain kroats terme plus péjoratif que celui de Jerries généralement utilisés dans les journaux de la IVdivision

 

 

 

Journal du 22e régiment d’infanterie 

22nd Infantry regiment journal, August 27, National Archives, 307-INF (22)-0.1

 

Les Français (2ème DB) ont pris le Blanc-Mesnil - nord-ouest de l'objectif du 1er bataillon- La Cie A du 1er bataillon, déployée à la périphérie de Sevran, s'est heurtée aux Boches (kroats terme beaucoup plus péjoratif que Jerries, généralement employé dans le journal) sur une voie ferrée. Environ 200 coups au but ont arrêté les Fritz.* Les Boches tiraient à partir d'une position enterrée située sur le remblai d'un ancien chemin de fer traversant la colline**. Nous faisons face à l'ennemi sur plusieurs positions. L'ennemi a été anéanti par le feu des chasseurs et des tanks. Pas de prisonniers.

* Ce combat s'est déroulé sur Sevran, au Nord ouest de la ferme de Montceleux.

** il s’agit des vestiges du projet de construction de la ligne de chemin de fer Aulnay-sous-Bois – Rivecourt par Senlis.

 

Au Nord ouest de l'objectif du 1er bataillon, la 2e DB avait libéré Blanc-Mesnil.

Vers 18 h 30, une reconnaissance de cavalerie, poussée en direction de Vaujours, se heurte à une forte  résistance. Elle demande le soutien de l'infanterie. Le 2e bataillon se porte sur cet objectif à 19 h 30 et essuie un tir d'artillerie. La compagnie D attaque ensuite la Nationale 3. Elle reçoit bientôt l'appui des chars, celui du 44d' Artillerie et des mortiers de la compagnie chimique.

Une partie du 1er  bataillon est sur son objectif dès 16 h 30 et, avant minuit, les 1er et 2e bataillons au complet  sont sur le leur. Le 3e bataillon, en réserve, a gagné une position propice au sou­tien de l'un ou de l'autre, en cas de besoin.

 

La compagnie C et un peloton de la compagnie D du 70e bataillon de chars, rattachés au Grou­pement de Combat  n° 22 pour la journée, a  appuyé la progression. Pendant la soirée, deux des chars rattachés au 1er   bataillon, touchés par des tirs antichars ennemis, sont calcinés.

Le 44e bataillon d'Artillerie de campagne est resté en appui général du Groupement de Com­bat ainsi que la compagnie C du 4e bataillon du Génie. Les éléments de reconnaissance du Gé­nie se trouvent avec l'ensemble des bataillons d'assaut, spécialement préparés à enlever les obstacles routiers dressés par l'ennemi.

La compagnie C du 4e bataillon de santé était en soutien du groupement de combat. Les éléments des 427e, 428e, 429e, 430e et 389e compagnies du train ont fourni les transports pour convoyer le Groupement de Combat dans Paris.

La compagnie C du 893e bataillon de chasseurs de chars reste rattachée au Groupement de Combat, un peloton affecté à chacun des bataillons d'assaut dans l'aire de rassemblement, le reste de la compagnie en réserve du Groupement de Combat.

Vers 21 heures, le colonel Lanham, commandant le 22e régiment, installe son PC  à Clichy-sous-­Bois.

Avant minuit, malgré le retard pris lors de la traversée de Paris, en raison des embouteillages générés par l'exubérance de la foule célébrant la Libération, les forces ennemies ont été repoussées en banlieue, où tous les objectifs d'attaque ont été atteints.

Au terme de la journée, 285 prisonniers ont été capturés ; 266 de l'état-major, 16 de la 4e compagnie parachutiste, 1 traînard capturé dans Paris, alors qu'il se dirigeait vers la Nationale 2.

 

COMBATS DES 8e  ET 12e RÉGIMENTS DE LA IVe DI, LE 27 AOÛT  (3)

3 – d’après After Action Reports, 4th  Infantry Division n august 27, National Archives, 984.0.3.

 

Le groupement de combat du 8e régiment d'Infanterie de la IVe Division comporte le 29e bataillon d'Artillerie de campagne, la compagnie A du 4e bataillon de Santé, la compagnie A du 70e bataillon de chars, la compagnie A du 893e bataillon de chasseurs de chars, la compagnie A du 4e bataillon de combat du Génie, la compagnie A du  81 e bataillon chimique, un peloton de la compagnie D du 70e bataillon de chars. Après avoir été déchargé de la garde des ponts, des forts et carrefours stratégiques dont il assurait la garde, à l'ouest de Paris, le 8e régiment se  porte vers la zone de regroupement aux environs du Bois de Vincennes qu'il a rejoint, au complet, à 11 h 30.

 

Avec deux bataillons de front, il attaque en direction du nord-est et, dépassant le 22e  accroché dans le secteur de Sevran-Vaujours, il attaque à 14 heures, avec deux bataillons de front, au nord de Vaujours-Courtry et avance, rencontrant une résistance sporadique d'armes légères et de chars embusqués. Le 1er bataillon rencontre une vive résistance du fort de Vaujours et, après un appui-feu déterminant, l'ennemi en es chassé. Un point de résistance résiduelle est rencontré sur Montfermeil et sur le carrefour de la route descendant de Courtry vers Villeparisis. Le 3e bataillon, progressant à pied, parvenait à l'aire de regroupement, dans les bois de Mont­fermeil, en fin de journée.

Le groupement de combat du 12e régiment d'Infanterie de la IVe Division comprend le 42e bataillon d'Artillerie de campagne, la compagnie B du 4e bataillon de Santé, la compagnie B du 4e bataillon de combat du Génie, la compagnie B du 70e bataillon de chars, la compagnie B du 893e bataillon de chasseurs de chars. Il passe la journée sur l'aire de rassemblement du Bois de Vincennes, en réserve de la Division. Des éléments du régiment  relèvent  le 38e escadron de reconnaissance de la cavalerie et le 8e régiment d'Infanterie des points dont ils ont  assuré  la garde à l'ouest de Paris. Cette opération est terminée dès 9 h 15.

 

 

 positions de la IVème DI américaine les 27 et 28 août 1944

Position des unités de la 4ème division d’infanterie américaine, les 27 et 28 août 1944.

 

Les troupes américaines utilisent la carte au 1/50 000 éditée par le War Office en 1944. Ce document a été extrapolé par la section cartographique du War Office, à partir de la carte au 1/80 000 révision 1901, complétée par la carte Michelin, révision 1907, pour le réseau routier. Pour la rédaction de la carte opérationnelle, ces documents ont été corrigés  d’après les données recueillies lors des reconnaissances aériennes menées par les avions alliés. Ces cartes n’utilisent pas le quadrillage UTM des cartes modernes, mais le quadrillage Lambert en usage au début du XXème siècle.

Dans les journaux de marche, les positions des unités sont données selon les coordonnées géographiques du quadrillage Lambert. Pour la banlieue nord, il faut consulter les feuilles 10F/5 et 10F/6.

Nous avons positionné les unités d’après le journal du 22ème RI (22th infantry regiment journal).

 

COMBATS DU 22e RÉGIMENT DE LA IVe DI, LE 28 AOÛT (4)

4 – d’après 22nd Infantry régiment journal, august 28, National Archives, 307-INF(22)-0.1.

 

Pendant la journée du 28, le temps est relativement nuageux et frais. La visibilité est bonne, avec une légère brume gênant l'observation à longue distance.

 

Une reconnaissance ayant établi l'intérêt stratégique de la colline de Coubron qui domine la zone de combat, on fait appel au volontariat d'une compagnie pour prendre cette crête, à l'aube. Des mouvements de chars ennemis sont signalés dans la nuit, à 500 mètres de la compagnie I.

 

Vers 1 heure, les ordres sont verbalement diffusés pour le 28 août : le 1er  bataillon doit consolider sa position et faire jonction avec le 2e bataillon sur la droite, ce dernier ayant mission de franchir le canal de l'Ourcq, de mettre en sûreté les bois du Parc de la Poudrerie à Sevran et d'établir la jonction avec le 1er bataillon. Le 3e bataillon, en réserve du Groupement de Combat, dot être prêt à soutenir le 1er ou le 2e, et à appuyer l'avance du Groupement de Combat du 8e régiment d'Infanterie, sur la droite.

 

Ces unités devront mettre en œuvre tous les feux d'appui disponibles. Ces missions sont exécutées et le contact  est général, l'ennemi ayant recours à des tirs d'armes légères à partir de positions abritées. Les activités de patrouilles sont intenses, mais le manque absolu de couverture ou de possibilité de camouflage constitue un handicap sévère. Des pertes sont subies par les patrouilles, mais les positions ennemies sont repérées.

 

Vers 10 heures, le 3e bataillon installe un peloton de fusiliers en protection du pont du canal à Sevran.

A 10 h 40, à Vaujours, sur la Nationale 3, une patrouille se heurte à 60 ennemis se dirigeant vers l'Ouest, dans le secteur du 8e régiment d'Infanterie. Le chef de bataillon obtient de la Division l'autorisation de les poursuivre, après que le 8e a été informé de cette initiative.

Au Nord de Sevran, en direction de Villepinte, des mitrailleuses ennemies installées des deux côtés de la chaussée barrent le passage.

A 1 km environ à l'ouest de la gare de Sevran-­Livry, et 200 mètres au Nord du canal, la compagnie G essuie  un  feu continu, vers 14 heu­res. Au même moment, la compagnie E reçoitt une opposition semblable sur la RN3,  à  la limite de Sevran-Vaujours.

A 16 h 25, la compagnie G s'établit au nord-est de Sevran, sur Villepinte, en protection du Pont du canal de l'avenue du Chemin de fer de Tremblay-Vaujours.

Vers 18 heures, le colonel Lanham installe son poste d'observation sur le château d'eau, situé une centaine de mètres au nord de la gare du Vert- Galant, à côté du Chemin du Loup. Il attend là, l'arrivée des chars.

A 18 h 20, à Vaujours, 10 coups au but sont tirés sur l'usine Lambert où se sont retranchés des ennemis, dans le secteur du 8e régiment. Ils déterminent la reddition du groupe, qui se solde par 50 prisonniers, dont un officier avec une carte.

Toutes les positions ennemies ont été battues par des tirs d'artillerie et de mortiers lourds, avec un effet significatif. En fin d'après-midi, les positions assignées sont consolidées.

 

À ce moment, la compagnie K du bataillon de réserve, agissant comme une forte patrouille de combat, transportée à travers le 2e bataillon, part à 18 h 45 à l'assaut de Villepinte. Au sud de la ferme Dejaiffe, elle essuie le feu d'armes légères et antiaériennes, ainsi que des tirs de mortiers, mais elle a avancé d'environ un kilomètre et demi et se trouve juste au sud de Vil­lepinte, à 21 h 15, quand elle reçoit l'ordre de se mettre en sûreté pour la nuit.

Un mot d'ordre, reçu à 20 h 30, enjoint au Groupement de Combat 22 d'attaquer le 29 août sur le flanc gauche de la Division. Des patrouilles offensives sont ordonnées et les positions, vers 24 heures, sont  conformes  aux indications du graphique de progression.

 

Au cours de cette journée, la compagnie C et un peloton de la compagnie D du 70e bataillon de chars, rattachés au Groupement de Combat 22, sont rassemblés dans la zone du 2e bataillon pour entretien, constituant une réserve mobile. Le 44e bataillon d'Artillerie de campagne, en appui général du Groupement de Combat, opère de nombreux tirs, avec un effet satisfaisant, sur tous les ennemis localisés. Plus de 700 salves sont tirées par ce bataillon durant cette journée. La compagnie B du 81e  bataillon chimique, en appui général du Groupement de Combat, tire également beaucoup de salves d'appui, utilisant des obus explosifs et des obus au phosphore. La compagnie  C  du 893e bataillon de chasseurs de chars opère en soutien général du Groupement de Combat.

La compagnie C du 4e bataillon du Génie reste en soutien général du Groupement de Combat  jusqu'à 16 heures, heure à laquelle elle est libérée de ce rattachement. La compagnie C du 4e bataillon de Santé assiste  le Groupement de Combat.

 

Au terme de la journée, le Groupement de Com­bat a consolidé ses positions selon les ordres reçus et établi une ligne d'assaut appropriée pour le 29 août. Plus de 100 prisonniers ont capturés et des pertes ont été infligées à     l'ennemi, beaucoup par tirs de mortier et d'artillerie. Tout au long de la journée, la résistance de l'occupant a été de nature purement défensive.

 

 

Libération de Tremblay-lès-Gonesse, cliché SEHT pris par Maurice Coustou, le 29/08/1944

 

Futur adhérent de la SEHT, Maurice Coustou a pris ce cliché, rue de Roissy, le 29 août 1944. L’immatriculation de la Jeep à gauche du cliché est lisible. Le premier chiffre 4 est celui de la division, le 44F qui suit indique qu’il s’agit d’un véhicule appartenant au 44tf field artillery battalion (44ème régiment d’artillerie de campagne).  Le véhicule est fleuri par la population accourue pour saluer l’arrivée des Libérateurs.

La barre soudée àl'avant du véhicule a pour objet d'éviter la décapitation des passagers par les câbles que les allemands tendaient en travers des routes.

À gauche du cliché on aperçoit un soldat en faction devant la porte d’un grange où reposent les corps des soldats tombés dans la plaine, entre Sevran et Tremblay.

Sur le trottoir de droite stationne un char du 77ème bataillon de chars (77th tank battalion).

 

COMBATS DU 8e ET DU I2e RÉGIMENTS DE LA IVe DI, LE 28 AOÛT (5)

5 – d’après After Action Reports, 4th Infantry Division, august 28, National Archives, 984.0.3.

 

La IVe Division poursuit son offensive le 28,  les groupements de combat des 8e et 12e régiments restant composés des mêmes unités que la veille.

Les 1er et 2e  bataillons du 8e régiment partent à l'attaque à 8 heures. Ils avancent sans rencontrer de résistance. Le 1er  bataillon est à l0 heures à l'est de Montfermeil où il consolide sa position. Le 2e atteint ses objectifs à l'est de Vaujours et au nord de Villeparisis, rencontrant une opposition à 18 h 10. Le 3e bataillon,      progressant entre le 1er et le 2e, atteint son objectif sans rencontrer de résistance. Des patrouilles sont envoyées pour établir la jonction avec les 1er et 2e bataillons. À 19 h 50, le 3e bataillon essuie quelques tirs d'artillerie à longue portée. Des patrouilles sont envoyées vers les avant ­postes, sur Villeparisis et en direction de Mitry-­Claye.

 

Le 12e régiment d'Infanterie fait mouvement vers le nord-est à 10 h 30, avec des objectifs au nord et à l'est de Villevaudé. Le 1er  bataillon reste dans les environs du Bois de Vincennes, pour patrouiller et garder les ponts. Les 2e et 3e bataillons progressent à pied et se déploient vers l'avant, rencontrant une résistance sporadique. À   20 h 45, les deux bataillons sont sur leurs objectifs, le 3e bataillon au Nord de Villevaudé, le 2e à l'Est. Ils consolident ensuite leur position.

 

PARTICIPATION DE LA RÉSISTANCE AUX DERNIERS COMBATS (6)

6 – d’après :

- Bulletin n° 19 de la SEHT déjà cité, témoignages de Jean Blanchot, Madeleine Lainé Blanchot, Albert Bénichou, M. Oddou,

Tremblay je t’aime, ouvrage cité, relation signée de Fernand Dive, Jean Blanchot et Louise Blanchot Josko.

 

La capitulation de Von Choltitz le 25 août pouvait donner l'illusion que les troupes allemandes  stationnées dans le Gross Paris se rendraient ou quitteraient la région sans combattre. Peu après cette date, les Résistants les plus politisés, en l'occurrence les FTPF pour Tremblay, ont cru le moment venu de destituer l'autorité municipale compromise avec le régime de Vi­chy et accusée d'avoir collaboré avec l'occupant. Il a donc été décidé d'entreprendre une expédition vers la mairie, pour destituer le président de la délégation spéciale faisant fonction de Maire. L'expédition, menée par un groupe de Résistants du Vert -Galant se rend sur place avec la camionnette de M. Dunouvion. Une incertitude persiste sur la date exacte de l'événement. Jean Blanchot le situe le 28 ou le 29 août. La date du 29 peut être écartée sans hésitation. De vifs combats opposent ce jour-là le 22e RI de l'armée américaine au régiment allemand qui assure la défense du Vieux-Pays. Il est malheureusement à relever que, peu après son installation, le colonel qui commandait cette unité dispose de la liste des militants ayant participé à l'investissement de la mairie. Il essaie d’arrêter l'instituteur Pare1on, dont le logement de fonction, voisin de celui du receveur des postes, est saccagé.

 

Le témoignage de Monsieur Oddou à propos de cette liste est formel. À notre avis, l'expédition contre la mairie s'était vraisemblablement produite le dimanche 27, peu de temps avant l'arrivée des Allemands que des témoignages précis situent à cette date, en fin de journée.

L'existence de cette liste prouverait, qu'à la veille même de l'assaut final, l'ennemi dispose encore d'informateurs. Ceux-ci n’ont pas puêtre identifiés.

À leur arrivée en Mairie, les militants hissent le drapeau français et jettent à bas le portrait du maréchal Pétain. Ils partent ensuite vers Aul­nay-sous-Bois, ne laissant sur place qu'une jeune militante, Odette Anguerrand et le père d'Antoine Cusino, qui faillirent être arrêtés. A l'évidences, la Résistance locale sous-estimait la capacité de nuisance des troupes allemandes. Paris était libéré, les Américains arrivaient à Sevran et Vaujours,  la 2e D.B. venait de libérer Le Blanc­-Mesnil. Ce contexte explique les risques pris lors de l'expédition à la Mairie, ou  lors de la liaison sur Paris qui faillit coûter la vie au commandant Gourget et fut fatale au pilote de sa moto.

 

Le 27 août, les soldats allemands, chassés de Vaujours, se regroupent au nord du canal pour gagner le Vieux-Pays, sous le couvert des Bois du Vert-Galant et du Bois Saint-Denis. Des francs-tireurs essaient de les harceler. L'un d'eux, Pierre Colongo, à la recherche d'une arme pour faire contre eux le coup de feu, se rend au 28 rue de Poitou, chez les Sartorio, le point de ralliement des FTPF. Madeleine Blan­chot, faute d'arme de guerre disponible à ce moment là, ne peut lui confier qu'un fusil de chasse. Pierre Colongo, déterminé à en découdre, s'en empare et se dirigea vers le canal, ha­billé d'une chemise blanche qui va trahir sa présence sous la futaie. L'ennemi, posté sur l'autre rive, le blesse mortellement. Touché à la poitrine, malgré les soins dispensés par le doc­teur Brumberg, il ne survit que quelques instants.

 

Jean Blanchot et les jeunes FTPF disposent d'un fusil Lebel, pris quelque temps auparavant à l'ennemi par Seghezzi, qui avait attaqué un de ses soldats, du côté du fort de Vaujours. Il était rentré sur le Vert-Galant, l'arme attachée au cadre de son vélo. Les jeunes disposent d'une bande de balles de fusil mitrailleur allemand, récupérée par l'un de leurs amis à Villepinte. Elles étaient du même calibre que le fusil et ils décident de se poster dans le grenier de l'école La Plaine. En retirant quelques tuiles, ils aperçoivent les Allemands qui se regroupent sur la rive nord du canal, à quelques centaines de mètres. Faute d'instruction militaire suffisante, ils ignorent que dans la bande dont ils disposent, toutes les trois ou quatre balles, se trouvent des traceuses, permettant de visualiser l'impact, mais aussi de trahir l'origine du tir. Le franc-tireur ajuste un ennemi et tira. Il est repéré à sa deuxième ou troisième balle, provoquant une vive riposte de l'ennemi qui réplique avec des armes automatiques. Elles font  voler en éclat les tuiles autour du poste de tir, contraignant les jeunes patriotes à une prompte retraite.

 

L'arrivée des Américains était pour tous les Ré­sistants locaux l'occasion attendue depuis leur  engagement dans la Résistance. Ils allaient enfin pouvoir passer à l'offensive. Le rapport le plus précis dont nous disposons est celui d'Al­bert Bénichou. Dès le 27 août, il participe au nettoyage de Sevran. Revenu sur Tremblay, il prend part à l'attaque de Villepinte le lendemain. Le 29, il reçoit la visite du gendarme Delpouve, venu soutenir le groupe du Bois-Saint­Denis. À 10 heures, il est au Clos Montceleux, aux côtés des troupes américaines qui préparent l'assaut du Château Bataille. Dans son rapport, Albert Bénichou signale qu'il a remis, le 28 août, au colonel Fague com­mandant le 3e bataillon du 22e régiment d'infan­terie de l'armée américaine, les deux parachutistes qu'il hébergeait. De tous les documents issus de la Résistance que nous avons pu consulter, ce rapport est le seul mentionnant l'unité qui a libéré Villepinte et Tremblay. C'est lui qui aiguilla nos recherches dans les archives des Etats-Unis. (7)

7– cette identification a été confirmée par la lecture de la plaque d’immatriculation de la Jeep photographiée au Vieux-Pays de Tremblay, le 29 août par Maurice Coustou. : 4.44F (4th Infantry Division, 44th Field artillery battalion)

 

Le groupe FTPF a également participé à la libéra­tion de Tremblay et Villepinte. Tous les Résis­tants locaux étaient particulièrement motivés par l'attaque du siège de la Kommandantur de la ré­gion, le Château Bataille à Villepinte. Le 28 août, Jean Blanchot participe à l'attaque de ce lieu symbolique. Avec ses camarades, il obtient la reddition d'un groupe de 17 Allemands. Il fait état de la méfiance que manifestent à leur égard les soldats américains. «  Les Américains c'est tout juste s'ils ne voulaient pas nous tirer dessus, il ne fallait pas qu'on touche aux Allemands qui étaient allongés par terre. On les avait fouillés, il ne fallait pas qu'on touche ». Le journal de marche du 22e confirme cette incompréhension. Le 28, à 18 h 20, le 2e bataillon demande deux camions pour évacuer cinquante prisonniers, précisant que l'on devait veiller sur eux avec une garde conséquente, «à cause des civils français ».

 

A 22 h 30, le 3e bataillon signale 75 prisonniers capturés par les Français libres dans la zone d'action de la compagnie G. Le document fait état de la crainte que ceux-ci ne soient «tués» par les FFI. On peut comprendre le souci d'une armée régulière de respecter les lois de la guerre et de faire le nécessaire pour interdire les représailles des civils, mais il est probable que leurs craintes aient été exagérées par une méfiance idéologique à l'égard des FTPF, à majorité communiste.

Tous ces prisonniers appartenaient au 103régiment de la 47e Division. Venus de Calais à bicyclette, ils croyaient que la route leur était ouverte jusqu'à Paris. Bloquée par la 2e DB au Bourget, cette division, sans  appuis suffisants, essaya de retarder la progression des alliés. Elle a été balayée en 48 heures par les coups conjugués de la 2e DB du général Leclerc et de la IVe DI du général Barton.

 

 

Combats du 8e  et du 12e régiments de la IVe DI, le 29 août (8)

8 - d’après Special Operation Report – Action North of Paris 4th Infantry Division, August 44, National Archives, 304.0.3.0.

 

La 4e DI fait une avancée d'environ 20 kilomètres, sur la ligne générale de Dam martin, avec un bataillon du 12e d'Infanterie plusieurs kilomètres au -delà du Plessis-Belleville.

Une nette résistance, à l'évidence une force ennemie restée en couverture, est rencontrée sur la ligne Tremblay-Iès-Gonesse/Mory.

 

Le 2e bataillon du 8e régiment, formé des compagnies E, F, G rencontre environ une compagnie d'Allemands enterrés derrière un mur de pierre, juste au sud de Mitry-Mory, à la ferme Prud'homme. Les compagnies sont successivement lancées à travers la ville et, à la conclusion du combat, elles ont infligé à l'ennemi la perte de 120 combattants: 50 tués et environ 70 prisonniers. (9)

 9 -d’après le rapport du commissaire de Police de Mitry, le nombre des pertes aurait été moins élevé, côté allemand. Il ne serait que de 15 tués. En revanche l’effectif des prisonniers s’élèverait à une bonne centaine. Nous remercions Jean Frappart de la Société d’Histoire des Amis du Passé de Mitry-Mory qui nous a communiqué le rapport du commissaire de Police.

 

Le 3e bataillon du 9RI a livré un combat contre une petite force ennemie à Mory.

Un escadron du 4e bataillon de Reconnaissance de la Cavalerie, envoyé en avant de Dammartin, sur l'objectif de la Division, se heurte à une force ennemie qu'il évalue dans son rapport à «environ un bataillon ». L'escadron fait  volte-face avec ses cinq autos-mitrailleuses M-8. Il s'établit sur une ligne et ouvre le feu sur les Allemands avec toutes ses armes. Il capture 70 hommes, le reste se replie.

Peu après que, l'escadron se soit retiré  les Allemands réoccupent le village. Une partie du 747e bataillon de chars est alors envoyée pour le reprendre, ce qui est exécuté sans combat sérieux. Les blindés occupent la place jusqu'à l'arrivée du 8e régiment d'Infanterie.

 

COMBATS DU 22e RÉGIMENT   DE LA IVe DI, LE 29 AOÛT (10)

10 – d’après 22nd Infantry regiment journal, august 29, National Archives, 307-INF(22)-0.1.

 

Le temps est nuageux et frais le 29 août. Des brumes obscurcissent à nouveau la visibilité à longue distance.

Les patrouilles de reconnaissance, pendant les premières heures du 29 août, rapportent une faible activité de l'ennemi et plusieurs pertes sont subies par la compagnie K, suite à des fusillades ennemies. Conformément à l'ordre de bataille n° 26 de l'état-major de la IVe Division d’ Infanterie, un ordre verbal d'attaque est diffusé à 5 h 30. Publié plusieurs heures plus tard, un ordre écrit, accompagné d'un graphique de progression, confirme les instructions reçues.

 

Le Groupement de Combat n° 22 attaque à l'aile gauche de la Division à 10 heures, avec le 2e et le 3e bataillon de front, le 2e bataillon sur la droite. Le 1er  bataillon, en réserve, doit aller en avant sur ordre. Un système d'objectifs intermédiaires est institué, pour ménager une progression en échiquier. Le 2e bataillon ne doit pas avancer au-delà de son premier objectif, avant que le 3e bataillon n'ait atteint son second. L'attaque se termine à l' heure prévue et le 3e bataillon prend Villepinte sous une faible résistance, à 11 heures. Le 2e bataillon essuie des tirs de mortiers lourds et des salves d'artillerie, mais il continue l'avance et s'empare de son 1er objectif peu après.

 

A 13 heures, une avant-garde de 25 chars pas­se à l'attaque, sur la route de Villepinte à Tremblay, le long du Sausset. Le 3e bataillon poursuit l'attaque à 13 h 50. Une de ses compagnies essuie des tirs d'armes légères sur son second objectif, Tremblay-lès-Gonesse. Elle doit être assistée des blindés du 70e bataillon de chars qui  ont  débordé le village sur la gauche. Le Vieux-Pays est finalement dégagé de l'opposition de l'ennemi à 15 h 25. Cependant, à 14 heures, le reste du 3e bataillon, outrepassant la résistance rencontrée à Tremblay-lès-Gonesse, poursuit sa route vers Le Mesnil-Amelot, son objectif final.

 

A 13 h 55, le 2e bataillon reçoit l'ordre de poursuivre son avance et le 1er bataillon de s'établir en avant de Villepinte. Le 2e bataillon atteint son objectif final à 16 h 05, après avoir reçu quelques tirs de harcèlement supplémentaires.

Le 3e bataillon poursuivait son attaque. Rencontrant une résistance modérée il est bloqué,  provisoirement, environ 1 000 mètres en deçà de son objectif final, par des tirs de mitrailleuses lourdes. Cet objectif final, attaqué par deux compagnies de front, est enlevé à 20 h 45.

22nd Infantry regiment journal, august 29, National Archives, 307-INF(22)-0.1.

 

Nettoyage de Tremblay. Avons déjà envoyé 50 prisonniers à l'arrière et nous en aurons environ 60 de plus quand nous aurons récupéré les blessés. Le 2ème bataillon signale que les Fritz venant vers eux, avec des drapeaux blancs flottants, ont marché juste sous le feu de notre artillerie.

Déménager le poste d'observation - aller à Tremblay - Etablir le poste d'observation dans le clocher de l'église.

Les compagnies A et B du 70ème bataillon de chars sont sur leur objectif. La compagnie B a quelques prisonniers à 184573, la compagnie C des chars est avec la compagnie I.

184573 = coordonnées Lambert d'un point situé à 500 mètres  au sud de Roissy

Se référer à l'information ci-dessus.

Deux tanks sont ramenés à 185588 (au nord de Roissy-en-France) - un est détruit - Dans la ville de Louvres, il y a trois chars ennemis et un nombre indéterminé de fantassins.

 

Après que le 3e bataillon ait nettoyé le Nord, le 2e se glisse de côté vers l'Ouest et met en sécurité les collines situées à un peu moins de 2 km, au Nord de Tremblay-lès-Gonesse, prenant la relève des éléments  du 70e bataillon de chars. Le 1er bataillon fait mouvement vers le Vieux-­Pays de Tremblay qui est nettoyé des traînards. Un groupe d'une quinzaine d'hommes, qui s'étaient dissimulés au Petit-Tremblay, sont débusqués sous le pont. Trois autres, dont un officier, grimpés sur des arbres dans le Parc du château Bleu, où ils espéraient attendre la nuit,  sont  trahis par des craquements de branches et découverts. À 14 h 23, le nombre des prisonniers s'élève à 50, auxquels vont s'ajouter 60 autres, des blessés qui n'ont pas encore pu être évacués.

 

A 17 h 20 le PC du 3e bataillon est installé au Grand Tremblay et le colonel Lanham place le  poste d'observation du régiment dans le clocher de l'église Saint-Médard, dont la tour était déjà été utilisée par les Saxons en octobre 1870, lorsque le prince de Saxe avait installé son quartier général rue de Roissy.

Au cours des combats de la journée, le 44e bataillon d'Artillerie de campagne a été en soutien général du Groupement de Combat. La compagnie B du 81e bataillon chimique a été placée en soutien général du Groupement de Combat. La compagnie C du 4e bataillon de Santé, la compagnie C du 893e bataillon de chasseurs de chars étaient également en soutien. Un peloton de cette dernière a été rattaché au 2e bataillon, le reste de la compagnie, au 3e. Ils ont appuyé l'avance du Groupement de Combat par les coups directs de leurs armes.

L’état-major évalue la journée comme excellente. Selon lui, la progression réalisée contribue à rehausser le moral des hommes. La Résistance, qualifiée de légère ou modérée, a permis d'accoutumer au combat, sans pertes excessives, les nouvelles recrues.

 

Les objectifs du Groupement de Combat 22 sont remplis conformément aux ordres reçus et le flanc gauche de la division assuré. Plusieurs centaines de prisonniers ont été capturés, lors de l’avance qui représente approximativement 8 kilomètres.

 



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