Ciao Italia, groupe de travail de la SEHT

                                Ciao Italia ! 

Un siècle d’histoire et de culture italiennes en France 1860-1960

                               Le groupe de travail de la SEHT

 

Le Musée national de l’histoire de l’Immigration a  présenté une exposition sur  l’Immigration Italienne. Il a souhaité présenter un focus sur le département de la Seine-Saint-Denis, sur la base du recensement de 1931. Avec le relai des Archives départementales, il a sollicité le concours des villes et des sociétés d’histoire du département. La SEHT a décidé d’apporter ses capacités de recherche à cette initiative et a constitué un groupe de travail composé de Maurice BRUNI, Maud COTREL, Thierry GOdIn, Maurice DEGRANDI Louis trItZ et Hervé REVEL.

Chacun a pu participer à ce groupe selon ses disponibilités. Le plus assidu a été notre ami Louis TRITZ, qui a livré ses conclusions dans le bulletin n° 40.

 

 

Pour ce travail, les archives municipales ont fourni une copie numérique du recensement. Un examen critique du document nous a rapidement conduits à l’écarter. Nous ne citerons qu’un exemple des aberrations que nous avons relevées : la population du vieux-Pays, dans sa presque totalité, est localisée dans une rue de Paris qui n’a jamais existé et les professions de ses habitants ne sont pas mentionnées. Nous nous sommes donc tournés vers les documents papiers. Deux exemplaires papier du recensement sont à la disposition des chercheurs. L’un est conservé aux archives municipales, l’autre aux archives départementales. Nous nous sommes aperçus assez rapidement que la copie conservée aux archives municipales était incomplète. Nous sommes donc revenus vers la copie conservée aux archives départementales, c’est-à-dire le document transmis en 1931 par la maire de Tremblay-Lès-Gonesse au préfet de Seine-et-Oise.

 

L’intérêt du recensement réside bien sûr dans les données démographiques, mais aussi socio-économiques. Pour l’agglomération historique, l’une des découvertes tout à fait inattendue du document, a été la présence d’une société la Perle de Venise, installée rue de la Boulangerie*, en face de la Mairie. Son personnel, originaire de Murano et Venise, se compose de souffleurs de verre et d’une enfileuse de perles. Ces données n’apparaissent pas dans le document des archives municipales qui n’est que le brouillon incomplet de la copie remise au préfet. Louis trItZ et Hervé REVEL ont collationné les données relevées à Tremblay, avec celles du document de Bobigny, Certaines rues, qualifiées de Petites Italies par le musée national de l’histoire de l’Immigration comptent des regroupements d’Italiens atteignant plus de 10 % de leurs habitants. Dans le lotissement du Bois-Saint-Denis, l’avenue du Commerce compte 13 Italiens pour 57 habitants, soit 22,80% de ses résidents, l’avenue Parmentier 5 Italiens pour 36 habitants, soit 13,88 % de ses résidents. Dans le lotissement des Cottages du Vert-Galant, la Neuvième avenue compte 10 Italiens pour 54 habitants, soit 18,51 % de ses résidents ; la Onzième avenue, 4 Italiens pour 27 habitants, soit 18,51 % de ses résidents.

* Dénommée rue de la Boulangerie, en 1931, cette voie est l'actelle rue de  la Mairie au Vieux-Pays de Tremblay-en-France

 

Dans le lotissement du Vert-Galant, la rue ALBErt 1er, actuelle avenue Albert SArrAut, pour 84 habitants compte 18 Italiens soit 21,42 % de ses résidents. La rue des Alpes pour 31 habitants, 16 Italiens soit 51,61 % de ses résidents. La rue d’Alsace 31 Italiens pour 214 habitants, soit 14,01 % d’entre eux. La rue d’Artois 11 Italiens pour 87 habitants, soit 12,64 %. La rue de Béarn 25 Italiens, pour 102 habitants, soit 23,52 %. L’avenue PASCAL 16 Italiens pour 52 habitants, soit 30,76 %. L’avenue PAStEur 8 Italiens pour 79 habitants, soit 10,12 %. La rue de Savoie 12 Italiens pour 32 habitants, soit 37,50 %. La rue de Toulouse 11 Italiens pour 47 habitants, soit 23,40 %. L’avenue de Villeparisis, actuelle rue Pierre CoLonGo, 17 Italiens pour 109 habitants, soit 15,59 %. L’avenue du Vert-Galant, actuelle rue Roger SALEnGro, 21 Italiens pour 164 habitants, soit 12,80 % des résidents.

 

Le phénomène des Petites Italies n’est pas très significatif sur les lotissements du Bois-Saint-Denis et des Cottages du Vert-Galant, car il porte là sur des effectifs relativement faibles. Il est plus parlant sur le quartier du vert-Galant qui regroupe la majeure partie des Italiens de Tremblay. Il se manifeste aussi sur l’agglomération historique qui ne compte pas de rue dans laquelle les Italiens représenteraient plus de 10 % des résidents. En revanche, il convient de remarquer que les Italiens de ce quartier, constituent un groupe d’une forte homogénéité, tous nés à Murano ou Venise, tous employés dans la même entreprise, la Perle de Venise. La moitié d’entre eux habite rue du Puits Hazard, où réside le chef d’entreprise, M. Vittorio MorEttI. L’autre moitié habite rue de la Boulangerie, rue dans laquelle se trouve leur entreprise, connue localement à cette époque comme la Perlerie. Si l’agglomération historique est le quartier proportionnellement habité par le moins d’Italiens, c’est aussi celui qui compte le plus d’étrangers : 147 sur 891 habitants soit 16,49% de la population. La plupart de ces étrangers sont de nationalité polonaise, ils sont employés dans l’agriculture.

 

Rappelons, qu’avec une superficie de 2 244 hectares, Tremblay est la commune la plus étendue du département. Dans l’ancienne Seine-et-Oise, seule la commune de Versailles dépassait cette superficie. En 1931, la partie de la commune en voie d’urbanisation représente à peine un petit tiers de sa superficie, l’activité principale est bien entendu l’agriculture. Si celle-ci emploie beaucoup d’étrangers, elle ne compte aucun Italien parmi ses salariés.



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