Les thermes de la villa du Nouret
LES THERMES DE LA VILLA DU NOURET
D’après le document final de synthèsede la fouille de 1991
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Le site du Nouret, repéré par les prospections de surface de l’Association Jeunesse Préhistorique et Géologique du Pays de France (JPGF) est localisé à la limite sud des pistes de l’aéroport Charles de Gaulle, en bordure de l’ancien chemin antique reliant Tremblay à Dammartin en Goële. Sa superficie est d’environ 6 ha, emprise nettement supérieure à celle habituellement observée en Ile-de-France pour la période gallo-romaine. Le tracé définitif du TGV prend en enfilade la partie résidentielle de la villa, sur une superficie de 130 mètres de longueur par 60 mètres de largeur. Le site a été sondé avant l’engagement des travaux de réalisation du TGV Nord, dès 1989. Le trajet de la ligne ayant été ensuite modifié pour des raisons techniques, ces sondages se sont trouvés hors l’emprise, mais leur localisation chanceuse a apporté des informations qui auraient échappé sans cela.
L’estimation du complexe thermal peut être datée postérieurement à 125 après J.C.. Son abandon date probablement du dernier quart du IIIème siècle, comme l’indiquent quatre monnaies retrouvées dans le caniveau.
Le plan des bâtiments est organisé suivant deux ailes, l’une au nord, l’autre au sud, reliées par des bâtiments orientés nord-sud. La partie résidentielle du site se situe à l’est de l’emprise et n’a pas été fouillée. Le bâtiment thermal occupe approximativement la partie centrale de l’espace décapé au cours de la fouille, à environ 5 m de la limite orientale de l’emprise TGV. Système de chauffage des thermesLe complexe thermal du Nouret possédait un système de chauffage par le sol, dit sur hypocauste. L’air chaud produit par un foyer extérieur, praefurnium est envoyé sous un sol suspendu suspensura reposant sur des colonnettes en briques, les pilettes. L’air chargé de gaz et de fumées circule dans le vide ménagé sous la pièce et remonte le long des murs à l’intérieur de doubles cloisons montées avec des briques creuses de section rectangulaire, les tubuli, chauffant ainsi tout le volume de la salle. Quelques cheminées aménagées dans la partie haute des murs, assurent le tirage du système. Les foyers sont aménagés dans des pièces de service excavées. Le canal de chauffe est constitué d’un conduit voûté communiquant avec les hypocaustes où le feu est entretenu. L’eau, captée plusieurs kilomètres au nord par un aqueduc, est distribuée par des canalisations aux diverses parties de l’édifice. Un réseau d’évacuation achemine les eaux usées vers un puisard.
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![]() Campagne de fouilles de 1991, vue de l’ensemble thermal du Nouret, Cliché Jean Crapart.. |
Cliché Jean Crapart.. |
![]() Campagne de fouilles de 1991, pilettes de l’hypocauste du caldarium, Cliché Jean Crapart.. |
![]() Campagne de fouilles de 1991, hypocauste du caldarium, vu depuis le laconicum. À gauche du cliché Tubuli sur le mur du fond. Cliché Jean Crapart.. |
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Campagne de fouilles de 1991 : l’aqueduc. L’eau, captée plusieurs kilomètres au nord est distribuée par des canalisations aux diverses parties des thermes. Cliché Jean Crapart. |
Architecture et ornementationUn plan méthodique, déterminé par la fonction thermale, a régi l’implantation des salles, au cours d’une seule phase de construction. Les salles de chauffe et le système de chauffage par le sol ont été réalisés en excavation, alors que les pièces froides ont été construites au niveau du sol. L’ensemble dessine un plan rectangulaire de 15.40 m par 9.80 m, soit une superficie de 150,92 m2, avec une adjonction de 5.10 m par 2.40 m (ST 34) sur la façade orientale. Les élévations conservées atteignent 1.70 m pour le niveau de service de la salle de chauffe, dont 0.50 m au-dessus du sol de circulation du caldarium. (ST 30). L’extérieur du complexe thermal a été recouvert d’un enduit hydrofuge. La fouille des caniveaux a permis de recueillir quelques fragments de verre à vitre. Une base de chapiteau d’ordre toscan et six fûts de colonnes retrouvés dans le remblai de destruction des thermes, en face du mur ouest, témoignent de l’ornementation architecturale de l’édifice. Technique de constructionConstituée de moellons calcaires calibrés liés au mortier de chaux avec des joints tirés au fer, la maçonnerie des thermes du Nouret est d’une construction homogène. Un mortier hydrofuge assure les finitions intérieure et extérieure. Au niveau des pièces chaudes un chaînage formé de trois rangs de briques forme un redent intérieur sur lequel reposent les suspensurae. Les angles du bâtiment et les ouvertures sont appareillés en carreaux brossés de pierres calcaires tendres. Agencement
Le schéma d’organisation classique des thermes suit un parcours qui fait transiter l’utilisateur d’une pièce froide pourvue de piscines et de baignoires, le frigidarium, à une pièce tiède sans eau, le tepidarium, puis à une pièce chaude avec des bassins et des baignoires, le caldarium. Selon l’importance des thermes viennent s’y adjoindre le vestiaire, l’étuve sèche, l’étuve humide, les salles destinées à l’onction du corps et à son décrassage, la piscine extérieure, la cour réservée au sport.
L’ensemble du complexe thermal comprend :
Ces trois pièces occupent la moitié sud de la surface des trois thermes.
Un couloir dessert toutes ces pièces.
La fonction de la petite pièce ST 34, accolée à la façade orientale, n’a pu être précisée.
Les salles froides :
Les salles chaudes :
Dispositifs annexes producteurs de chaleur : Au sud la ST 39 occupe toute la largeur de l’établissement thermal. La surface utile est de 18.70 m2 (8,50 m x 2,20 m). Cette aire de service permet l’alimentation de 2 foyers. L’un, sans aménagement particulier, communique avec le caldarium, l’autre, doté de murets latéraux, prolonge le tunnel de chauffe du laconicum. Les murs délimitant cet espace sont accolés au bâtiment thermal. Leur construction associe des moellons de calcaire, de gypse et des carreaux de plâtre. Dans l’angle formé par les murs 26 et 28 est localisé un puits dont la construction est liée aux thermes. Son utilisation comme citerne alimentée par les eaux de surface semble probable, sa fonction en liaison avec l’établissement thermal demeure assez hypothétique. ConclusionPar leur dimension, la qualité du bâti et la sophistication de leurs installations techniques, les thermes révélés par la fouille de 1991 permettent de qualifier la villa du Nouret de demeure de type aristocratique. La partie résidentielle de la villa n’a pas encore été fouillée. VocabulaireVocabulaire utilisé dans le DFS (document Final de synthèse) par les archéologues :
BibliographieBulletin de la Société d’Etudes Historiques de Tremblay année 2000, n°24, Hervé Revel, Les thermes de la villa du Nouret, d’après le document final de synthèse (D.F.S.) de la fouille de 1991. |
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