Les restaurations

1.Les travaux d'entretien menés avant le classement de l'édifice*

* léglise Saint-Médard a été classée monument historique le 13 avril 1939

a) Les travaux de 1818-1823

Les réparations les plus fréquentes apportées à l'église, après la reconstruction de l'avant-nef, de 1781, furent localisées au niveau du clocher, en raison de la conception de la tour, qui dans une délibération du conseil de Fabrique* de la paroisse, en date du 25 janvier 1812, est décrite comme ayant été construite "en bois latte crépi en plâtre imitant la pierre de taillé". Déjà, à cette date, plusieurs des pièces de bois qui soutenaient le dôme du clocher étaient signalées comme pourries.

* Sous l’ancien régime, la fabrique, au sein d’une communauté paroissiale catholique, désigne un ensemble de décideurs, clercs et laïcs nommés pour assurer la responsabilité de la collecte et l’administration des fonds et revenus nécessaires à la construction puis l’entretien des édifices religieux et du mobilier de la paroisse. Les membres du Conseil de fabrique sont donc des dministrateurs désignés plus spécifiquement sous le nom de marguilliers.


Au cours de l'opération, la charpente, la maçonnerie, les combles et la tour du clocher font été refaits, ainsi que la couverture de la nef et la façade dont l'entablement et le fronton ont été modifiés. C'est à cette époque qu'a été refait le tympan du fronton. Il a été orné d'un Christ en majesté. Sculptée dans une pierre de mauvaise qualité et exposée aux vents d'ouest, cette statue a subi les assauts de l'érosion. Elle est aujourd'hui illisibile. Il conviendrait sans doute de la déposer et de rétablir le fronton de Jacques Cellerier dans le dessin initial.

 

fronton de Saint-Médard mlodifie en 1822 et orné d'une sculpture illisible

 

b) Les travaux de 1854-1863

II a été décidé en 1854 de refaire les combles et le dôme de la tour, qui ont été alors remplacés par la lanterne que nous connaissons aujourd'hui. Minée par les eaux de pluie, la charpente d'origine, malgré les réparations de 1818, n'était pas assez solide pour supporter la surcharge que représentaient les nouveaux aménagements de la tour. Il a été nécessaire d'établir à l'intérieur une nouvelle charpente reposant sur de gros murs. Cette nouvelle charpente était reliée aux poteaux d'angle de l'ancienne tour par de fortes barres de fer. Les nouveaux combles et la lanterne furent établis sur elle. Le devis initial qui était de 3.822,54 F fut presque doublé, puisque le montant des travaux atteignit 6.122,19 F. Le solde des travaux fut pris sur les fonds libres de la commune et porté en recouvrement sur les chapitres additionnels de 1856.
Le 23 mai 1860, le détail des travaux restant à exécuter sont présentés au conseil municipal. Il reste à restaurer plusieurs contreforts, le fronton, les murs latéraux et une partie de la couverture. Le montant du devis s'élève à 10.000 F.

 

La tour du clocher est surmontée d'une lanterne, posée en 1854, cliché SEHT

c) Les travaux menés entre 1878 et 1881

En 1878 de nouveaux travaux d'entretien s'avèrent nécessaires. Les travaux de 1854 ont consolidé la tour du clocher, mais la lanterne mise en place à cette époque est jugée trop lourde.
Entre 1857 et 1862, le coût des travaux réalisés par la commune s'éleveà 19.508 F. Le conseil municipal a pris à sa charge la restauration et la consolidation des parties extérieures, tandis que la Fabrique dont le conseil comprend le maire et plusieurs conseillers municipaux, a pris à sa charge le coût des travaux intérieurs. Dans sa notice M. Turenne estime, en 1880, "l'ensemble des dépenses pour grosses réparations effectuées depuis une vingtaine d'années à l'église de Tremblay par la commune, par la fabrique et par les souscriptions particulières, s'élève à la somme de 49.508,76 F."

 

2. Les travaux de restauration menés depuis le classement de l'édifice


Le 6 septembre 1900, le conseil municipal décide à nouveau de consacrer 3.000 F à la réparation du clocher. Le 12 novembre 1903, un nouveau devis incluant la réparation du clocher et des combles, est accepté par le conseil. Il s'élève encore à la somme de 3.000 F


A la suite des lois de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État, l'église Saint-Médard entre dans le patrimoine communal et son entretien revient de plein droit à la charge de la commune, propriétaire. La couverture de l'édifice nécessite une réfection en 1922. Le conseil municipal demande une participation du conseil général, mais ne reçoit qu'un secours de 800 F, alloué sur les fonds des amendes de police correctionnelle, alors que le coût prévu des travaux s'élevait à 15.947 F.


La couverture es à nouveau refaite en 1931. Cette fois le montant des travaux s'éleva à 21.550 F et l'entrepreneur ayant quelque peine à se faire paye demande une intervention ministérielle pour hâter le paiement des sommes qui lui étaient dues.

 

Le 12 novembre 1923, le conseil municipal de Tremblay demande le classement de l'église Saint-Médard. La Commission des monuments historiques émet un avis favorable à cette demande, le 31 mars 1939. Le 12 avril 1939 le ministre de l'Éducation nationale, Jean Zay, arrête le classement de l'édifice, au titre des Monuments historiques, pour la partie construite au XVIème siècle. Cette décision engage l'État à participer à l'entretien de l'édifice.

 

La campagne de restauration de 1975-1976

Première tranche

En mai 1969, l'architecte des Bâtiments de France demande une revalorisation des crédits qui lui sont alloués pour l'entretien de l'église Saint-Médard. La restauration du choeur est entreprise. Le 8 décembre 1975, le certificat administratif de la conservation régionale des Bâtiments de France précise que la 1ère tranche des travaux est terminée. Son coût a été de 366.190,00 F

 

Deuxième tranche

Le 14 novembre 1975, une convention est passée entre la commune de Tremblay et la direction de l'Architecture au ministère des Affaires culturelles. Elle fixe le montant des travaux réalisés et à réaliser à 864.920 F, dont 78.000 F à la charge de la commune, 30.460 F du département, 324.000 F de la région, 432.460 F de l'État.


Lors des travaux, le piochement des enduits du clocher révèle le mauvais état des structures et diffère la réparation du clocher. Le 19 octobre 1976, une réunion entre les entreprises intéressées et les représentants de la municipalité aboutit à l'arrêt des travaux, pour raison de sécurité.


La réfection du clocher n'étant pas prévue dans le financement établi, le projet doit être repris dans son ensemble. La réfection de la charpente étant difficilement envisageable, il est décidé de la remplacer par une ossature en béton armé, coulée dans le logement des anciens poteaux de bois, solution qui devrait apporter une consolidation définitive.

 

La campagne de restauration de 1979


Afin de relancer l'opération, le conseil municipal de Tremblay demande la maîtrise de l'ouvrage. Désormais la ville de Tremblay dispose des moyens de suivre l'exécution des travaux. Les Bâtiments de France proposent deux devis :

  • un de 380.000 F concernant les travaux de consolidation du clocher et de remise en état des couvertures.
  • un de 300.000 F pour la restauration et consolidation du choeur.

La charge financière était répartie entre l'État, 40 %; la région, 20 % ; le département, 10 % et la commune, 30 %.
Le démarrage des travaux intervient à la fin du mois de mars 1979.

 

 

 

Restauration du clocher, 1979, cliché SEHT

 

La sacristier de Saint Médard, cliché mars 1978

 

La sacristier de Saint Médard, cliché mai 2011

 

 

TRAVAUX RÉALISES DE 1987 A 1997

 

La campagne de restauration de 1987

Ouvert en juin 1987, le chantier avait pour objet de consolider la voûte du XVIIIe, sous la maitrise d’œuvre de Pierre BONNARD, architecte en chef des Monuments Historiques. Le coût des travaux d’un montant de 400.000 Frs est supporté par la ville, avec une subvention d’Etat de 35 %, soit 145.000 Frs. Ils comportent la mise sur cintre de la voûte, un chaînage longitudinal au droit des piliers, la pose de pinces légères au-dessus de la voûte, et son recalage, avec remaillage et refigeage complet. Le tout complété de la pose d’agrafes métalliques, d’un voile léger de béton en extrados et la réfection des enduits.

 

Rapport concernant les désordres observés dans l’église et les remèdes à apporter.

En 1991 Jacques LAVEDAN, architecte en chef des Monuments historiques, rend un rapport complet sur les désordres observés dans 1’édifice.

Toitures : les tempêtes de 1989 et 1990 ont endommagé la toiture de la nef et des collatéraux.

La toiture de la sacristie a souffert des chutes de tuiles. On observait des fissures sur les murs, de bas en haut, principalement an sud. La collecte des eaux pluviales est inexistante tant pour la nef que les bas-côtés.

Maçonneries : les investigations menées sur l’édifice par l‘architecte révèlent 3 types de problèmes :

  • Des déversements des maçonneries, paraissant anciens.
  • Les puits réalisés sur le pourtour de l’édifice mettent en évidence une perte de cohésion de toutes les maçonneries, due à la dissolution des liants.
  • La médiocrité des fondations de la partie sud-sud-est de la sacristie.

Pour remédier à ces désordres, il est proposé de prendre point par point les mesures appropriées.

En avril 1991, l'architecte évalue la totalité du programme à un montant total H.T. de 5.095.470,00 Frs

 

Les tranches 1 et 2 de la mission Lavedan

Le programme des travaux découlant de l’étude préalable confiée a M. LAVEDAN, architecte en chef des Monuments Historiques, est établi en trois tranches.

 

Première  tranche

Réalisée en 1993, elle a concerne la couverture de la nef et la pose de pinces en béton sur les piliers Nord, des travées 5 à 9, afin de stabiliser l’ouvrage.

Le coût de 1’opération est estimé à 1.328.807,76 Francs, hors taxe, soit 1.575.966,00 Francs toutes taxes comprises. Calculées sur le montant hors taxe des travaux, la participation des partenaires financiers est respectivement de 35% pour l’Etat, 25% pour la Région, 10% pour le Département. La part de la Commune s’élève à 391.832,00 Francs

Suite au décès de Monsieur Lavedan, la mission de maitrise d’œuvre  a été confiée à M. MOUTON, architecte en chef des Monuments Historiques.

 

Deuxième  tranche

Elle prévoyait la réfection de la couverture des collatéraux. Les analyses opérées par M. MOUTON ont montré qu’il était urgent de mobiliser les crédits prévus pour continuer la consolidation de l’édifice, qui n‘était pas encore stabilisé.

Les crédits nécessaires ont été inscrits au budget primitif de l’exercice 1996 de la ville de Tremblay-en-France, pour un montant total des travaux de 1.950.000,00 Frs. Le plan de financement prévoyait la participation des partenaires financiers selon la répartition suivante :

615.000 Francs pour 1’Etat, 440.000 la Région, 175.000 le Département, 720.000 la Commune.

A ces sommes s’ajoutaient des reports de crédits des exercices précédents, pour un montant de 285.000 Francs, affectés pour l’essentiel aux frais d’étude.

 

Le 19 septembre 1996, sur proposition des Bâtiments de France, le Conseil Municipal décidait de repousser à une date ultérieure la réfection de la toiture du collatéral sud et de consacrer les crédits de la tranche 2 à la réfection de la couverture du collatéral nord et a la restauration des 5e et 6e travées, pour terminer la consolidation du chœur.

 

Troisième  tranche

La constitution des dossiers de consultation des Entreprises, pour les travaux de la 3ème  tranche est en cours, pour la partie de ce programme qui concerne les fondations.

Les vitraux étant dégradés, suite à des actes de vandalisme, une intervention de restauration et de protection s‘avère nécessaire. L’opération a bénéficie d’une subvention de 300.000 Francs d’Aéroports de Paris. Elle a débuté le 29 novembre 1997 par la dépose oui a nécessité deux mois de travaux. (Voir dossier vitraux).

 

Réfection de la voûte centrale, 5ème travée, octobre 1997. Cliché SEHT

 

 

Taille de pierre : réfection à l'identique d'un décor de clé pendante, octobre 1997, cliché SEHT



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