Exploitation de la ferme du Château, avant la mécanisation

Exploitation de la ferme du Château

avant  la mécanisation

La ferme du Château, anciennement siège de la Chatellenie de Tremblay comprend la Grage-aux-Dîmes en son sein.

 

Jusqu’aux années 1930 la ferme du Château a employé une main d’œuvre nombreuse avec des qualifications différentes allant des valets de ferme aux charretiers. Les productions céréalières en alternance avec les betteravières étaient l’une des plus importantes de la plaine de France. Cette activité ne se limitait  pas à la vente du blé en grain. Le commerce de la paille était particulièrement florissant. Les chargements des pailleux quittaient quotidiennement la ferme du Château pour  ravitailler les nombreux transporteurs de Paris qui utilisaient la traction animale. Monsieur Pierre Dubois nous confiait que, dans les années 1930, la vente de la paille sur Paris assurait à elle seule la paie de son nombreux personnel.

 

Cette activité des pailleux a eu même une incidence sur l’architecture de la ferme du Château. Jusqu’aux années 1930 on accédait à la ferme par une entrée charretière. La ferme avait encore la structure des fermes fortifiées, sans ouverture sur l’extérieur. Cette disposition gênait le travail des pailleux dont les énormes volumes de paille excédaient de très loin la taille de la porte charretière. On commençait donc le chargement à l’intérieur de la ferme, puis, lorsqu’il atteignait la hauteur de la porte charretière on était contraint de sortir les charrettes sur le place de l’église et de terminer de lla cargaison à l’extérieur. Cette main d’œuvre, essentiellement féminine, devait à bout de fourches, amener les bottes de pailles de la Grange-aux-Dîmes jusqu’aux charrettes.

 

Avant la mécanisation la présence des animaux de traits est massive. Les statistiques agricoles  recensent dans la commune, pour l’année 1904 : 156 chevaux 130 bœufs. Le personnel des grandes fermes compte toujours un forgeron, c’est le cas pour la ferme du château. Sur le côté nord de lka Grange-aux Dîmes on peut encore voir le travail qui était utilisé pour  ferrer les chevaux et les boeufs

 

Dans les années 1930 un incendie s’étant produit à l’entrée de la ferme du Château, Monsieur Pierre Dubois a modifié l’entrée de la ferme du Château en supprimant la porte charretière, ce qui a permis un gain de productivité considérable en permettant le chargement complet de charrettes devant la Grange-aux-Dîmes et en allégeant la pénibilité de la main d’œuvre féminine employée à cette tâche.

 

A droite de l'église Saint-Médard, la porte cochère, entrée de la ferme du Château

CPA édition Maison Lucas, 25/08/1906, cachet de la Poste, collection SEHT

À droite de l’église, on voit très bien l’exiguïté de l’entrée charretière de la ferme du Château. Mettant à profit un incendie qui avait frappé cette partie de la ferme, Monsieur Pierre Dubois a modifié l’entrée de la ferme accessible depuis par un large portail permettant le passage des charrois encombrants.

On remarque sur ce cliché la présence d’un tombereau rempli semble-t-il de betteraves. En 1904 on recense à Tremblay-lès-Gonesse 535 ha de blé, 27 ha de seigle, 326 d’avoine. En assolement avec les céréales 206 ha sont consacrés à la culture de la betterave à sucre, 176 à celle de la betterave de distillerie. La commune compte deux distilleries et Monsieur Pierre Dubois a été, plus tard à son époque, vice-président de la chambre des betteraviers.

 

Chargement de gerbes

 cliché pris devant la « Petite ferme », rue de Roissy, archives de la SEHT, fonds Pierre Camus

 

On voit sur ce cliché que la hauteur du chargement dépasse celle des portes cochères des fermes et nécessite des charrois à la fourche pour entrer ou sortir la paille ou les gerbes. Il en était ainsi des chargements des pailleux. Ce sont ces questions logistiques qui ont  modifié l’entrée de la ferme du Château.

 



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