LE REPLI DU 24e BCA, LES DÉGÂTS COLLATÉRAUX DE LA BATAILLE

LE REPLI DU 24e BCA, LES DÉGÂTS COLLATÉRAUX DE LA BATAILLE 

LE REPLI DU 24e BCA

 

Le 13 juin, en fin d'après-midi, le commandant VALO reçoit de la Division l'ordre de se replier sur la Marne. Au terme d'un conseil de bataillon restreint, il prend la décision d'exécuter l'ordre reçu, vers 21heures, sous la protection de la 1ère Compagnie qui couvrira la retraite du bataillon.

Le mouvement s'effectue par Montfermeil, Chelles, Gournay-sur-Marne, Neuilly-sur-Marne, Champigny-sur-Marne, Chennevières-sur-Marne et Ormesson.

LE CHEF DE BATAILLON VALO COMMANDANT LE 24e BCA, Archives de la SEHT

 

Carte du repli du bataillon, le 13 juin 1940, Mémorial du 24ème BCA-  Carte extraite du Mémorial du 24ème BCA, par un collectif d’officiers du 24ème BCA, 1941. Le repli du bataillon est couvert par la compagnie Gillot, restée sur les rives du canal, pour contenir les assauts de l'ennemi pendant la retraite du bataillon

 

Vers minuit, la 1ère  Compagnie réussit à décrocher de sa position, sans attirer l'attention de l'ennemi. Elle marche vers la Marne à la boussole, quitte Vaujours par la RN3, gagne Livry-Gargan,  Les Pavillons-sous-Bois où elle est arrêtée par une jeune femme, Madame AUBARD, alors que la compagnie allait se jeter sur un barrage allemand dont les mitrailleuses guettaient un mouvement éventuel de l'armée française.

Mme AUBARD rejoint les chasseurs, guide la compagnie par des voies détournées. Elle traverse Bondy, Villemomble, le plateau d'Avron où les hommes reçoivent chacun un demi-litre de lait dans une ferme connue de leur courageuse guide. Après la traversée de Neuilly-Plaisance, Nogent-sur-Marne, La Maltournée, le pont routier de Neuilly-sur-Marne est enfin atteint. Il est sous la garde de l'escadron DOUGE du 34e Groupement de Reconnaissance de la Division.

Pour son acte de courage, Madame AUBARD sera décorée de la médaille militaire avec palme.

 

 

Extrait du Journal de Marche et des Opérations du 24e BCA, nuit du 13 au 14 juin 1940, SHD 32N182, cliché SEHT. 

 

Après le passage de la compagnie GILLOT, le lieutenant CORBIÈRE, de l'état-major de la 29e Division, donne l'ordre de détruire le pont. Les artificiers du Génie l'exécutent à 7 heures 15.

L'ennemi est alors à 300 mètres. En 36 heures, la compagnie GILLOT a parcouru environ 75 km à pied et combattu pendant 10 heures. Réduite à 60 hommes, elle a perdu la moitié de son effectif.

 

LE PONT DE NEUILLY-SUR-MARNE, détruit le 14 juin 1940, à 7 h 15, après le passage de la 1ère compagnie du 24ème BCA. D’après un cliché de l’association François-Xavier Donzelot, Neuilly-sur-Marne, archives de la SEHT.

 

LES DÉGÂTS COLLATÉRAUX DE LA BATAILLE 

 

Pendant la bataille, l’armée allemande, positionnée sur la rive nord, dispose d’une puissance de feu très supérieure à celle de la 29ème  division française.

Elle pilonne, avec son artillerie, la rive sud du canal. À Sevran, elle touche un convoi de munitions, dont les wagons explosent, les uns après les autres, générant une barrière de feu qui bloque l’envahisseur. Au Vert-Galant, la canonnade provoque des dégâts humains et matériels.

FAÇADE DU CINÉMA DU VERT-GALANT, TOUCHÉE PAR UN OBUS DE 77 LE 13 JUIN 1940.

CPA, photo-édition, collection SEHT.

La partie correspondance de cette carte précise que l’endroit marqué d’une croix a été rasé, de la fenêtre à la petite marquise. CPA photo-édition, collection SEHT

 

Alfred, Victor LÉVY

La ville de Sevran est défendue par le 3ème  RIA et le 65ème  BCA. Si l’incendie du train de munitions touché par l’artillerie allemande reporte la bataille plus à l’est, vers Tremblay-lès-Gonesse et Villepinte, Sevran est également éprouvée par les combats et compte une victime civile, Monsieur Alfred, Victor LÉVY. Domicilié 20 rue des Ramiers, il était âgé de 71 ans.

 

Victime collatérale des combats, M. LÉVY a été mortellement blessé, place du marché. L’acte d’état-civil porte la mention « mort pour la France 

 

 

                                                     Marie ANDRIEU PERNOUD

Originaire de l’Aveyron, Madame PERNOUD, née ANDRIEU, âgée de 57 ans, habitait au n° 22 de l’avenue PASTEUR. Elle se trouvait dans sa cuisine, qui fut frappée de plein fouet par un obus. La victime fut décapitée par un éclat.

L’acte de décès, enregistré le lendemain à 15 heures, porte la signature d’un de ses voisins, futur résistant : Pierre COLONGO. Il est probable que les événements des sanglantes journées des 13 et 14 juin déterminèrent l’engagement dans la Résistance de Pierre COLONGO, qui fut tué les armes à la main, sur les berges du canal de l’Ourcq, le 27 août 1944.

 

 

                                                         Léopold COQUERELLE

Âgé de 65 ans, Monsieur COQUERELLE habitait le quartier du Bois-Saint- Denis, avenue MOZART. Comme Mme PERNOUD, il fut touché par un éclat d’obus, le 13 juin. Dans la confusion du moment, son décès ne fut pas enregistré. Il fallut un jugement du tribunal de Pontoise, en date du 18 juillet 1942, pour régulariser sa succession. L’acte de décès fut enregistré a posteriori avec, portée en marge, la mention « Mort pour la France », conformément aux attendus du jugement.

Léopold COQUERELLE, archives de la SEHT

 

 

COMBAT DE L'OURCQ - BIBLIOGRAPHIE DES JOURNÉES

DES 13 & 14 JUIN 1940

PUBLICATIONS

Antoine. André-Paul Mémorial de France, Exergue du Maréchal PÉtain – Faits d’armes de la guerre 1939-1940, Préface, de Tixier-Vignancour, Sequana éditeur, 1941.

- Burger Georges-Antoine, ancien otage civil Interné dans un camp en France, à 16 ans, Bulletin de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, n°16, année 1992.

de Foville Jean-Marc L’entrée des Allemands à Paris (14 juin 1940), Calmann-Lévy, 1965.

- Estève Jeanancien chasseur du 24ème BCA, Juin 1940 : témoignage Bulletin de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, n° 26, année 2002.

- Fond Marcel, ancien officier du 24ème B.C.A, Le 24ème bataillon de chasseurs alpins après le combat du canal de l’Ourcq, Bulletin de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, n° 24, année 2000.

- FOND Marcel, Récit de l’évasion du lieutenant FOND et du capitaine GILLOT. Bulletin n°40 de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, 2016.

- Guiffard Robert, Souvenirs d’un fils de fusillé, Bulletin de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, n° 24, année 2000.

- GILLOT Georges, Désiré Extrait du dossier individuel, consulté, à titre dérogatoire par H. Revel. Bulletin n°40 de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, 2016.

Giraud Henri La 29ème D.I. au feu, 1939-1940, Édition Marseille-Lecomte, 1941.

- Le Mémorial du 24ème BCA, par un collectif d’officiers du 24ème BCA, 1941.

Lottman Herbert R La chute de Paris – 14 juin 1940Firmin-Didot, 1992.

- Moreau Roger, ancien otage civil, Interné en France à 16 ans. Bulletin de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, n° 24, année 2000.

 - MULLER Marcel, Monsieur ZECHETTI, un héros tout simple. Bulletin de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, n° 24, année 2000.

- MULLER Mme Souvenirs d’une des petites filles de M. Léon EVAIN, otage fusillé le 14.06.1940. Bulletin de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, n° 24, année 2000.

- Œchmichen Hermann et Mann Martin Récit de la campagne de la 87e D.I. allemande, par, traduction de Marie-Jeanne et Louis Tritz, bulletin n° 16 de la SEHT, 1992.

- Revel Hervé, Crime de guerre sur les bords de l’Ourcq, Bulletin n°16 de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, 1992.

- Revel Hervé, De l’affrontement militaire de la ligne de défense de l’Ourcq au crime de guerre nazi du Vert-Galant, Journées du 13 & 14 juin 1940, Bulletin n°23 de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, 1999.

- REVEL Hervé, La banlieue Nord-est de Paris dans la Seconde Guerre mondiale, éditions Fiacre, 2012

- Revel Hervé, Juin 1940,  L’effroyable bilan des combats livrés au nord-est de Paris. Bulletin n°40 de la Société d’Études Historiques de Tremblay-en-France, 2016.

- SEHT Livret de présentation de l’exposition commémorative des 13 et 14 juin 1940, supplément au bulletin n° 23 de la SEHT, édité par la SEHT et la ville de Tremblay-en-France, dans le cadre du 60ème anniversaire des journées des 13 et 14 juin 1940.

Turpin Michel, Maloine Albert Le 24ème Bataillon de Chasseurs, Paris, Éditions Berger-Levrault, 1959.

- Verlot général Philippe, Première compagnie du 24ème bataillon de chasseurs à pied et alpins, combat de Vaujours sur l’Ourcq, Le Cor de Chasse, n°559 de novembre-décembre 1998.

ARCHIVES MILITAIRES : Service Historique de la Défense à Vincennes.

- Journal de marche et des opérations de la 29ème Division d’Infanterie, SHD32N182.

- Journal de marche et des opérations de la 47ème Division d’Infanterie, SHD32N232.

- Journal de marche et des opérations du 24ème BCA, SHD34N41

- Rapport du capitaine Gillot, SHD34N216.

- Journal de marche et des opérations du 3ème RIA, SHD34N41

- Journal de marche et des opérations du 65ème BCA, SHD34N224

 

ARCHIVES DÉPARTMENTALE DE SEINE-SAINT-DENIS.

- Rapport du commissaire de police de Tremblay-lès-Gonesse - dévolution 1886W135

 



Les réactions

Avatar Patrick

Merci pour ces éléments de l'histoire des chasseurs alpins. Mon père, Henri MICHEL? ayant fait ses trois ans de service militaire au 24 BCA de Villefranche sur mer début des années 1930, il a par la suite été mobilisé EN 1939 dans ce bataillon. Suite à un bombardement aérien, avec un groupe de chasseurs ils ont été séparés du gros de la troupe et ont biffurqué au sud. De se fait ils n'ont pas été capturés et démobilisés à Agen.

Le 27-01-2026 à 11:32:24

Réagir