Structure agraire de Tremblay-lès-Gonesse, en 1936

Structure agraire de Tremblay-lès-Gonesse, en 1936

 

Ayant appartenu à la puissante abbaye de Saint-Denis, du IXe siècle à la Révolution, Tremblay était la commune la plus étendue de l’ancienne Seine-et-Oise, après celle de Versailles. Son territoire représente une superficie de 2 244 hectares qui font d’elle la commune la plus étendue de l’est parisien. Selon les statistiques agricoles, 1 500 hectares de son terroir sont cultivés par des agriculteurs habitant le bourg, en 1936. Le reste de la superficie comprend principalement le territoire urbanisé et accessoirement les terres appartenant à des cultivateurs des communes voisines.

 

La majorité des fermes sont de grandes propriétés. Le nombre des petites exploitations est relativement réduit. Au total on en décompte en 1936, par ordre d’importance, deux fermes de 300 hectares, trois fermes de 200 hectares, une ferme de 150 hectares, une ferme de 80 hectares, une ferme de 25 hectares, une ferme de 15 hectares, deux fermes de 10 hectares.

 

Jusqu’au XVIIème siècle, les grandes fermes du village appartiennent à l’abbaye de Saint-Denis, seigneur de Tremblay. Un premier coup est porté, en 1675, à cette puissante institution, par Louis XIV, lorsqu’il supprime le titre d’abbé et partage ses biens entre les Bénédictins et les Dames de Saint-Cyr. C’est ensuite la Révolution qui dispersera ce patrimoine foncier, avec la nationalisation des biens du clergé et la confiscation  des propriétés du ci-devant roi. Le tableau des ventes de domaines nationaux effectuées dans le département de Seine-et-Oise en  exécution des lois antérieures à celle du 28 ventôse an IV, district de Gonesse, résume l’histoire de la structure foncière de Tremblay-lès-Gonesse et la physionomie qui est encore la sienne en 1936 (11).

11 - Archives des Yvelines Q35, Cf. évolution des patrimoines fonciers à Tremblay-en-France, de l’Ancien régime lendemain de la Révolution, bulletin n° 14 de la SEHT, 1990.

 

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La ferme de Mortières. Cliché J-J Moreau, Aéroports de Paris. Collection SEHT.

Située sur le terrain d’assiette de l’aéroport Charles-de-Gaulle, cette ferme a été détruite

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                                               La ferme du château cliché Combier « CIM » collection SEHT

Accolée Saint-Médard la ferme du château est l’ancien siège de la châtellenie de Tremblay. On reconnaît à droite de l’église la Grange-aux-Dîmes classée Monument Historique En 1936, la ferme appartient à M. Pierre Dubois

 

La ferme La ferme de Chalmassy cliché  J-J Moreau, Aéroports de Paris, collection SEHT.

La ferme de Chalmassy est vendue le 15 mai 1787, au roi Louis XVI par Archambault de Talleyrand-Périgord, et Henriette de Sénozan son épouse.  Mise aux enchères au titre des biens nationaux, le 25 mai 1791, elle est acquise par le banquier Guillaume Mallet.

 

La ferme de Conac, cliché J-J Moreau, Aéroports de Paris, collection SEHT

En 1936 la ferme de Conac, ancienne possession des Dames de Saint-Cyr, appartient à M. Pierre Cousin.

 

Le sol, au nord de la route des Petits-Ponts, est d’une très grande fertilité. Tout ce territoire est recouvert par une couche très épaisse de limon des plateaux, reposant sur des calcaires et marnes infra gypseux.

 

Avant la mécanisation, les travaux des champs nécessitaient un abondant cheptel. Les statistiques agricoles de 1904 dénombrent 156 chevaux, 130 boeufs, un âne, un taureau, vingt-cinq vaches. La situation a peu évolué au début des années 1930. Ce n’est qu’après la grève de 1936 que la    mécanisation réduira considérablement la taille du cheptel.

 

Le blé est la culture principale. Sa commercialisation ne se limite pas à la vente du produit en grain. La paille est également commercialisée. Quotidiennement, les pailleux amènent leur chargement en direction de la capitale et M. Pierre Dubois confiait à la SEHT qu’au début des années 1930, il couvrait la paye de son  personnel avec le produit de vente de la paille qu’il expédiait à Paris.

 

En 1936, après la culture du blé, vient celle de la betterave à sucre ou à alcool, suivant les exploitations, ensuite viennent l'avoine et la pomme de terre. La superficie dédiée à cette  plante sarclée augmente d’importance, depuis les grèves de 1932, au détriment de celle consacrée à la betterave. On cultive également de la luzerne et du sainfoin, destinés à être consommés à l'état de fourrage sec, mais qui sont en diminution notable depuis le début des années 1930, à cause de la vente de plus en plus difficile sur Paris.

Les fermes sont insérées dans le tissu bâti du bourg, à l’exception de Mortières, distante de deux  kilomètres.

 

La ferme Pelletier rue Louis Eschard, ancienne rue du Puits-Hazard cliché AD 93, 1971, archives de la SEHT.

 

Aujourd’hui détruite cette ancienne ferme  est occupée par un ensemble de logements.

 

 

La Petite Ferme, cliché Pierre Camus

 

Dépendance de la ferme Vaché. la Petite Ferme était située rue de Roissy, légèrement en retrait du n° 5. Pour l'anecdote nous signalons que  M. Pierre Camus a identifié sur ce clichéune équipe franco-polonaise  notamment composée de Valentine Anterak, Madeleine Kus Raphaël Camus, chef de culture, Casimir Kiriluk, Victor Dumesnil,Alexandre Potas, André Antérak, Joseph Kus. La composition de ce pannel atteste l'importance de la colonie polonaise dans la popiulaion des ouvriers agricoles de la commune.

 

Bibliographie :

fiche extraite de l'article de H. REVEL Mouvements sociaux dans l'agriculture sous le Front populaire : les grèves des ouvriers agricoles de Tremblay-lès-Gonesse, bulletin n° 43 de la SEHT, année 2019, pages 16 à 40.



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