bilan de 10 ans d'amitié triangulaire
Éditorial
CULTURES AFRICAINES
ET COOPÉRATION DÉCENTALISÉE
Le 26 juin, nous avons célébré le 10ème anniversaire du jumelage coopération avec Loropéni, Burkina-Faso. Ce lien avec la terre d’Afrique est une initiative que nous avons prise solidairement avec notre ville jumelle Marsciano.
Depuis 1982, nous multiplions les échanges avec nos amis italiens dans le domaine de la culture, du sport, de l’économie. Nous aurions pu nous contenter de cette réussite, mais nous n’avons pas voulu rester entre partenaires de pays développés. Certes ma crise mondiale génératrice d’exclusion et de fracture sociale frappe nos cités, mais nous savons qu’elle affecte beaucoup plus cruellement les pays du Tiers-monde. Nous avons donc choisi de nous tourner ensemble vers une ville d’Afrique, pour ajouter à nos relations une dimension de solidarité planétaire, en orientant notre action en faveur des plus démunis. Notons que cette démarche a le mérite de fixer les populations locales, en offrant des conditions de vie plus acceptables à ceux que la nécessité pousse vers les voies hasardeuses de l’émigration. Elle prépare l’avenir en faisant progressivement accéder au développement des régions défavorisées, qui peuvent devenir des partenaires commerciaux.
Dans un premier temps notre action a visé à l’amélioration des conditions de vie des habitants de Loropéni, en les aidant dans les domaines de l’éducation et de la santé. Après avoir soutenu cet effort sur 10 ans, nous entendons maintenant franchir un nouveau cap en abordant le domaine économique. Nous avons demandé à l’Association Française des Volontaires du Progrès d’élaborer un plan de développement du terroir de Loropéni. Le 26 juin, nous avons signé avec cette organisation une convention lui confiant la réalisation d’une première tranche expérimentale de ce projet. Nous poursuivrons ensuite cet engagement sur 5 ans si nous obtenons, comme prévu, l’aide du ministère de la Coopération et de la Communauté Européenne.
Pour fêter cet événement, nous avons reçu une délégation de 5 représentants du département de Loropéni, conduite par le Préfet-Maire. Une série de manifestations nous a donné un aperçu de la richesse des cultures africaines. Le ^programme comportait une conférence sur les musiques traditionnelles de cette région, la programmation de deux films de réalisateurs africains au cinéma Jacques Tati, la rencontre d’un conteur à la bibliothèque Boris VIAN.

François ASENSI, Député-maire,
Président du Comité de Jumelage.
LE BURKINA-FASO ET LA VILLE DE LOROPÉNI
Au sud du grand désert du Sahara, enclavé entre le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin, dans la boucle du grand fleuve Niger, mais loin de lui et de l’océan, on trouve le BURKINA-FASO dont la traduction veut dire : le pays des hommes intègres. Au temps de la colonisation ce pays s’appelait la Haute-Volta, mais les trois Volta, la Rouge, la Blanche, la Noire qui l’irriguent sont de bien maigres rivières et le nouveau nom de cet État lui convient mieux car les Burkinabè sont effectivement intègres, généreux, hospitaliers.
Et pourtant le pays est dur. Dix millions d’habitants pour 274 000 km2 (la moitié de la France), avec un PNB de 320 dollars par habitant, le Burkina-Faso est un des pays les plus défavorisés du monde.
Même si la croissance de l’économie (5,2% par an, sur la période 1995/1997) est supérieure à la croissance démographique (2,3%) et s’est traduite par une hausse du PIB (produit intérieur brut) par tête, celui-ci reste encore bas par rapport aux autres pays de la sous-région.
La pauvreté reste endémique : 44,5% des Burkinabè vivent en dessous du seuil national de pauvreté qui se situe à 41 099 F CFA (410,99 FF) par adulte et par an, 27,80% de la population vit même en dessous du seuil d’extrême pauvreté calculé à 32 000 F CFA (320 FF). L’incidence de cette pauvreté est plus prononcée en zone rurale comme Loropéni (56% environ) qu’en zone urbaine (11%).

La situation reste marquée par :
- Le faible niveau de développement du système éducatif et son accès limité (41% au primaire, 10% au secondaire, 1% au supérieur), en particulier aux filles ; 28% de la population est alphabétisée.
- La précarité de la santé de la population (faible couverture sanitaire, accès limité aux services de santé) et donc une faible espérance de vie (52 ans).
- La persistance des inégalités de statuts et la place insuffisante encore accordée aux femmes, malgré des progrès réels.
La population ne compte pas moins de 60 ethnies dont presque la moitié de Mossis. Mais tout ce monde fait bon ménage, dans un environnement difficile marqué par la pauvreté des ressources naturelles et par la menace permanente de la sécheresse.
L’activité est essentiellement agricole (plus de 80% de la population sans doute) : élevage dans la brousse arborée du Nord, cultures (mil, sorgho, coton) et cueillettes dans la savane du centre, cultures vivrières et plantations (canne à sucre) dans les espaces laissés libres par la forêt sèche au Sud.
L’année climatique comporte une longue saison sèche d’octobre à avril et une courte saison de pluies de mai à septembre. En saison sèche, la température sous abri dépasse régulièrement les 40°. C’est aussi la saison où souffle l’harmattan, vent d’Est porteur de sable et de poussière.
Comme partout sous les tropiques, la durée du jour est pratiquement égale toute l’année, de six à dix huit heures le soir.
Christian DARCEAUX
LOROPÉNI
Loropéni, est une ville du Sud-ouest du Burkina Faso à 40 km de la Côte d’Ivoire. C’est un chef-lieu de département d’environ 30 000 habitants, la ville elle-même de Loropéni compte 3 500 habitants.
Plusieurs ethnies s’y croisent. Les ethnies « Lobi », « Dioula » et « Gan » sont les plus représentées. Les structures administratives présentes sont les suivantes :
-Préfecture.
-Dispensaire.
-Commissariat.
-Service de l’élevage et de l’agriculture.
-Deux écoles et un CEG récemment équipé d’une électrification par panneaux solaires. Ces structures interviennent sur l’ensemble du département qui comprend également des centres de soins et des écoles primaires dans le plus gros villages.

La retenue d'eau de Loropéni
Le taux de scolarisation est encore inférieur à la moyenne nationale qui se situe aux environs de 40% avec un pourcentage de garçons supérieur à celui des filles.
Ville difficilement accessible jusqu’en 1993, elle connaît un nouvel essor depuis la réhabilitation de la piste joignant Banfora (153 km à l’ouest) à Gaoua (40 km à l’Est), piste qui sera probablement goudronnée en l’an 2000.
Ce désenclavement, lié à la création d’une retenue d’eau permet à Loropéni de développer des activités comme la maraîchage, la pêche, le tourisme déjà présent à Obiré, centre de la royauté « Gan ». L’accès plus facile à la Côte d’Ivoire peut en faire un centre touristique important.
Le lotissement de la ville est en cours, le téléphone est installé dans un certain nombre de structures administratives ainsi que chez des particuliers, des buvettes se créent, bientôt peut-être des auberges et hôtels, manquant encore dans la région, feront un développement de plus en plus important.
On peut espérer qu’avec la signature d’un plan de développement local, en partenariat avec l’association des Volontaires du Progrès (AFVP) et la coopération, des autres Organisations Non Gouvernementales (ONG) comme Plan International, présentes sur le terrain, le Comité de Jumelage de Tremblay-en-France pourra aider le département de Loropéni à exploiter au mieux ses potentialités.
Myriam et Pierre-Yves LIVOLANT
INVESTISSEMENTS ET AIDES APPORTÉES
À LOROPÉNI DE 1987 À 1999
AIDES DIVERSES
Achat d’un véhicule utilitaire pour le Comité de Jumelage et le centre de santé.
Aide à la création d’une coopérative pharmaceutique, achat sur place de médicaments (envoi depuis la France et transport personnel lors de séjours de travail à Loropéni).
Aide à la création d’une coopérative scolaire.
POUR UN MONTANT TOTAL
De 180 000 FF, répartis sur onze exercices budgétaires.

INVESTISSEMENT
1989 Construction de l’école de l’Amitié
Six classes et le mobilier
1991 études et projet de lotissement à Loropéni
1994 construction du collège d’enseignement général

1997 mise en conformité du CEG
Construction de 5 logements de fonction
1998 électrification du collège de Loropéni

1999 début du projet de développement local en association avec les Volontaires du Progrès
Coût des investissements répartis sur onze exercices budgétaires 1 274 000 FF, soit un total en aides et investissements de 1 450 000 FF.
Compris dans ce budget 189 000 FF de subventions de Cité-Unies France, ainsi que 12 000 FF de la CEE.
Jean-Paul Régnier, trésorier du Comité de jumelage
LA DÉLÉGATION DU 10ème ANNIVERSAIRE
Jeudi 16 juillet 1998, en présence de Monsieur Christophe DABIRÉ, Ministre de l’Éducation du Burkina-Faso, nous inaugurions le CEG de Loropéni, dans le cadre des cérémonies commémoratives du 10ème anniversaire de notre Jumelage-Coopération.
Nous avions dépêché pour la circonstance une délégation à laquelle participaient nos amis de Marsciano. Ils avaient désigné pour se joindre à nous Mesdames Nadia BRONZO, maire adjoint, Elisabetta CABORO, représentante du Comité de Jumelage. Nous avons été d’autant plus sensibles à leur présence que notre ville jumelle italienne est partenaire de note engagement dans la coopération. La charte d’amitié qui lie Marsciano et Tremblay au département de Loropéni a été signée, voici 10 ans, par les responsables de nos trois communes à cette époque : Luciano CAPUCCELLI, Joseph ZUNGRANA, Georges PRUDHOMME. La délégation de Tremblay comportait 15 personnes, dont un tiers de professeurs et d’étudiants de l’Institut Universitaire de Tremblay. Ils ont préparé ce voyage pendant un an, en rénovant des cyclomoteurs qu’ils ont offerts sur place au Centre de santé de Loropéni dont les infirmiers sont appelés à se déplacer sur l’ensemble des 62 villages qui composent le département.

Célébration à Loropéni du 10ème anniversaire du jumelage-coopération délégation de Tremblay-en-France
Les professions de santé étaient représentées par Annette CHENU, pharmacienne, Myriam LIVOLANT, infirmière. Elles ont préparé leur voyage avec le concours de l’association Tulipe qui a fait don de 600 kg de médicaments. Ils ont couvert les besoins des pharmacies villageoises. La présence d’une pharmacienne a permis de perfectionner les connaissances de l’équipe de santé locale, en matière de gestion de stock de médicaments. Mais les transferts de technologie n’ont pas été limités au secteur de santé. Ils ont également été opérés dans le domaine de la mécanique. La délégation comptant en ses rangs un ingénieur et l’équipe de l’IUT, tous les problèmes de maintenance des équipements des équipements locaux ont été passés en revue avec les utilisateurs.

Inuaguration du CEG de Loropéni
Monsieur Christophe Débiré ministre de l'Education Nationale du Burkina-Faso coupe le ruban
La délégation était complétée de membres du bureau du Comité de Jumelage. Leur présence a permis de tenir avec les autorités locales et la population des réunions de travail pour évaluer les besoins et préparer la mise en œuvre du plan de gestion des terroirs du département. Pour ma part je représentais le Député-maire au sein de la délégation, avec mission d’exprimer son amitié et celle de notre ville aux populations locales. Je sais gré à tous ceux qui étaient du voyage d’avoir contribué à sa réussite et de nous avoir appuyés de leurs compétences et de leur connaissance du terrain.
Hervé REVEL, maire adjoint,
Vice-président du Comité de Jumelage
COMMÉMORATION DU 10e
ANNIVERSAIRE DU JUMELAGE COOPÉRATION
LOROPÉNI-MARSCIANO-TREMBLAY-EN-FRANCE
COMPOSITION DE LA DÉLÉGATION DES VILLES
DE MARSCIANO ET TREMBLAY
JUILLET 1998
ÉLUS
BRONZO Nadia, Maire adjointe de Marsciano, Italie
REVEL Hervé, Maire adjoint de Tremblay-en-France
COMITÉ DE JUMELAGE DE MARSCIANO
CANORO Elisabetta, Membre du Comité de Jumelage de Marsciano, Italie
COMITÉ DE JUMELAGE DE TREMBLAY-EN-France,
ADREIT Véronique, Membre du Comité de Jumelage de Tremblay-en-France
CHENU Annette, Membre du Comité de Jumelage
DARCEAUX Christian, Membre du Conseil d’administration du Comité de Jumelage
DIADHIOU Laurence, Membre du Comité de Jumelage
LIVOLANT Myriam, Membre du Conseil d’administration du Comité de Jumelage
LIVOLANT Pierre-Yves, Membre du Conseil d’administration du Comité de Jumelage
MALAGANE Jean-Pierre, Secrétaire du Comité de Jumelage
RÉGNIER Dany, Membre du Conseil d’administration du Comité de Jumelage
ROBINEAU Hélène, Secrétaire adjointe du Comité de Jumelage
INSTITUT UNIVERSITAIRE DE TECHNOLOGIE DE TREMBLAY-EN-FRANCDE
BAUX Stéphanie, étudiante
LÉTENDATD Magali, Professeur
MACÉ Stéphane, Professeur
NOUMEN Robert, Professeur
MOKHTAR Baya, Étudiante

délégation des Comités de Jumelage de Tremblay-en-France et Marsciano
POUR CONTINUER UNE EXPÉRIENCE SOLIDAIRE
Les actions des communes de Marsciano et Tremblay, pour la coopération internationale, initiées dix années auparavant, ont donné des résultats satisfaisants.
Aujourd’hui, la nouvelle coopération décentralisée peut compter sur la participation active des entreprises locales et surtout sur la générosité et sur l’action de chaque citoyen, individuellement, ou réunis en organisations non gouvernementales.
Ceux-ci collaborent notamment aussi pour affirmer une coopération idéale et humaine avec les citoyens plus défavorisés qui valorise a posteriori l’effort accompli par nous.
Si nos réalisations et les aides apportées ne trouvaient pas cette chaleur et l’implication des habitants de Loropéni, tout effort resterait vain et insignifiant.
Désormais, nous sommes passés à la phase de la valorisation économique des interventions grâce aussi à l’engagement des entreprises locales qui trouvent de nouveaux stimulants productifs (panneaux solaires, moulin pour céréales, commerce de produits artisanaux) et intérêts directs.
Notre engagement local sert également à améliorer la culture de l’accueil, de la compréhension mutuelle, de la solidarité interculturelle pratiquée par nos jeunes.
Tout le travail entrepris jusqu’à maintenant, en particulier les projets que nous nous apprêtons à débuter à une valeur globale qui dépasse nos communautés et constitue une valeur universelle de démocratie et de solidarité.
Mario TIBERI
Maire de Marsciano


Traduction de la lettre de Mario TIBERI, maire de Marsciano
Ville de Marsciano, région de Pérouse
Le Maire
à Comité de Jumelage
M. Hervé REVEL
Vice-président
La municipalité de Marsciano a pris la décision de participer à convention confiant à l’AFVP la réalisation d’un programme de développement local du département de Loropéni, notre commun partenaire de jumelage.
Nous avons prévu une contribution annuelle de la commune de Marsciano de 5 millions de lires italiennes pour l’année 1999 et pour l’année 2000.
Vous nous ferez savoir, au moment opportun, les modalités de versement de ces montants.
Nous sommes d’accord pour signer la convention, mais nous ne pourrons pas être présent le 26 juin 1999, pour cause d’élections municipales.
Nous sommes nous-mêmes en train de préparer un projet de cultures de contre-saisons à Loropéni auquel nous serions également heureux de vous faire participer.
Pour le moment, je vous adresse toutes nos salutations et tous nos vœux pour la réussite du programme de développement local.
Fraternellement,
Mario Tiberi
DES CYCLOMOTEURS AUX MACHINES-OUTILS
L’équipe de l’IUT de Tremblay-en-France, ingénieurs, techniciens et anthropologues, est à l’œuvre pour équiper une entreprise coopérative Biurkinabé et permettre la production d’outillage sur place.
Des mobylettes pour le Burkina-Faso
La démarche globale de l’IUT vise à favoriser une appropriation locale des savoir-faire par les pays du Sud. Elle est en opposition avec les pseudo transferts de technologie dans lesquels la maîtrise de la production scientifique reste aux mains des pays du Nord. De toutes les façons, il s’agit d’un transfert sélectif, onéreux, insuffisant et en décalage avec les réalités sociales du Sud. C’est ainsi qu’outre les vélomoteurs (projet n° 1) l’IUT a l’ambition de favoriser la fabrication de pièces automobiles sur place et de l’élargir à tout le secteur industriel (projet n° 2).
Pour concrétiser cette démarche deux voyages ont été organisés en 1998.
Anthropologies Historique et Politique), composée de 7 personnes, a préparé et réalisé une mission au Burkina :
- Faouzia Belhachemi, Anthropologue, coordinatrice du projet.
- Stéphane Macé et Magali Létendart, Techniciens : responsables de la rénovation des vélomoteurs et finalisation du projet.
- Baya Aït Mokhtar, Chercheur en anthropologie des techniques : problématique de l’eau à travers les nouveaux rapports sociaux induits par l’installation des pompes.
- Stéphanie Baux, Étudiante : le peuple Lobi et ses artisanats.
- Lise-May Sery, Étudiante : les métiers de la vannerie.
- Robert Noumen (enseignant) : responsable technique du projet vélomoteur et chargé des relations avec le SIAO.
Ce 1er voyage s’est déroulé à l’ombre des festivités du 10ème anniversaire du jumelage entre les villes de Tremblay-en-France, Marsciano et Loropéni.
La délégation de l’IUT a participé a participé aux différentes manifestations et sa contribution à cette œuvre magnifique de partage et d’échange sincère a été la remise des cyclomoteurs (restaurés avec soin par les étudiants de Génie industriel et Maintenance en projets tutorés dans les ateliers de l’IUT), à l’équipe médicale du centre de santé de Loropéni.
Aux dernières nouvelles transmises par les membres du Comité de Jumelage en voyage au mois de février 2019 à Loropéni, les trois mobylettes de l’IUT sont en service, sans aucune défaillance depuis leur premier démarrage. Pour réaliser les campagnes de vaccination à partir des dispensaires annexes, les agents du centre de santé ont chargé madame Livolant de nous faire part de leurs besoins (les autres mobylettes sont actuellement en cours de rénovation à l’IUT).

Remise des cyclomoteurs au centre de santé de Loropéni, juillet 1998
En marge des cérémonies diverses, l’équipe de l’IUT s’est intéressée de manière concrète aux problèmes posés par le manque en équipement électrique et mécanique à Loropéni. Elle a également parcouru l’art Lobi comme étant un élément culturel permettant de comprendre la société. Enfin les problèmes de l’eau ont été examinés. Si autrefois les corvées d’eau étaient assignées aux femmes, la gestion des pompes, aujourd’hui, est exclusivement l’affaire des hommes, confrontés aux nombreux problèmes techniques.
Pendant ce séjour, Stéphane Macé a pu relever les demandes pressantes des jeunes de Loropéni en matière de formation technique. Une mission qui prévoit l’équipement d’un atelier et la formation de jeunes mécaniciens est en cours de préparation.
Le second voyage au SIAO sous la direction de P.Ph. REY avait pour but de faire la démonstration aux artisans que la technologie des pièces de rechanges était à leur portée aussi bien techniquement que financièrement. C’est ainsi que deux enseignants de l’IUT de Tremblay, Mohammed RADDADI et Robert NOUMEN, ont présenté un CD-ROM sur la rénovation d’un vieux tour classique acheté au kilo, en un tour à commande numérique destiné à fabriquer des pièces.
Durant ce grand rendez-vous de l’artisanat africain, le stand animé par les enseignants de l’IUT aussi membres du LAHP, a reçu la visite de plus de 150 artisans et membres des groupements coopératifs. De plus, pendant l’espace de temps du SIAO, ce stand a également fonctionné comme bureau de conseil. De nombreux artisans du nouvel espace arts et métiers sont venus faire part des difficultés techniques qu’ils rencontraient dans la construction de leurs machines artisanales, comme par exemple les presse-agrumes. Les questions posaient allaient du domaine de la géométrie descriptive (modelage de tôles) aux phénomènes d’arc-boutement. Il fallait expliquer aux artisans que les problèmes rencontrés étaient dus au manque de précision dans la réalisation des pièces.
Des machines-outils pour le Burkina-Faso
Entamée depuis 1994 la rénovation de machines-outils, fraiseuses et tours, sous la responsabilité scientifique de Monsieur Raddadi est en phase finale. À une première machine déjà opérationnelle depuis 36 mois s’ajoute une deuxième rénovation d’un tour Hernault. L’IUT, qui a participé au SIAO (Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou) en octobre 1998 a présenté ses réalisations aux entre^preneurs responsables du ministère de l’industrie et de l’artisanat. Une délégation conduite par son directeur P. Ph. Rey a mené des discussions avec les responsables du secteur coopératif de réparation automobile de l’Université de Ouagadougou représentée par Jean Bernard Ouedraogo. Il s’agissait de fixer les modalités de chacune des phases, du programme de recherche dans les domaines d’anthropologie des techniques, de l’économie et de rendre réalisable l’appropriation et la maîtrise des machines-outils à commande numérique par les artisans et de préparer la formation d’opérateurs (niveau 4), d’ingénieurs de la conception et de l’analyse (niveau 2). La précédente mission, effectuée au Burkina-Faso, en juillet août 1998 par une équipe (sciences de l’ingénieur et anthropologues) du LAHP, a permis de faire un état des lieux sur la question sur la maintenance à partir de la zone de Loropéni, Gaoua, Bobo-Dioulasso. Elle s’intégrait sur le programme sur les besoins en maintenance des Petites et Moyennes Entreprises. L’IUT projette donc maintenant d’entrer dans une phase d’application, c’est-à-dire de fournir aux entreprises artisanales du Burkina-Faso des fraiseuses et tours entièrement remis à neuf et équipés ou non de commandes numériques. Ces machines sont capables de réaliser des types de pièces simples ou complexes suivant la demande de Burkinabé.

Rénovation des tours, dans les ateliers de l'IUT de Tremblay-en-France
Les besoins sont multiples et concerne des domaines aussi variés que l’outillage, pièces détachées des secteurs vélomoteur, automobile et agricole. Les résultats des observations et enquêtes menées l’été dernier permettent de cerner les problèmes rencontrés, pour la réparation des pompes à eau, des moulins, des cyclomoteurs et des automobiles. Ces évaluations ont ainsi permis d’élaborer les actions du projet actuel de l’IUT qui s’étend désormais à l’ensemble du secteur de la mécanique artisanale. La jonction est désormais réalisée avec les artisans eux-mêmes, les pouvoirs publics et les institutions de coopération bilatérales et multilatérales.
Le LAHP Tremblay-en-France
RENCONTRE AVEC LES FEMMES DE LOROPÉNI
C’est à l’initiative de nos deux maies déléguées de la municipalité de Marsciano, Nadia BRONZO et Elisabetta CANORO qu’une réunion de femmes s’est tenue cette année à Loropéni à l’occasion de l’inauguration du CEG.
Ce jour-là, environ 80 femmes étaient venues à notre rencontre pour échanger, partager, pour mieux se connaître, mieux se comprendre. Elles étaient venues dans leur boubou aux couleurs vives (leurs habits de cérémonie). Plusieurs ethnies étaient représentées : Dioula, Lobi, Mossi, Gans, etc. avec chacune leur dialecte particulier. Le dialogue parut, un moment, difficile. Mais bien vite des interprètes se révèlent et les premiers échanges peuvent s’effectuer. Nous apprenons comment certaines ont créé des associations pour assurer leur autosuffisance alimentaire. Elles ont évoqué leurs soucis, leur labeur au quotidien.
- Longues marches épuisantes pour puiser l’eau d’un puits éloigné, pour certaines, de plusieurs kilomètres.
- Poids des lourds billots de bois qu’elles transportent en équilibre sur leur tête, un enfant enroulé sur le dos.

Elles nous disent leur révolte d’être les usagers d’une pompe à eau la plupart du temps adaptée à la force masculine et qu’elles voudraient pouvoir gérer elles-mêmes. Nous sentons chez ces femmes le désir de modifier le rapport entre les hommes et les femmes. D’ailleurs, au cours de ce voyage, nous avons pu mesurer à quel point les femmes occupent une place centrale dans la vie économique du Burkina-Faso. Elles assurent depuis des siècles les piliers de la production agricole. Elles sont le pivot de la famille. Il leur reste à gagner leur autonomie. En effet le taux de scolarisation des filles est largement inférieur à celui des garçons. Et lorsqu’elles ont la chance de fréquenter l’école elles la quittent très tôt pour se marier. La maladie, le manque d’hygiène, notamment lors des maternités successives, sont cause d’une mortalité plus importante chez les femmes que chez les hommes. Les moyens d’asepsie sont pratiquement inexistants et les ravages du SIDA sont effrayants. De plus en plus, les femmes au Burkina-Faso s’organisent et luttent contre l’excision (nous avons assisté dans les rues de Bobo à des manifestations cotre ces pratiques portant atteinte à l’intégrité de la femme, pratiques officiellement interdites mais qui ont toujours cours.

Planification familiale, sensibilisation conte la polygamie malheureusement encore nécessaire à l’économie familiale, prévention du SIDA. Les femmes au Burkina s’organisent et nul doute qu’elle feront germer avec plus de force les conditions de leur indépendance et ce, pour la survie du continent africain, pour peu que nous soyons ici, solidaires d'elles mêmes et de leur difficile combat.
Nelly Malagane et Hélène Robineau
Réception de la délégation de Tremblay par Alfred SANOU, maire de Bobo-Dioulassso
juillet 1998
.jpg)
Au terme de son séjour à Loropéni, la délégation du Comité de Jumelage de Tremblay-en-France a été reçue par Monsieur Alfred SANOU, maire de Bobo-Dioulasso.


