Charte des cités Unies du Monde

  LA CHARTE DES CITÉS UNIES DU MONDE  

 

PRINCIPES FONDAMENTAUX

Source : Extrait de la revue "Cités Unies" n° 115, organe de la Fédération Mondiale des Ville Jumelées-Cités Unies (FMVJ)

  

 

I - LA SOLIDARITÉ

 

Le fondement nécessaire de toute société qui rejette la contrainte est la solidarité. Seule elle peut créer le lien d’où naissent les droits individuels, au premier rang desquels la liberté ; seule, aussi elle engendre les devoirs, au premier rang desquels le respect d’autrui, qui permettent l’exercice légitime, mais non abusif, de ces droits.

 

Entre les collectivités humaines de la plus humble à la société planétaire, la solidarité est l’instrument de la garantie de la paix. Entre les générations, en fécondant l’héritage du passé par l’apport du présent pour le léguer à l’avenir, elle est le vecteur du progrès.

Tel est le principe universel sur lequel les Cités Unies du Monde déclarent fonder leur existence et régler leur action.

 

II - LA LIBERTÉ RESPONSABLE

 

La liberté ne s’octroie pas ; elle s’affirme par l’acte irremplaçable de chaque personne ou de chaque groupe, qui en assument les conséquences. Mais le maintien et la défense de la liberté sont le premier devoir d’une société solidaire ; celle-ci ne peut, sans se renier, porter ou laisser porter atteinte à l’intégrité physique, psychique ou morale de ses membres.

En conséquence les Cités Unies du Monde

  • condamnent tout traitement cruel ou avilissant infligé à une personne ou a un groupe social,
  • défendent :
  1. la liberté de conscience et d’opinion,
  2. la liberté d’expression,
  3. la liberté de diffuser et de recevoir l’information,
  4. la liberté de réunion,
  5. la liberté de circulation des personnes, des idées et des biens,
  6. la liberté d’association et l’extension de la vie associative sous ses formes locales, nationales et transnationales,

et réclament :

  • les dispositions juridiques économiques et matérielles propres à lever les obstacles qui s’opposent à l’exercice effectif de ces libertés,
  • en particulier un échelonnement des responsabilités depuis le hameau ou le comité de quartier jusqu’à l’organisation des Nations Unies, tel qu’à chaque échelon les véritables intéressés participent à l’élaboration et à la mise en œuvre des mesures qui les concernent.

 

III- LA NOUVELLE TOLÉRANCE

 

La tolérance, qui fut une victoire sur les préjugés et les dogmatismes, demeure la condition minimale pour le respect des droits et libertés de chaque individu ou groupement. Mais cet aspect un peu négatif doit être à son tour dépassé. La diversité des comportements ou des opinions n’est pas un moindre mal dont o s’accommode de plus ou moins bon gré ; c’est un bien dont il faut tirer parti, car il est le moteur biologique et sociologique de l’évolution et du progrès.

 

Se réclamant de cette tolérance positive, les Cités Unies du Monde

  • rejettent toute discrimination sur quelque critère qu’elle prétende se fonder : race âge, sexe, langue, nationalité, opinion politique, croyance religieuse, doctrine philosophique,
  • répudient toute propagande unilatérale, a fortiori toute mainmise idéologique sur l’éducation, qui tendraient à couler les esprits dans le moule stérilisant du totalitarisme ;
  • s’engagent à respecter, dans la structure de leurs comités locaux comme dans l’organisation  de rencontres à plus vaste échelle, cette diversité essentielle,
  • rappellent toutefois que la tolérance ne saurait être une prime offerte à l’intolérance, et que le droit à la différence ne peut servir de prétexte à de nouveaux antagonismes qui ruineraient la solidarité.

 

IV- LA COMMUNICATION

 

Étayé sur la liberté d’expression et sur le respect des partenaires, le dialogue peut s’engager à tous les niveaux, entre groupes sociaux à l’échelle locale, ente peuples et civilisations à l’échelle transnationale. Aucun thème n’est imposé, aucun n’est exclu. Les Cités Unies du Monde ne prétendent pas avoir une solution toute prête pour chacun des grands problèmes, mais déclarent que sans la recherche et la concertation des intéressés il n’y aura pas de solution qui vaille. Elles se veulent un forum ouvert à toutes les initiatives, en même temps qu’une force de proposition.

 

Elles rappellent d’ailleurs que dans ce domaine elles se sot déjà signalées dans le passé sur deux plans :

  • en généralisant les liens de jumelage entre villes de tous les continents et de tous les blocs, en favorisant un apprentissage de la vie transnationale par des contacts personnels qui ne se limitent pas aux autorité ou aux administrations, mais intéressent toutes les couches de la population (en premier lieu la jeunesse) et toutes les activités (culturelles, économiques, sportives, touristiques, etc.), elles se sont efforcées de développer, voire de créer le climat de confiance sans lequel nos sociétés risquent de ne pas survivre au siècle présent ;
  • en revendiquant le droit à une éducation bilingue qui, respectueuse de la langue maternelle, encourage la pratique précoce d’une langue de grande audience, en dehors de tout impérialisme économique ou culturel, elles se sont attaquées au problème majeur de la communication entre les individus ou collectivités et ont frayé la voie à des solutions concrètes.

 

Les Cités du Monde se déclarent résolues à poursuivre cet effort en vue d’assurer à chaque homme le plus démocratique de tous les droits : celui de parler  son semblable.

 

V - LA COOPÉRATION


Ayant fait à la arole sa juste part, les Cités Unies du Monde ont conscience que le véritable domaine de la solidarité est l’action. C’est dans l’acte de coopération qu’elles situent leur originalité et trouvent leur finalité.

  • À l’intérieur de la cité, les problèmes spécifiques à chaque groupe : jeunesse, condition féminine, troisième âge, travailleurs immigrés, etc., doivent pouvoir être discutés solidairement, sans a priori ni exclusive.
  • Entre cités, les échanges d’informations et d’expériences sur les problèmes techniques ou administratifs peuvent se faire efficacement,
    1. soit grâce aux jumelages déjà mentionnés, qui offrent un cadre bilatéral ou multilatéral, de grande valeur humaine,
    2. soit, pour les problèmes plus généraux, dans des colloques de coopération intercommunale comme ceux qui ont déjà été organisés sur des sujets variés.
  • Entre la ville et son environnement, l’équilibre et le courant d’échanges doivent être maintenus, revivifiés, parfois restaurés par une politique d’urbanisme à l’échelle humaine : les déracinements, les tensions psychiques et sociales qu’engendre la mégapole implantée au milieu d’un désert rural ont suffisamment montré leur nocivité pour qu’on ne les laisse pas s’aggraver.
  • Le même décalage, mais amplifié par la distance et l’évolution historique, se retrouve entre les pays à technologie avancée et ceux dont le développement a été retardé. Les conséquences, déjà dramatiques, tourneront rapidement à la catastrophe, et se ne sont pas les reproches mutuels qui les conjureront. Des moyens de lutte considérables doivent être mis en jeu ; encore faut-il
  1. que la coopération ne soit viciée dans son principe par aucune arrière-pensée concurrentielle (néo-colonialisme ou autre), ni, bien entendu, par aucun racisme latent, ou des formes déguisées d’exploitation,
  2. qu’elle touche vraiment ceux qui en ont besoin, sans être détournée au passage vers des objectifs moins nobles,
  3. qu’elle ne vise pas seulement à « donner le poisson, mais aussi la manière de pêcher le poisson »,
  4. que la planification, assurément nécessaire, des experts des Organisations intergouvernementales soit étayée par l’action démultipliée et personnalisée d’hommes de terrain, au contact direct de leurs partenaires et en collaboration confiante avec ceux-ci. 

Les Cités Unies du Monde ne prétendent aucun monopole en la matière, souhaitent au contraire que les initiatives d’origines diverses se conjuguent, tant les besoins sont énormes et variés. Mais elles ne peuvent non plus passer sous silence les efforts accomplis et les résultats obtenus, malgré la faiblesse des moyens dans le cadre des jumelages coopération, soit par l’envoi d’aides en nature ou en personnel, soit par l’accueil et la formation de stagiaires. Fortes de cette expérience, elles s’estiment en droit de rappeler  aux états-majors de la coopération qu’ils ont besoin d’une infanterie résolue et dévouée pour mener la bataille du développement, avec cet objectif qui échappe à toutes les statistiques : ennoblir ce qu’on donne par la façon de donner.

 

Les Cités Unies du Monde ne peuvent non plus être indifférentes à un domaine de coopération d’importance planétaire : la lutte contre les pollutions de toutes sortes et le gaspillage des ressources naturelles. La solidarité envers les contemporains suffirait à justifier qu’on se dresse contre de tels errements, la solidarité à l’égard des générations futures interdit plus impérieusement encore de souiller et dilapider le patrimoine des Terriens. Jeter l’anathème sur les progrès scientifiques et techniques serait une régression ; mais ils sont devenus trop puissants pour être employés sans discernement. Seule une opinion publique adulte et éclairée pourra en être la maîtresse et non l’esclave ou la victime.



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