Rapport du commissaire de Police de Tremblay-lès-Gonesse
14 JUIN 40 – RAPPORT DU COMMISSAIRE DE POLICE
DE TREMBLAY-LÈS-GONESSE, EN DATE DU 20 JUIN 1941
Archives départementales de Seine-Saint-Denis, dévolution 1886W135
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Feuille de tête du rapport du commissaire de police de Tremblay-lès-Gonesse
du 20 juin 1941 - Archives départmentales de Bobigny dévolution 1886W135
Transcription du document complet
Tremblay-lès-Gonesse, le 20 juin 1941
Préfecture de
Seine-et-Oise
Commissariat de la
Cion de Tremblay-lès-Gonesee
Le Commissaire de Police
à Monsieur le Sous-Préfet de PONTOISE
En exécution de vos instructions ci-jointes, en date du 21 mai 1941, j’ai l’honneur de vous adresser la procédure d’enquête à laquelle j’ai procédé au sujet des graves incidents survenus le 14 juin à Tremblay-lès-Gonesee et Villepinte.
Procédure comprenant 20 procès-verbaux séparés.
M. HERICOURT (P.V. n° 1) à l’époque Président de la Délégation Spéciale de Tremblay-lès-Gonesse, se trouvait à la Mairie, soit à 7 km du lieu où se sont passés ces graves incidents et il n’en a été informé que quelques jours plus tard.
M. AUGEREAU (P.V. n° 2) n’a pas quitté son habitation, du 14 juin à 3 heures au 15 juin, il ne peut, par suite, fournir aucun renseignement utile.
De l’ensemble de la procédure, il résulte que des militaires français, du 24e Bataillon de Chasseurs Alpins, ont pris position, le 13 juin 1940, à la fin de la matinée, dans le Bois Saint-Denis, le long de la voie ferrée et sur les bords du canal de l’Ourcq.
Les premiers coups de feu furent tirés entre 13 heures 30 (déclaration de M. SAVART – P.V n° 3 et de Mme PAU – P.V n° 4) et 16 h 30 déclaration de M. CHIVE – P.V n° 17.)
Les premières victimes furent Mme SAVART, tuée et M. SAVART, blessé (déclaration de M. SAVART – P.V n° 3 et de Mme PAU – P.V n° 4), le 13 juin, vers 18 heures. Ces civils se trouvaient avec un militaire français et s’éloignaient sur l’ordre d’un Officier allemand lorsque le feu d’une mitrailleuse fut dirigé sur eux.
M. DESSAIN fut la 3ème victime, il fut fusillé par des militaires allemands alors qu’il se trouvait dans sa propriété (déclaration de Mme ACHARD - P.V n° 5).
Le 14 juin, entre 5 H. 30 et 8 heures, un certain nombre de civils furent appréhendés, soit au café ZACCHETTI*, soit sur la voie publique, soit à leur domicile, par des militaires allemands. Une partie de ces civils furent fusillés quelques instants plus tard, dans le Bois Saint-Denis.
L’une des victimes, blessée au ventre, le sieur ZACCHETTI * a pu regagner son domicile. Il précise, (P.V n° 6) les conditions dans lesquelles il a été appréhendé, avec cinq autres civils et comment quatre d’entre eux ont trouvé la mort en sa présence.
M. GUENET (P.V n° 7 et Mme GYE (P.V n° 8) furent arrêtés en même temps que l’une des victimes M. GUIFFARD et conduits dans le Bois Saint-Denis. Mme GYE assista à l’arrivée des frères ROCHE et d’un autre civil qu’elle ne connaît pas. Ces civils furent fusillés quelques instants plus tard.
En procédant à l’inhumation des cadavres M. GUENET reconnut dans l’un d’eux le corps de M. GUIFFARD.
M. ROBERT (P.V n° 19) affirme que les militaires allemands qui se trouvaient au Vert-Galant appartenaient à la 718ème division de l’armée allemande.
Mme GUIFFARD (P.V. n° 2) (1) déclare que l’un des officiers qui ont dirigé les exécutions des civils lui a dit : « deux des nôtres ont été tués par des civils, un officier et un sous-officier, pour un militaire allemand, nous tuons dix civils ».
Le corps de M. COQUERELLE a été découvert, le 15 juin 1940, dans le Bois Saint-Denis (déclaration de M. SEGURET – PV n° 21) à trois cents mètres du lieu où ont été faites les exécutions.
En résumé, aux 17 victimes qui figurent sur la liste ci-jointe, il convient de rajouter Mme SAVART * , tuée et M. SAVART, blessé.
Le Commissaire de Police
Signé : illisible
Notes
1. Le n° de référence du PV de l’audition de Mme Guiffard semble erroné
2. Orthographe erronée de M. Albert Zechetti, de M. et Mme SAVAR

