L'église Saint-Médard du XVIème siècle à nos jours
L’église Saint-Médard du XVIème siècle à nos jours.
Une vue aérienne de l'édifice permet de distinguer deux parties :
- construites au XVIIIème siècle, les trois premières travées de la partie occidentale sont couverts d'un même toit à deux pans qui abrite le vaisseau central et les bas-côtés,
- construites au XVIème siècle, les cinq dernières travées de la partie orientale et l'abside sont couvertes d'un toit à deux pans qui abrite le vaisseau central.
A la différence de ceux de l'avant nef, les bas-côtés de la partie ancienne de l'édifice, appuyés de contreforts, ont des toits en appentis.
On distingue bien sur les clichés aériens que l'église est dépourvue de transept.

Vue aérienne Nord-Ouest de l'église Saint-Médard, vers 1960, carte postale édition COMBIER, cliché SEHT d'après l'original de ses collections.
Datation de la partie ancienne de l'église Saint-Médard
Les travaux débutèrent sous le règne de François Ier, comme le précise l'inscription AN : DO : 1543 gravée sur l'imposte de la pile engagée Nord-est de la neuvième travée du vaisseau central.

L'Inscription gravée sur la pile engagée nord-est de la neuvième travée indique la date de début des travaux, cliché SEHT.
En l'absence de document écrit on peut situer la date approximative de fin de construction d'après les armoiries relevées sur la clé médiane de la huitième travée du vaisseau central.

Armes de Louis III de Lorraine, cardinal de Guise, abbé commendataire de l'abbaye de Saint-Denis, de 1574 à 1588.
En l'absence de document écrit on peut situer la date approximative de fin de construction d'après les armoiries relevées sur la clé médiane de la huitième travée du vaisseau central.
Attribuées par erreur au cardinal de Bourbon, par Jean Lebeuf et Guilhermy, elles situaient au plus tard à 1558 la fin des travaux. Cette attribution reprise dans l'arrêté de classement de l'édifice est erronée, comme l'a relevé Louis Tritz. Ces armes ne sont pas celles de Jean de Bourbon (trois fleurs de lis et une brisure), ce sont celles de Louis III de Lorraine, nommé abbé de Saint-Denis en 1574. Ce détail nous amène à reconsidérer les hypothèses de datation de l'édifice. La construction a été plus longue que ne le supposaient les lecteurs de Jean Lebeuf.
Durée des travaux de la partie Renaissance de l'église Saint-Médard
Commencés sous le règne de François 1er, les travaux se poursuivirent durant les règnes de Henry II, François II, Charles IX. Ils s'achevèrent sous celui de Henri III qui accéda au trône de France l'année où Louis III de Lorraine fut nommé abbé de Saint-Denis.
Il est probable que les troubles générés par les guerres de religion arrêtèrent le chantier, qui ne fut terminé que lorsque les circonstances le permirent.
La campagne de restauration de 1997 a mis au jour, sur la voûte centrale de la cinquième travée, l'inscription Jehan MAHEUT 1560. Sans doute s'agit-il du nom d'un compagnon tailleur de pierres qui a voulu laisser son nom sur l'édifice. Cette signature, invisible du sol, nous livre la preuve que, contrairement à ce que l'on pensait, les travaux se sont poursuivis au-delà de la mort du cardinal de Bourbon, survenue en 1557.

Inscription Jehan Maheut 1560 relevée sur la voûte centrale de la cinquième travée, cliché SEHT
Ces indications convergentes sont confirmées par la dédicace de l'édifice intervenue en septembre 1579, selon Jean Lebeuf Histoire de la ville et du diocèse de Paris, 1754.
Notons enfin que Guilhermy signale quelques débris de vitraux portant la date de 1573 Inscriptions de la France du Vème siècle au XVIIIème siècle, Paris, Imprimerie Nationale 1877.
Galerie des rois de France dont les règnes encadrèrent la période de construction du chœur de l'église Saint-Médard
François Ier 1515-1547

Henri II 1547-1559

François II 1559-1560

Charles IX 1560-1574

Henri III 1574-1589
Commencés sous le règne de François 1er, les travaux se poursuivirent durant les règnes de Henry II, François II, Charles IX. Ils s'achevèrent sous celui de Henri III qui accéda au trône de France l'année où Louis III de Lorraine fut nommé abbé de Saint-Denis. Cette datation est confirmée par la dédicace de l'édifice intervenue en septembre 1579, selon Jean Lebeuf Histoire de la ville et du diocèse de Paris. Il est probable que le chantier de construction a été perturbé par les guerres de religion.
Construction de l'avant-nef de l'église Saint-Médard, 1782
L'avant-nef de Saint-Médard est l'œuvre de l'architecte Jacques Cellerier. Né à Dijon en 1742, il fit une carrière parisienne et se distingua surtout dans l'architecture profane. Il construisit :
- des théâtres comme l'Ambigu et les Variétés,
- des édifices publics comme les écuries des casernes des Gardes du Roi, qu'il réalisa à Beauvais,
- des résidences particulières, comme la maison de chasse du Duc de Laval-Montmorency qui fut construite en 1774, boulevard Montparnasse.
Chargé par l'Intendant Général BERTIER de la restauration de Saint-Médard, J. Cellerier se rendit à Tremblay, le 28 septembre 1781. Il y convoqua l'assemblée des principaux habitants, afin de délibérer sur l'état de vétusté du clocher et de la nef. Il fut alors décidé d'abattre puis de reconstruire le clocher et les trois premières travées.

Discussion du devis de l'architecte par les notables de Tremblay, Cliché SEHT d'après l'original Document conservé Archives nationales à Paris, dossier S2329
Les notables de Tremblay ayant participé à la dicussion sont : François RÉMOND, syndic, Louis NOËL, collecteur de la taille, Gabriel CHARPENTIER, Louis GATIER, Nicolas COQUARD, René DES JARDINS, Nicolas CORBON, Jean-Jacques TRENNET, Jacques POULET, Côme MERLAN, Jean-Jacques QUESNET, Nicolas COQUART, COLANDY.

Plan de l'architecte Cellerier, avec en rouge les travaux à exécuter. Cliché SEHT d'après l'original Document conservé aux Archives nationales à Paris, dossier S2329
Partie Renaissance : le chevet

Chevet de Saint-Médard, cliché SEHT
Le chœur est doté d'un chevet plat, percé d'une grande baie, mais les collatéraux se terminent par un chevet oblique si bien que, de l'extérieur, l'église donne l'illusion d'avoir un chœur polygonal de vastes dimensions.

Chevet de Saint-Médard, statue représentant Dieu le Père, cliché SEHT
Le chevet est surmonté d'une statue représentant Dieu le Père, assis. Sur ses genoux repose une sphère figurant le Monde, qu'il protège de sa main gauche, tandis que la droite bénit le village. Dieu n’est pas ici représenté en termes de puissance, comme dans les statues où il tient le monde dans sa main, mais en termes d’amour et protection.

Pinacle ornant un contrefort, cliché SEHT
Des pinacles surmontent les deux contreforts sur lesquels s'appuie le pignon.
Partie Renaissance : le vaisseau central

Voûte du vaisseau central, neuvième travée, cliché SEHT.
Les croisées d'ogives sont du type en étoile, comme celles de Saint-Jean de Joigny et de Saint-Jean de Troyes.
On remarquera les clés pendantes ornées de rosaces, ordonnées autour de la clé centrale.
Sur les voûtes de la neuvième travée du vaisseau central, sculptés de part et d'autre d'une clé pendante, typique de la période Renaissance, on relève :
- un H,
- deux D entrelacés,
- trois croissants entrelacés,
- un écu surmonté d'une couronne.

Voûte de la 9ème travée : Monogramme de Henri II (lettre H surmontée d'un croissant figurant le D de Diane)
Cliché SEHT

9ème travée :Monogramme de Diane de Poitiers, maîtresse de Henri II (2 D entrelacés) voûte centrale, Cliché SEHT
Partie Renaissance : les chapiteaux
Les voûtes reposent sur de grandes arcades, en arc brisé, par l'intermédiaire de pilastres à chapiteaux sculptés de chimères, de têtes de monstres, de motifs corinthiens.
Chapiteau nord portant la voûte centrale, pile est de la 6ème travée

Tête de chimère, chapiteau nord de la pile est de la 6ème travée
Chimère et feuilles d'acanthe chapiteau nord de la pile est de la 6ème travée
Chimère et feuilles d'acanthe chapiteau nord de la pile est de la 6ème travée
Partie Renaissance : les bas-côtés

Voûte du bas-côté nord, 7ème, 6 ème et 5 ème travées, Cliché SEHT
Les collatéraux ont des croisées d'ogives à liernes et tracerons en étoile. Les voûtes reposent sur des pilastres à chapiteaux sculptés de motifs allégoriques ou ésotériques. Les fenêtres qui s'ouvrent à chaque travée sont des arcs brisés à remplage à soufflet central.
À l'extérieur, des contreforts solides soutiennent les murs des bas-côtés.

Baies avec remplage à soufflet, 9ème travée, Cliché SEHT
Avant nef : du projet Cellerier à la façade actuelle
Le devis dressé par Cellerier fut visé le 14 octobre 1781 par l'Intendant Général Bertier. Il fut communiqué au chapitre des religieux de l'abbaye de Saint-Denis, seigneurs de Tremblay. Ils analysèrent le projet avec leur propre architecte et le remanièrent en 12 observations qu'ils firent parvenir à l'Intendant Général Bertier. Ils reprochaient au clocher de ne pas être assez élevé et d'être trop étroit. Ils critiquaient la façade dont ils demandaient la suppression des portes latérales.
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Projet de façade de l'architecte Jacques Cellerier, Archives Nationales S 2329, Cliché SEHT
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Observations faites à l'architecte par le chapitre des religieux de l'abbaye de Saint-Denis
Archives Nationales, S2329
En 1781, les portes latérales furent supprimées du projet, la tour du clocher fut surélevée, l'escalier d'accès fut placé à l'extérieur..

Façade de l'église Saint-Médard, cliché SEHT, 30 mai 1998
En 1822, le fronton fut orné d'une sculpture, un Christ en majesté.
En 1854, la tour du clocher fut rehaussée. Les combles de la tour du clocher furent refaits, le dôme de Cellerier remplacé par une lanterne, tourelle ouverte par les côtés.
Plans de l'architecte Jean-Jacques Cellerier

Plan horizontal de Saint-Médard, les parties en rouge indiquent l'extension Cellerier, Archives nationales à Paris, S2329
Coupe longitudinale du bâtiment, Archives Nationales S 2329, cliché SEHT
Partie occidentale : la nef centrale
Moins élevée que celle de la partie Renaissance, la voûte centrale du XVIIIème siècle est construite en berceau. De facture néo-classique, elle repose sur de grandes arcades en plein cintre, supportées par des colonnes toscanes.

Profil de la voûte centrale , dessin encre et gouache de Jean-Jacques Cellerier, Archives Nationales, S2329, cliché SEHT.

Vaisseau central de l'avant-nef, cliché SEHT
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Les piles occidentales de l'entrée du chœur ont été conservées par Jean-Jacques CELLERIER.
Construites au XVIème siècle, elles soutiennent la voûte Renaissance à l'est, la voûte XVIIIème à l'ouest

Plafonnés, les bas-côtés sont percés à chaque travée d'une fenêtre plein cintre, cliché SEHT
Partie occidentale : la façade
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projet de façade de Cellerier, Archives nationales, dossier S2329

Frise et fronton de la façade, juin 1998, cliché SEHT.
Couronnée d'une frise à triglyphes, la façade est surmontée d'un fronton. Ce dernier a été mutilé en 1822, pour mettre en place une sculpture représentant un Christ en majesté. L'exposition au vent d'ouest et la mauvaise qualité de la pierre ont défiguré cette statue, aujourd'hui totalement illisible.
Il conviendrait de la déposer pour redonner son intégrité au fronton dessiné par Jean-Jacques Cellerier.

Surmontée d'une baie semi-circulaire, la porte centrale est flanquée de deux colonnes ioniques
supportant une architrave moulurée, cliché SEHT

Le rehaussement de la tour du clocher, réalisé de 1854 à 1856, a été décidé pour signer le paysage. Il serait inopportun de revenir au dessin de Cellerier qui n'avait pas pris en compte, à l'origine, le vœu des habitants


