La grande verrière

LES VITRAUX DU CHŒUR

L’oeuvre de LUSSON procède d’une conception d’ensemble. Elle offre au visiteur attentif une réflexion poussée des textes sacrés, dont les illustrations sont disposée selon un ordonnancement qui culmine dans la grande verrière du chevet, laquelle comporte quatre sujets dialectiquement liés.

LA GRANDE VERRIÈRE DU CHEVET

Partie haute du côté nord de la grande baie :
La Cène

 

Les deux baies du côté nord de la grande verrière sont consacrées à l'Institution de l'Eucharistie.

Le vitrail haut du côté nord de la baie est consacré à la Cène. JÉSUS, entouré des Apôtres,
consacre pour la première fois le pain et le vin, symboles du don de sa propre vie,
offerte pour racheter les péchés de l'humanité (MATTHIEU, XXVI : 26-29 ; MARC, XIV : 22-25 ; LUC, XXII : 15-20).
MATTHIEU, XXVI : 26-29 « Or, tandis qu'ils mangeaient, JÉSUS prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : " Prenez, mangez, ceci est mon corps. Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : " Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés. »

JUDAS est représenté à droite, à l’opposé de JÉSUS, à la différence des autres apôtres, son visage n’est pas surmonté d’un nimbe. Tous les regards sont tournés vers JÉSUS, sauf celui de l’un des douze, qui scrute avec inquiétude le visage de JUDAS, dont le regard est dirigé vers le bas. La main droite de Judas serre sa bourse contre son cœur.

 

Partie basse du côté nord de la grande baie :
Le sacrifice de Melkisédek

 

La partie basse du vitrail nord comporte une scène tirée de la Bible.

MELKISÉDEK offre à DIEU un sacrifice de pain et de vin, symbole annonçant l'Institution de l'Eucharistie, représentée dans la partie haute du vitrail, dédiée à la Cène.

L'épisode biblique (Genèse, XIV : 17 et 18) se situe lorsque ABRAM, le futur ABRAHAM, rentre victorieux de son combat contre le roi KEDORLAHOMER et ses alliés.
Le vainqueur est représenté alors qu'il s'agenouille, vêtu d'une armure dorée.
MELKISÉDEK, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin ; il était prêtre du Dieu Très-Haut. Il le bénit et il dit : « Béni sois-tu ABRAM par le Dieu Très-Haut créateur du ciel et de la terre, et béni soit le Dieu Très-Haut qui a livré tes ennemis entre tes mains. » Et ABRAM lui donna la dîme de tout.
L’arrière-plan de cette scène, avec pont-levis, remparts et chevaliers en armure est une référence au Moyen-Âge dont le point d’orgue est l’armure dorée d’ABRAM.

Signé Antoine LUSSON, 1863, la grande verrière a été créée par Antoine LUSSON fils.

 

Partie haute de la grande baie, côté sud :
La Crucifixion

 

La baie haute sud est consacrée à la Passion, représentée au regard de la Cène, dont elle est l'accomplissement (MATTHIEU, XXVII : 33-43 ; MARC, XV : 22- 32 ; LUC, XXIII : 33-38 ; JEAN, XIX : 17-24).

Ici encore l'accomplissement du Nouveau Testament est annoncé par un épisode tiré de la Bible, le sacrifice d'ABRAHAM. La partie gauche de la composition d'Antoine LUSSON suit fidèlement le texte de JEAN. Au pied de la croix, se tiennent les saintes femmes. Le crâne représenté au pied de la croix rappelle le nom du lieu du supplice.

JEAN, XIX : 17 Ils emmenèrent donc JÉSUS. Et portant lui-même sa croix, il se dirigea vers le lieu-dit Crâne, en hébreu Golgotha.
JEAN, XIX : 25 Près de la croix de JÉSUS se tenaient sa mère, MARIE, femme de CLÉOPAS et MARIE de MAGDALA.

La partie droite du tableau peut être interprétée comme la préparation de la descente de la croix avec deux personnages clés, Joseph D'ARIMATHIE et MARIE MADELEINE. Riche et membre du Sanhédrin, Joseph D'ARIMATHIE possède un tombeau neuf, creusé dans le roc, près du Golgotha. Disciple de JÉSUS en secret, il n'a pas hésité à se compromettre et à demander à PILATE le corps du crucifié. Il tient dans sa main le parchemin qui autorise la mise au tombeau. On lui montre du doigt MARIE MADELEINE, tenant le vase contenant un mélange de myrrhe et l'aloès pour l'embaumement du corps de JÉSUS.

 

Partie basse du côté sud de la grande baie :
Le sacrifice d’Abraham

 

La partie basse du vitrail sud représente ISAAC que son père accepte d'immoler. Ce sacrifice préfigure celui du CHRIST, livré au supplice pour le rachat des péchés de l'humanité.

La scène comporte plusieurs plans.
Au premier, ABRAHAM s'achemine vers le lieu de l'holocauste, tandis que l'un de ses serviteurs charrie le bois destiné au bûcher du sacrifice. On notera qu'il porte des bas montants et des chausses.
A l'arrière-plan, ABRAHAM est représenté alors qu'il s'apprête à sacrifier son fils. À l'instant ultime un ange retient son bras, armé d'un cimeterre aux dimensions impressionnantes. La coiffe exotique du patriarche et le choix de l'arme, soulignent la barbarie des sacrifices humains rejetée loin de nous, dans le temps et dans l'espace. En fait, l'épisode biblique jette un interdit définitif sur les sacrifices humains et souligne le caractère inébranlable de la foi du père des croyants qui ne consent au sacrifice que parce qu'il a foi en la résurrection.
L'illustration suit fidèlement le texte biblique. Le bélier offert par DIEU pour le substituer à ISAAC est figuré dans la partie haute du tableau.
La Bible, Genèse, XXII 11-13 Mais l'ange de YAHVÉ l'appela du ciel et dit : « ABRAHAM ! ABRAHAM ! » Il répondit « me voici ! » L'Ange dit : « n'étends pas la main contre l'enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains DIEU, tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique  ».

 

Source :

article de H. Revel, Les vitraux de Saint-Médard, chef d'œuvre de l'art du verre au XIXème siècle, bulletin n° 44 de la SET, année 2020



Les réactions

Avatar MARJOLET

bonjour dans notre église à saint martin lestra nous trouvons la meme configuration de ces vitraux que dans votre église

Le 22-12-2012 à 17:34:49

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