Au Moyen-Age, la charge de justice sur la seigneurie
de Tremblay était exercée par l'Abbé de Saint-Denis
depuis que le roi Dagobert lui en avait cédé la charge, avec
toutes les prérogatives que comportait l’exercice de Haute,
Moyenne et Basse Justice. Les affaires criminelles venaient comparaître
en Haute Justice, et les délits suivant leur gravité étaient
présentés en Moyenne Justice voire en Basse justice, pour
les amendes de moins de 10 sous parisis et les dommages inférieurs
à 60 sous parisis.
La puissance de l’Abbé de Saint-Denis
avait même permis d’obtenir des successeurs du roi Dagobert
le privilège de connaître les crimes de lèse-majesté,
d’usure et de faux monnayage, qui relevaient habituellement de la
justice royale. En 1204, sous le règne de Philippe Auguste, le seigneur
de Montjay concède « pour toujours en toute renonciation à
Dieu et à l’église de Saint-Denis toute la gruerie des
bois et territoire de Tremblay et donc tout ce qui dans ces mêmes
bois et dans ce territoire lui appartenait, tant en fief qu’en propriété
».
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Jacques Doublet,
auteur de l’Histoire de l’Abbaye de S. Denys en France ...,
contenant le texte de la Charte du roi Philippe Auguste
Cliché SEHT |
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Charte du
roi Philippe Auguste confirmant à l’abbé de Saint-Denis,
la gruerie des bois de Tremblay.
in J. Doublet, Histoire de l'Abbaye de S.Denys en France,
contenant les Antiquités d'icelle, les Fondations, Prérogatives
et Privilèges, 1625.
Cliché SEHT |
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L’Abbé de Saint-Denis
bénéficiait sur son domaine de prérogatives très
importantes en cumulant le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel élargi
!
L’exercice de la justice était délégué
au titulaire de la ferme par l’Abbé de Saint-Denis, qui par
ailleurs se réservait le droit de désigner un prévôt
« pour garder les choses et la justice ».
Le prévôt faisait le guet, avait le droit de faire arrêter
et emprisonner les délinquants, de faire respecter les règles
en usage, comme la réglementation dans les tavernes.
Les ressources pour l’exercice de la justice provenaient des amendes,
partagées pour moitié entre l’Abbé de Saint-Denis
et le fermier, qui était tenu de fournir au prévôt le
fourrage et la litière pour deux chevaux .
Le montant des amendes était fixé par le fermier et l’Abbé,
qui avaient intérêt à en augmenter la valeur, mais les
justiciables pouvaient toujours faire appel à la justice du roi,
puisque la seigneurie de Tremblay faisait partie du domaine royal. |
Bibliographie :
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| Bulletin de la Société d’Etudes
Historiques de Tremblay 1986, n°10, pages de 6 à 16 : Hervé
REVEL, La seigneurie de Tremblay au début
du XV° siècle d’après le cartulaire de l’Abbé
Philippe. |