La borne révolutionnaire Monument Historique classé

   La borne révolutionnaire de Mortières

classée Monument Historique, par arrêté du 8 mars 1994

 

Cette borne se trouvait à l'origine sur la route de Soissons, devant la ferme de Mortières, ancienne propriété des Dames de Cyr, vendue comme Bien national, le 15 février 1791, au savant Lavoisier. Lorsque cette ferme est démolie, pour permettre la construction de l'aéroport Charles-de-Gaulle, un débat s'engage avec Aéroports de Paris qui en revendique la propriété, en 1974. Alerté par la Société d'Études Historiques, le maire Georges Prudhomme, entame une procédure. La borne se trouve sur une voie départementale, cédée pour le franc symbolique à Aéroports de Paris, mais cette cession concerne le sol, pas les éléments de mobilier, dont la borne fait partie. Il est établi qu'elle appartient au Département, qui la cède à la ville de Tremblay. Elle est ensuite installée sur la place du Vieux-Pays, devant le Monument aux Morts, elle est ensuite déplacée devant la maison des associations, puis enfin en Mairie, le 14 septembre 2013.

 

Borne royale

 

 

En 1669, Colbert crée un corps de commissaires des Ponts et Chaussées. Sous son administration, une œuvre considérable est entreprise pour doter le royaume d'un réseau routier fonctionnel. Les axes majeurs de circulation, appelés routes royales, tissent une toile qui  rayonne autour d'un point central. Elles sont étalonnées à partir du point zéro, situé sur le parvis de Notre-Dame à Paris. Les bornes qui jalonnent les parcours sont toutes faites sur le même modèle. Elles sont en grès, d'une hauteur hors tout de 1,42 m, d'un diamètre de 43 cm. Elles possèdent un socle carré de 43 cm de côté, 15 cm de hauteur. Elles portent, sculptée dans la masse, une fleur de lys au-dessus de laquelle un chiffre indique la distance à parcourir pour rejoindre le parvis de Notre-Dame, exprimée en milliers de toises. Ce sont donc des bornes milliaires, tradition héritée de l'Empire romain. Une toise ayant la valeur de 6 pieds mesure 1,949 mètres. La borne de Meaux qui porte le chiffre 23 se trouvait donc à 23 000 toises de Notre-Dame,  soit 44 kilomètres 277 mètres.

 

                                     

Borne royale, ornée de la Fleur de Lys,. Cette borne royale était située sur la route reliant Paris à Metz, actuelle  RN 3, à la sortie de Meaux, en direction de Trilport et La Ferté-sous-Jouarre. Elle a été enlevée et transportée au jardin Bossuet lors de travaux d'aménagement urbain. Le chiffre gravé sur cette borne milliaire indique la distance par rapport à Paris, qui est de vingt-trois milliers de toises, soit 44,425 kilomètres. On distingue nettement sur le cliché la fleur de lys, symbole de la royauté, qui ornait toutes les bornes des routes royales

 

 

Borne Révolutionnaire

 

 

Au cours de la période révolutionnaire, la Convention nationale décrète, le 14 mars 1793, l'enlèvement des signes de royauté dans les églises et autres monuments publics. Le symbole déchu est remplacé par les nouveaux attributs de la République : la  pique surmontée du bonnet de la Liberté. Assimilant l'Ancien Régime à l'esclavage, les révolutionnaires ont emprunté à l'Antiquité grecque le symbole porté par les esclaves libérés : le bonnet phrygien. Il est gravé sur la borne de Mortières. Sur  cette  borne,  la  fleur de lys, symbole  du  pouvoir   royal, a été martelée et remplacée par le bonnet de la Liberté. Sculpté dans la pierre, inscrit dans un ovale, il surmonte la pique, symbole de la lutte menée pour la conquête de la Liberté.

 

         

Symboles révolutionnaires sculptés sur la borne de Mortières, cliché SEHT Jean-Pierre Malagane

 

 

Borne mutilée

 

En 1814, sous la Restauration, toutes les marques du passé révolutionnaire ont été retirées des édifices publics. Les bornes qui arboraient les symboles de la République ont été martelées à leur tour. Celle de Mortières a échappé au marteau de la contre-révolution, fait assez exceptionnel, puisqu'il n'existerait qu'un seul autre exemple en Île de France, à Savigny-sur-Orge, d’après l’inventaire des Monuments Historiques de l’ancienne Seine-et-Oise.

                

Borne de la route des Petits-Ponts débarrassée de ses attributs successifs royaux, puis récolutionnaires, cliché SEHT Jean-Pierre Malagane.

Cette  ancienne borne royale est située sur la route des Petits-Ponts, à Tremblay-en-France, à la hauteur du Lycée Léonard de Vinci où elle a été laissée en place, à la demande de la Société d’études Historiques. Une borne identique se trouve devant le commissariat de Villepinte. On notera que ces bornes  milliaires étaient toujours disposées sur le côté gauche de la route, lorsque l'on tourne le dos à Paris, afin de tenir compte de la position du postillon qui chevauchait le cheval situé à gauche de l'attelage. Grâce à cette disposition, Il pouvait  évaluer les distances parcourues.

La fleur de lys, symbole de la monarchie française, a été mutilée par le marteau des révolutionnaires en 1793. Les symboles  révolutionnaires ont subi à leur tour le marteau des contre-révolutionnaires en 1814. 

Le chiffre gravé sur cette borne milliaire indique la distance par rapport à Paris, qui est de 11 milliers de toises, soit 21,439 km. 

 

La borne révolutionnaire de Mortières

 

Le 8 mai 1981, l'Assemblée générale de la Société d'Études historiques de Tremblay a émis un vœu demandant au Préfet de Seine-Saint-Denis, le classement de la borne révolutionnaire de Tremblay, au titre des Monuments Historiques, en raison de l'intérêt exceptionnel de ce patrimoine, symbole des valeurs de la République. Cette initiative aboutit 14 ans plus tard, avec l'arrêté de classement de la borne, en date du 8 mars 1994.

 

             

 

Arrêté du 8 mars 1994, classant la borne révolutionnaire de Mortières au titre des Monuments Historiques.

 

 

                                 

La borne révolutionnaire de Mortières. Cliché SEHT Raymond Bianchi

Bornes milliaire, tradition héritée de l'Empire romain, la borne de Mortières porte le chiffre 13.. Une toise ayant la valeur de 6 pieds mesurant 1,949 mètres  se trouvait donc à 13 000 toises de Notre-Dame, soit 25 kilomètres 337 mètres.

 

La borne classée Monument Historique accueillie en Mairie.

 

Soucieux d'assurer la bonne conservation du monument et une meilleure visibilité, le Conseil d'administration de la Société d'Études Historique a adressé à François Asensi, maire de Tremblay et président d'honneur de la SEHT le vœu suivant :

 

VŒU DU CONSEIL D’ADMINISTRATION EN DATE DU 8 OCTOBRE 2010

" Le Conseil d’administration de la SEHT, réuni le 8 octobre, attire l’attention du Premier magistrat de Tremblay sur la situation de la borne révolutionnaire de Mortières, classée Monument Historique par arrêté du 8 mars 1994. La fleur de lys qui ornait à l’origine cette ancienne borne royale a été remplacée par la pique surmontée du bonnet de la liberté, en 1793, en application des décrets de la Convention. Les symboles révolutionnaires ayant été martelés à la Restauration, sur toutes les routes de France, seuls deux d’entre eux ont échappé à la destruction En Île-de-France, à Tremblay et Epinay-sur-Orge. Le 8 mai 1981, l’Assemblée générale de la Société d’Études Historiques de Tremblay émettait un vœu proposant au Préfet de Seine-Saint-Denis, le classement de la borne révolutionnaire de Tremblay, au titre des Monuments Historiques, en raison de son intérêt historique. Cette initiative aboutissait 14 ans plus tard avec l’arrêté de classement de la borne.

 

Cette borne se trouvait à l’origine sur la route de Soissons, devant la ferme de Mortières. Lorsque celle-ci fut démolie, dans le cadre des travaux de construction de l’aéroport Charles de Gaulle, un débat s’est engagé avec Aéroports de Paris qui en revendiquait la propriété. Alerté par la S.E.H.T, le maire Georges Prudhomme entama une procédure. Comme la borne se trouvait sur une voie départementale, il fut établi qu’elle appartenait au Département qui la céda à la ville de Tremblay.

 

Elle a été ensuite  installée sur la place du Vieux-Pays, devant le Monument aux morts. Ce monument historique, récemment déplacé, se trouve maintenant à la Maison de quartier, au milieu d’un parterre de fleurs. Le socle est enfoui dans la terre, la végétation masque une partie du monument. Cette localisation très anonyme, ne permet pas de valoriser son exceptionnel intérêt historique, et de lui assurer des conditions de protection suffisantes.

 

Le Conseil d’Administration de la Société d’Études Historiques attire l’attention du Premier magistrat de Tremblay-en-France sur la rareté et l’importance de ce monument historique, symbole des acquis de la Révolution de 1789 et de la citoyenneté nouvelle. Il demande que lui soit réservée dans la ville une place plus conforme aux valeurs dont il est le symbole."

 

 

           

Réponse du Maire de Treblay-en-France, président d'ohonneur de la SEHT au vœu de la Société d’Études Historiques

 

 

Transfert en mairie de la borne classée monument Historique 

 

 

Le 14 septembre 2013 la borne révolutionnaire de Mortières, classée Monument Historique est transférée en mairie, en présence des représentants des élus, des Associations locales et de noimbreux enfants. Ce monument porteur des symboles républicains a désormais sa place au coeur de l'Hôtel de ville, siège de la démocratie locale.

 

Transfert de la borne révolutionnaire en Mairie, article du Parisien, n° du vendredi 13 septembre 2013

 

 

 

Installation de la borne révolutionnaire en Mairie, cérémonie du 14 septembre 2013, article du T'Magazine, septembre 2013.



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