Lettre pastorale de Mgr l’archevêque de Toulouse sur la personne humaine

LETTRE PASTORALE 

DE MONSEIGNEUR L’ARCHEVÊQUE DE TOULOUSE

SUR LA PERSONNE HUMAINE

 

Nous donnons la position courageuse de l’archevêque de Toulouse, lue à Radio Londres par Jean Marin en 1942. Ce document, recopié dans les camps, fut connu dans le monde entier.

 

Ronéotypée sur une rotative prêtée par les militants de la JAC, la lettre de Mgr Saliège a été remise directement entre les mains des curés qui étaient en retraite pastorale, au  nombre d’une centaine. La préfecture la connut et adressa aux maires le télégramme suivant :

 

« prière vous mettre immédiatement en rapport avec le curé desservant de votre commune et lui signifier volonté du gouvernement de ne pas laisser procéder à la lecture de la lettre épiscopale. »

 

Malgré l’interdiction préfectorale on estime que la lettre pastorale a été lue dans 80 % des paroisses de Haute-Garonne.

 

Le 8 juillet 1969, Yad Vashem a décerné à Mgr Jules Géraud Saliège le titre de Juste des Nations

 

LETTRE PASTORALE DE MONSEIGNEUR L’ARCHEVÊQUE DE TOULOUSE

SUR LA PERSONNE HUMAINE

 

Et clamor Jerusalem ascendit

22 août 1942

 

« Bien chers frères,

Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et qui reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits tiennent à la nature de l’homme : ils viennent de Dieu, on peut les violer… Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer.

Que des enfants, des hommes, des pères, des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une famille soient séparés les uns des autres et embarqués vers une destination inconnue, il est réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.

Pourquoi le droit d’asile dans nos Églises n’existe-t-il plus ? Pourquoi sommes-nous des vaincus ?

Seigneur, ayez pitié de nous. Notre-Dame prie pour la France.

Dans notre diocèse des scènes d’épouvantes ont eu lieu dans les camps de Noë et de Récébédou.

Les juifs sont des hommes, 

Les juives sont des femmes,

Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes.

Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain, ils sont nos frères comme tant d’autres.

UN CHRÉTIEN NE PEUT L’OUBLIER.

France, patrie bien aimée. France, qui porte dans toutes les consciences de tous les enfants, la tradition du respect de la personne humaine, France chevaleresque et généreuse, je n’en doute pas, tu n’es pas responsable de ces erreurs.

Recevez mes chers frères, l’assurance de mon affectueux dévouement. »

 

 À lire en chaire le dimanche 23 août 1942.

 

 

Extrait de REVEL Hervé, La banlieue nord-est de Paris dans la Seconde Guerre mondiale, éditions Fiacre, 2012

 

 

                                                           

Text Box:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jules, Géraud Saliège, Archevêque de Toulouse

           

 

 

 



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