lettres

Copie de la lettre du général Compans, au ministre de la Guerre,

datée du Vert-Galant, le 29 mars 1814, à 8 heures du matin

SHD C2.186

 

MONSEIGNEUR,

 

Un officier parlementaire vient de se présenter à mes avant-postes avec une dépêche à l’adresse de Votre Excellence contre signée par le prince Wolkonski. Il a répété plusieurs fois qu’elle était de la plus haute importance. Je lui ai envoyé un officier pour la recevoir et lui en donner un reçu ; il a fait observer qu’il avait ordre de la remettre à Votre Excellence et qu’elle était de nature à amener des discussions dont il était chargé. Je lui ai fait répondre que s’il persistait à la remettre lui-même, je ne le laisserais passer qu’après en avoir l’autorisation de Votre Excellence a qui je la demanderais de suite. Il a répondu qu’il voulait bien attendre votre réponse à cette demande s’il ne fallait que cinq a six heures pour la recevoir. Je l’ai fait repartir pour son armée et lui ai annoncé qu’aussit6t que cette réponse me serait parvenue je lui en donnerais connaissance par un parlementaire.

 

La mission de cet officier a donné lieu à quelques pourparlers entre les tirailleurs. Aussitôt que j’en ai été informé je les ai fait cesser en déclarant que si les tirailleurs ennemis ne s’éloignaient pas je ferais tirer sur eux ; ces pourparlers ont donné lieu aussi à la remise d’une proclamation faite aux habitants de Paris au nom des alliés par le prince de Schwarzenberg, j’ai ordonné qu’elle fut renvoyée avec indignation, cela a été exécuté.

 

On a un peu tiraillé dans la matinée, mais dans ce moment tout est calme. Un prisonnier fait vers les sept heures donne sur les forces de l’ennemi les mêmes renseignements que les cent cinquante environ que j’ai envoyés hier à Paris, avec recommandation d’en informer Votre Excellence pour qu’elle put les interroger si Elle le jugeait à propos.

 

J’avais dans la journée d’hier une position qui me permettait de voir toutes les forces qui étaient devant moi, elles ne pouvaient pas être au-dessous de 30 000 hommes.

 

J’ai disputé depuis 10 h l/2 du matin jusqu’a 7 h l/2 du soir sur le terrain qui sépare Claye de Vert-Galant, les troupes se sont bien conduites. Les éclaireurs polonais ont exécuté deux charges qui leur font honneur.

 

J’ai reçu ce matin plusieurs lettres de Votre Excellence auxquelles j’aurai l’honneur de répondre dans un autre moment.

 

J’ai l’honneur d’être...

 

 

Général Compans.

 

 

 

 

Lettre du ministre de la Guerre au général Compans, datée du 29 ars 1814

au Général Compans, Commandant les troupes (4 mots rayés) à Bondy.

SHD C2.186

 

Général, j’ai reçu votre (1 mot rayé) la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 28. ‘

Je vous préviens que je donne l’ordre au général Hulin, de faire partir sur le champ de Paris ·

6 Bataillons, forts d’environ (4 à 500 hommes tirés des dépôts des 32°, 58°, l35°, l4l° Régiments d’Infanterie de ligne, 2** et 4° Régiments d’Infanterie légère et de les faire diriger sur Villeparisis pour y demeurer à vote disposition.

J’ai charge le général Hulin, de vous donner avis de la marche de ces (deux mots rayés, illisibles) troupes.

Au moyen   (deux mots rayés) de ce renfort, je compte Général que vous vous trouverez en mesure (une ligne rayée illisible) de vous maintenir dans la position que vous occupez.  (six mots rayés).

Instruisez Moi, général, de l’arrivée de ces troupes sous vos ordres.

 

 

Lettre du ministre de la Guerre au général Campans

SHD C2/186

 

Paris, le 29 mars 1814, à une trois quarts de l'après-midi.

 

 

Général,

 

Je vous ai déjà accusé réception de votre lettre datée du Vert-Galant, ce matin à 8 heures. Sa majesté le roi Joseph, qui était sortie à cheval, vient de rentrer chez elle, et j'ai pris ses ordres au sujet du parlementaire du prince Volkonski.

 

Je n'ai point été autorisé à recevoir l'officier parlementaire qui veut m'entretenir parce que je ne commande ni l'armée, ni à Paris. Sa majesté a jugé convenable de vous envoyer le chef de son état-major pour recevoir et entretenir l'officier parlementaire que les ennemis se proposent d'envoyer.

 

Faites connaître, général, cette détermination du roi au prince Volkonski en lui transmettant mes compliments.

 

Agréez, général, l'assurance de ma parfaite considération

 

 

Le Ministre de la Guerre

Duc de Feltre

 

 

Minute d’une lettre du ministre de la Guerre à Sa Majesté l’Empereur et Roi

SHD C2/186

 

 

Paris, le 29 mars 1814, à 3 heures du matin.

 

SIRE,

 

 

Le général Compans, après avoir tenu tête toute la journée aux forces ennemies qui sont devant lui et qu’on estime a 30 000 hommes, a été forcé de se replier jusqu’à Vert-Galant où il était en position le 28 au soir ; il demande des renforts, on va diriger vers lui tout ce qu’on pourra.

 

M. le duc de Trévise a séjourné le 28 à Nangis ; M. le duc de Raguse doit s’être porté à Melun.

 

On m’a fait passer huit heures aujourd’hui en conseils. Je suis réellement accablé de fatigue, faute de sommeil.

 

Il n’y a que la présence de Votre Majesté qui puisse remédier aux maux qui nous menacent.

 

 

 

Archives de Vincennes, carton C2/186.

Le document, écrit au crayon, n'est pas de a main du général. Henry Houssaye le cite sous le nom de journal du général Vincent dans 1814 (ouvrage cité, page 388.) Nous transcrivons le passage concernant les batailles de Claye-Montsaigle et Vert-Galant, en rectifiant les erreurs de date d’un document rédigé de mémoire, a posteriori.

 



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