la bataille de Claye-Montsaigle

LA BATAILLE DE CLAYE·MONTSAIGLE (28 MARS 1814)

Le général Compans prend le commandement des troupes qui se sont battues à Meaux et se replie sur Claye, où il essuie l’attaque de deux corps d’armée prussiens, commandés par les généraux Yorck et Kleist. L’écrasante supériorité numérique de l’ennemi ne permet pas de se maintenir dans Claye qui est évacué par l’infanterie, dont la retraite est couverte par la cavalerie du général Vincent. Les généraux Compans et Ledru des Essarts se replient vers Villeparisis. Ils établissent solidement leurs tirailleurs sur les hauteurs de Montsaigle et dans les bois du Vert-Galant. Pendant les quarante-huit heures suivantes, Compans exploite toutes les possibilités du terrain, pratiquant un mouvement rétrograde en échiquier pour retarder l’avance ennemie. Il bloque la grand route de Meaux à Paris en s’établissant dans un premier temps sur les hauteurs qui dominent Villeparisis, puis en utilisant1’abri que lui offre, à partir du Vert-Galant, la couverture forestière qui borde à cette époque cet axe routier.

Au moment de l’évacuation de Claye, le général Vincent et ses cavaliers forment l’arrière-garde du dispositif de Compans. C’est alors qu’arrivent les renforts dépêchés par le général Hulin : 3 000 fantassins du dépôt de la garde, 3 escadrons d’éclaireurs polonais et 400 cuirassiers formant le 12e de marche de cavalerie. Renforcé des cuirassiers du colonel Dujon et des lanciers polonais, le général Vincent réunit un petit corps d’environ 1 200 hommes. Il laisse déboucher les Prussiens dans la plaine, entre Montsaigle et Villeparisis, puis porte une charge vigoureuse au cours de laquelle l’ennemi perd 300 tués et 150 prisonniers, que Compans envoie sur Paris. Sur cette affaire, Henry Houssaye (3), tout en signalant que les Prussiens n’en reconnaissaient que 150, mentionne le chiffre de 500 prisonniers. C’est celui qui figure dans le journal de Vincent (4). Nous ignorons la date a laquelle ce dernier document a été rédigé. Il porte des erreurs de date qui nous laissent penser que c’est a posteriori. Ainsi la charge victorieuse de Claye est-elle datée du 25 mars. Le document, d’une écriture difficile à lire, semble avoir été rédigé, de mémoire, sans recours à une documentation. Malgré ses erreurs de date, cette relation a le mérite de nous livrer le témoignage d’un homme de terrain, qui a vécu en 1ère ligne les événements qu’il rapporte. Il est en particulier irremplaçable pour l’étude des pourparlers du Vert-Galant, l’unité de Vincent ayant intercepté devant ses lignes les parlementaires.

Nous avons retenu le chiffre de 150 prisonniers, mentionné par Compans dans sa lettre au Ministre de la guerre, datée du Vert-Galant, le 29 mars (5). Le chiffre de Compans a été noté le jour même, dans une correspondance officielle suivant l’envoi de prisonniers adressés à Paris, à des fins d’interrogatoire, pour renseigner les services du ministre sur les effectifs et les objectifs de l’ennemi. De plus, engagé en première ligne dans cette affaire, le général Vincent n’a guère eu le loisir de faire procéder au décompte des prisonniers, qu’il a adressés à Compans.

(3) Henry Houssaye, 1814, ouvrage cité page 388

(4) Opérations du général Vincent du 19 au 29 mars 1814, SHD, C2/186

(5) lettre de Compans au ministre de la guerre, datée du Vert-Galant, le 29 mars 1814. SHD, C2/186

 
   
   

 



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