histoire de la ville par Jean Lebeuf

 

 

Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris
VOLUME 6 : DOYENNÉ DE CHELLES
CHAPITRE TREMBLAY

 

 

par l’abbé Jean LEBEUF

L’abbé Jean LEBEUF est né à Auxerre le 6 mars 1687, mort à Paris le 10 avril 1760.

L’abbé LEBEUF vers 1743 d’après le tableau conservé au Musée des Beaux-Arts  d’Auxerre
Portrait extrait de Robert DAUVERGNE l’abbé LEBEUF à Paris, bulletin de la Société de Paris et de l’Île-de-France, 96ème  année – 1969.

L’abbé Jean LEBEUF à la fin de sa vie
D’après Robert DAUVERGNE, Bulletin de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Île-de-France, 96ème  année – 1969.

 

Historien d’Auxerre et de Paris ce bourguignon a été l’un des plus illustres historiens de Paris et de l’Île de France. Son ouvrage le  plus célèbre est l’Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, parue de 1754 à 1758. Voltaire, dans Le siècle de LOUIS XIV, qualifie l’abbé LEBEUF de « l’un des plus savants hommes dans les détails de l’histoire de France. »

Les pages qui concernent Tremblay se trouvent dans le volume 6,  relatif au doyenné de Chelles (pages 231 à 240).

Fac-similé de la page 231 du volume 6 de l’Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris

Du Doyenné  de Chelles               231

 

T R E M B L A Y

 

Ce lieu porte dans son nom les marques de

son origine. Avant que l’étendue des fo-

rêts d’autour de Paris eût été diminuée,

on voyait dans ce lieu beaucoup de trembles

ou peupliers blancs. Mais depuis qu’on reconnut

la bonté de ce territoire, on le cultiva en

blé & autres grains, et l’ancien nom est tou-

jours resté. Au reste il faut qu’il y ait bien des

siècles que ce nom soit en vigueur, puisque

dès le règne de Charles le Chauve on écri-

vait en latin Trimlidum, par altération de

Tremuletum ; ce qui insinue qu’il y pouvait

avoir un langage vulgaire selon lequel

on prononçait Trembloid. Cette terre est

comptée en effet dans un titre de 862, au

nombre de celles qui appartiennent à l’ab-

baye de saint Denis. Aussi est-ce des Archives

de ce Monastère que se puise presque tout ce

que l’on peut dire sur cette Paroisse.

Elle est située à cinq lieues de Paris du côté

du nord-est. À une petire distance de de ce Vil-

lage commence le Diocèse de Meaux vers

l’orient Villepinte qui dépendait ancienne-

ment de Tremblay le borne vers le midi ; du

côté du couchant & du septentrion sont les

Paroisses de Roissy et d’Èpiers qui sont du

Doyenné de Montmorency.

 

 

Fac-similé de la page 240 du volume 6 de l’Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris

   

    

 

 

 

 

Nous donnons ci-dessous la transcription du chapitre Tremblay extrait du Doyenné de Chelles volume 6 de l’Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris.
Nous avons modernisé l’orthographe mais avons conservé la pagination,  la ponctuation et les majuscules de la publication originale.

 

La page 232 contient une erreur. Elle signale que les armes qui figurent sur la 8ème travée de Saint Médard sont celles du cardinal de Bourbon, ce qui situerait la fin des travaux au plus tard en 1557. En réalité elle sont celles du cardinal Louis III de Lorraine Guise, abbé commendataire de l’abbaye de Saint-Denis, de 1574 à 1588, ce qui correspond à la date de dédicace de l’édifice, intervenue en septembre 1579.

    
 

Du Doyenné de Chelles               231

 

T R E M B L A Y

 

Ce lieu porte dans son nom les marques de son origine. Avant que l’étendue des forêts d’autour de Paris eût été diminuée, on voyait dans ce lieu beaucoup de trembles ou peupliers blancs. Mais depuis qu’on reconnut la bonté de ce territoire, on le cultiva en blé & autres grains, et l’ancien nom est toujours resté. Au reste il faut qu’il y ait bien des siècles que ce nom soit en vigueur, puisque dès le règne de Charles le Chauve on écrivait en latin Trimlidum, par altération de Tremuletum ; ce qui insinue qu’il y pouvait avoir un langage vulgaire selon lequel on prononçait Trembloid. Cette terre est comptée en effet dans un titre de 862, au nombre de celles qui appartiennent à l’abbaye de saint Denis. Aussi est-ce dans les Archives de ce Monastère que se puise presque tout ce que l’on peut dire sur cette Paroisse.

Elle est située à cinq lieues de Paris du côté du nord-est. À une petire distance de de ce Village commence le Diocèse de Meaux vers l’orient Villepinte qui dépendait anciennement de Tremblay le borne vers le midi ; du côté du couchant & du septentrion sont les Paroisses de Roissy et d’Èpiers qui sont du Doyenné de Montmorency.

 

232      P a r o is s e  de T r e m b l a y

 

Le Tremblay est partagé en deux ; le grand Tremblay & le petit. Le grand Tremblay est le chef lieu qui a été autrefois fortifié. On voit encore quelques restes d’un ancien château. C’est en ce leu qu’est l’église principale titrée de saint Médard. Elle est basse et grande  accompagnée d’une aile de chaque côté & d’une grosse tour. La couverture du chœur est d’ardoise & plus élevée que le reste. Ce chœur paraît avoir été bâti sous François Ier ou sous Henry II. À la voûte se voient les armes du cardinal de Bourbon Abbé de saint Denis. Ce chœur est resté très propre et bien pavé. On ne voit rien dans cette Église au-delà de deux cents ans, que l’épigraphe gothique d’un Curé du lieu nommé Gilles Feuille décédé en 1501. On doit croire que la dédicace en fut faite au mois de septembre 1779 puisque la permission de la dédier & d’en bénir les autels accordée à Christophe Évêque de Césarée par l’ Évêque de Paris, a pour date le 11 du même mois.

Le petit Tremblay est presque contigu de l’autre & a aussi son église du titre de saint Pierre, mais ce n’est qu’une Succursale. On y enterre, mais on n’y baptise pas ; le Vicaire du grand Tremblay y célèbre la messe tous les jours. Le peuple est dans l’opinion que saint Pierre était la Paroisse, & que saint Médard était une Église Monacale ; cependant on n’y trouve aucun vestige que cette dernière Église ait été un Prieuré. Celle de saint Pierre paraît être toute neuve, à la réserve du portail qui peut avoir deux cents ans d’antiquité ou environ.  Il est vraisemblable qu’elle a été bâtie dans le lieu qui servait de cimetière pour le grand Tremblay, et qu’elle aura commencé par une simple Chapelle que quelque particulier nommé Pierre aura fait construire.

 

La page 232 contient une erreur. Elle signale que les armes qui figurent sur la 8ème travée de Saint Médard sont celles du cardinal de Bourbon, ce qui situerait la fin des travaux au plus tard en 1557. En réalité elle sont celles du cardinal Louis III de Lorraine Guise, abbé commendataire de l’abbaye de Saint-Denis, de 1574 à 1588, ce qui correspond à la date de dédicace de l’édifice, intervenue en septembre 1579.

 

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S’il est vrai qu’elle ait été rebâtie dans ces derniers temps, au moins en partie, ou seulement recrépie, il n’est pas moins sûr que la dédicace en avait été faite en 1531 le second jour de Juillet Dimanche dans l’Octave des Apôtres, par Guillaume le Duc ancien Abbé de sainte Geneviève Évêque de Belune, & cela sous le titre de saint Pierre & saint Paul, en qualité de Succursale du grand Tremblay, en présence de Jean Rongemaille Curé. Aussi quelquefois y a-t-il dans les provisions de cette Cure de Trembliaco magno & parvo. Quoi qu’il en soit l’Église de Tremblay est nommée est nommée parmi celles qui appartiennent à l’Abbaye de saint Denis dans une Bulle de Luce III de l’an 1183. Il y avait en 1235 un Curé séculier nommé Gui, lequel donna à l’abbaye de Livry tous ses conquêts & tous ses meubles. Il est aussi fait mention du Curé de Tremblay dans une Bulle d’Alexandre IV qui fut élu Pape en 1254. Dans ce rescrit le Pape oblige le Curé de prêter serment au Chapitre des religieux de saint Denis, & promettre de conserver les biens & les droits de l’Abbaye. La m^me Cure appelée simplement de Trembleyo dans le Pouillé de Paris écrit vers le commencement du treizième siècle, est déclarée être à la présentation de l’Abbé de saint Denis ; ce qui a été suivi dans tous les Pouillés modernes, sans mention d’aucun autre bénéfice. Il y a même des cas ou l’Évêque de Paris l’a jointe à une autre Cure. Ainsi fut-elle réunie à celle de Goussainville vers l’an 1486 pour la vie de Jean Niceron : cependant elle était la meilleure du Doyenné de Chelle, puisque dès l’an 1384 elle était la seule qui fût imposée à dix livres dix sols pour le droit de procuraion ou visite Épiscopale, qui était la plus forte taxe dans ce temps-là. De tout

 

 

 

234       Paroisse de Tremblay;

 

Ceci il résulte qu’il n’y a à Tremblay qu’un seul bénéfice Écclésiastique. Aussi n’y a-t-il dans le Rôle des Décimes outre la Cure, que la Maladerie de ce lieu qui soit imposée. L’Église de Villepinte fait depuis bien des siècles un article séparé. Il suivra celui-ci.

Suger Abbé de saint Denis fourbnit dans un de ses ouvrages une assez ample notice du lieu de Tremblay, tel qu’il était au douzième siècle sous le règne de Louis le-Jeune. Il nous apprend que le Comte de Dammartin Château qui n’est éloigné que de deux lieues & demie, avait entrepris de lever dans ce lieu une taille, qu’il imposait de sa volonté, & un nombre de bêtes à laine, & qu’il venait y loger plusieurs fois par an aux dépens des habitants. Suger pour ne pas laisser ses vassaux à la discrétion de ce Comte, préféra lui faire payer par chaque année la quantité de cinq muids de froment, ajoutant que pour son droit d’hommage il lui donnerait de sa bourse tous les ans à l’Octave de saint Denis la somme de dix livres. L’Abbé continue & dit que par ce moyen il remit ce Village sur pied, qu’il y bâtit à l’entrée du côté de Paris un nouveau château avec une nouvelle grange, dans laquelle on devait renfermer le produit de tous les champarts & celui de quatre charrues, pendant que l’autre grange située dans le Château du lieu devait servir à renfermer le produit des dîmes ; & toutes deux à à mettre les fourrages ou pailles. « Cette terre, ajoute-t-il, ne produisait que quatre-vingt dix muids de grains, & le Maire du lieu nous en donne à présent cent quatre-vingt dix, outre ce que le Fermier emploie pour la semence, & outre la dépense pour les bœufs, les bouviers & les charrues, à raison de quoi ils ont le revenu du four, &

 

 

 

 

 

            du Doyenné de Chelle                  235

nous nous avons nos droits de cens, de tensement, de mainmorte, de forfait & la taille que nous imposons comme bon nous semble. Nous avons fait entourer de murs l’ancien Château, & nous avons fait construire attenant l’Église une maison dans laquelle nos successurs peuven mettre en sûreté leurs personnes & leurs biens contre toute sorte d’ennemi. »

L’Abbé Suger avait cru lever pour toujours les difficultés avec les Seigneurs de Dammartin : cependant on voit qu’après sa mort arrivée en 1152, il fut besoin de passer un nouvel accord avec la Comtesse Clémence.  Il fut fait l’an 1153 par Ansel ou Anseau Prieur de l’Abbaye, en l’absence de l’Abbé Odon de Dueil qui était à Rome. Suger n’avait parlé que de bêtes à laine que le Comte exigeait ; en ce second traité il est de plus fait mention de vaches & de porcs. Il se trouve aussi des lettres du Roi Louis-le-Jeune, de la même année, qui assurent qu’il n’y avait eu rien de réglé sur le Droit que la Comtesse de Dammartin disait que le Comte avait de loger à Tremblay dans le Château ou le Fort, in ipsa fimitate lorsqu’il conduisait une armée.

Trente ans après, l’Abbaye de saint Denis augmenta ses revenus à Tremblay par l’acquisition qu’elle fit de tout ce que Guillaume Bateste & Marguerite sa femme y possédaient, dont Maurice Évêque de Paris donna des Lettres en 1186. Gaucher de Châtillon Seigneur de Montjay donna en 1204 à ce Monastère toute la gruerie du Tremblay qui lui appartenait, c’est-à-dire les bois de ce lieu mouvants de lui en fief avec pouvoir de les essarter

 

 

 

236        Paroisse de Tremblay;

& d’y faire tout ce qu’ils jugeraient propos, excepté qu’ils n’y bâtiraient point de Village. Henri de Troon était alors Abbé de saint Denis. Il obtint du Roi confirmation de ce don, à condition que dans tout ce territoire il ne serait élévé aucune Forteresse. Le diplôme est donné à Paris per manum fratris Garini. C’était un Religieux Hospitalier Évêque de Senlis qui était Chancelier. Randulfe de Soissons Seigneur de Montjay et Alix sa femme confirmèrent aussi cette donation en 1204, ce que firent pareillement en 1219 Nicolas  Abbé d’Igny & Haymeric  Trésorier de la Maison du Temple chargés de la procuration de G. de Châtillon.

Le droit de Justice appartenant à l’abbaye de saint Denis sur le territoire de Tremblay fut attaqué par le Prévôt de Paris du temps de saint Louis. Il y eut une enquête au sujet des fourches patibulaires que les Religieux y avaient fait dresser ; mais comme on ne put rien prouver pour la prétention du Prévôt, la Cour du Parlement décida en 1247 que les Moines resteraient ensaisinés du droit de fourches. En 1339 Philippe de Valois avait accordé la confiscation de certains héritages situés à Tremblay, à la nourrice de Philippe son cinquième fils ; mais ayant appris qu’elle devait  appartenir aux Religieux de s. Denis comme Seigneur, il révoqua sa donation.

Le Cartulaire de cette Abbaye conservé à la bibliothèque du Roi, rapporte à l’an 1218 une enquête qui se fit au sujet des novales de la Paroisse de Tremblay & Villepinte ; les cantons qui y sont nommés sont Vauvoy  & le bois dit de Parisia, & les personnes dont il y est fait mention, sont G ? Archidiacre de Paris & Haymeric Chanoine de Senlis. Dans les liasses des accords anciens conservés dans le dépôt du

 

 

 

 

 

            du Doyenné de Chelle                237

du Parlement, se voit celui que les Religieux de saint Denis& Jean de Pacy Bourgeois de Paris passèrent en 1354, au sujet du droit  de justice que ce Bourgeois prétendait dans des fiefs, héritages & masures qu’il avait eu à Tremblay par achat de Jean Daumarez Chevalier. Mais on ignore ce que fut le jugement des arbitres. Doublet rapporte un extrait des Lettres de l’an 1377 qui fait voir que les Religieux de saint Denis avaient le droit de prendre un septier de vin par chaque pièce que les cabaretiers mettaient en vente.

J’ai trouvé qu’en 1398 Miles Baillet avait une censive au petit Tremblay.

De tous les biens qui avaient pu être distraits de Tremblay & donnés en  fief par les Princes ou Abbés de saint Denis, Dom Félibien ne fait mention que de celui des Trounelles. Il nous apprend qu’en l’an 1403 Jean Pastourel qui avait été Conseiller du Roi Charles V, & qui fut Président de la Chambre des Comptes, avait donné à ce Monastère son fief des Tournelles & tout ce qui lui appartenait à Tremblay. Au reste quoique dans le Procès-verbal de la Coutume de Paris de l’an 1580, la Seigneurie du grand et du petit Tremblay soit dite appartenir à l’Abbaye de saint Denis, cela n’empêchait pas  qu’en 1619 Jean-Baptiste de Bermont Maître des Requêtes qui avait sa maison sur le petit Tremblay ne fut qualifié de Saigneur des Tournelles.

Plusieurs Églises et Abbayes eurent aussi par la suite des temps des terres ou des revenus situés à Tremblay, soit par la disposition volontaire du Monastère de saint Denis, soit par donation que quelques particuliers firent des héritages qu’ils avaient sur le territoire de ce lieu. L’abbé Suger ordonna par son testament  que les pauvres Chanoines de la

 

 

 

 

 

 

238        Paroisse de Tremblay;

Maison de S. Paul dans S. Denis eussent pour la célébration de son anniversaire une certaine quantité de pains, & que pour cela ils tirassent une certaine quantité de froment de Tremblaydans le temps de la moisson. Un autre Abbé cinquante ans après céda aux Dames de Footel dites depuis de Malnoüe, une dîme dans le territoire de Tremblay. Une Bulle d’Alexandre II de l’an 1175, prouve que l’Abbaye de Chaalis au Diocèse de Senlis, tenait quelques terres à Tremblay de celle de saint Denis Terras quas tenetis ab Ecclesia sancti  Dionysii in grangia quæ dicitur Tremblay. En 1233 adeline de Villepinte donna  à l’Abbaye d’Hières deux muids de blé à prendre  sur le territoire de Tremblay, ce qui fut approuvé & confirmé par Hugues le Loup Chevalier son fils. La nécrologie du même couvent ajoute que cette Dame s’était faite ce que l’on appelait alors Monacha ad sucurrendum, c’est-à-dire, qu’elle avait pris sur la fin de ses jours l’habit des Religieuses Cisterciennes pour mourir dans cet habit, & participer au secours des prières de la Communauté. Plusieurs titres du treizième siècle indiquent aussi que l’Abbaye de Livry eut dès lors des terres à Tremblay. Agnès veuve d’Odon de Compens Chevalier, vendit à ces Chanoines Réguliers une pièce de terre située sur ce territoire, dans un canton appelé la Couture Ermengarde, Cultura Ermengardis, cette vente est de l’an 1241. On voit que deux ans après les mêmes Chanoines possédaient deux arpents de terre à Tremblay, dans le lieu dit La Couture de Gizleval ou Gruelval, pour lesquels Y. qui était Abbé, promit de payer annuellement au Monastère de saint Denis deux sols de cens. Odon Clément Abbé de saint Denis avait exigé de celui de Livry

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            du Doyenné de Chelle                239

qu’il se dessaisit de ces deux arpents ; & ils furent délaissés pourle droit de champart & de dîme.

Nos Rois s’éytaient retenu un droit de gite dans Tremblay : la preuve en est dans un volume de la Chambre des Comptes, où on lit parmi les lieux chargés de ce gite : Trambl in Paris. I. Je connais des Tables de cire sur lesquels les Receveurs Royaux marcel et Gentien écrivirent en 1286 que le Roi Philippe-le-Bel y logea au retour de son sacre le 17 janvier de la même année. Ces tablettes appellent ce lieu Tremblay- Saint-Denis. On a une ordonnance de Philippe-le-Long du 30 janvier 1316 datée de Trembley.. Elle concerne le Trésor Royal & les Trésoriers. Il y a apparence que ce Roi revenait aussi de Reims où il avait été sacré dans le même mois. La route pour gagner Dammartin était apparemment alors ailleurs que par Roissy & vraisemblablement on suivait au sortir du grand Tremblay le chemin vert fort grand & fort large qui conduit jusqu’aux environs de Villeneuve sous Dammartin, en sorte qu’on laissait à gauche le Mesnil Rance qu’on laisse maintenant à droite.

On compte environ deux cents feux dans les deux Trembley joints ensemble, quoique le Dictionnaire Universel de la France n’y marque en tout que 440 habitants. Le territoire qui est presque totalement en labourages, n’est arrosé que par une petite source qui s’y trouve qu’on appelle Rideau, laquelle prend son cours par Villepinte , Savigny, Aulnay, Blanc-Mesnil & vient se jeter dans le Crould proche Dugny.

Les Auteurs des Chroniques de France, savoir Rigord et Nangis depuis lui, rapportent qu’au mois de juillet de l’an 1198, il

 

 

 

 

240        Paroisse de Tremblay;

Arriva dans e Diocèse de Paris un orage des plus violents, & que la grêle qui tomba de la grosseur des œufs ravagea tout le pays, savoir les blés, les bois & les vignes, à commencer depuis Tremblay jusqu’à l’Abbaye de Chelle. Rigord racontant cemalheur, met à Tremblaco & Nangis écrit à Tremblayo villa sancti Dionisii.

En 1543 le Cardinal du Bellay Évêque de Paris, devint possesseur d’une ferme sise en cette Paroisse, que Jean de Riberon Auditeur des Coptes avait achetée de Lazare de Selve Sieur de Cormiers, & cela par échange de la Seigneurie de Moisenay près Melun.

C’est dans ce même Tremblay de l’Abbaye de saint Denis, que le Roi Charles IX permit par Lettres données à Moulins au mois de Mars 1566, d’établir deux Foires, l’une le jour de sainte Geneviève, l’autre le 14 Septembre, & un marché les lundis & vendredis.

Il ne faut pas confondre Tremblay-saint-Denis, avec le Tremblay Paroisse du Diocèse de Chartres, entre Montfort & Neaufle, ni lui attribuer non plus ce qui ne convient qu’à un petit lieu dit le Tremblay sur le bord de la Marne, entre Bry et le Pont saint Maur, & à un fief de même nom situé au faubourg de Corbeil Paroisse saint Germain.

 

 
   

                 

 

 



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