description de Tremblay au 12ème siècle

 

 

Description de Tremblay au 12ème siècle, par l'abbé SUGER

 

 

La première mention d'une grange destinée à recevoir le produit de la dîme se trouve dans SUGER, abbé de Saint-Denis.

Écrit entre 1145 et 1147, le document a été publié dans OEUVRES COMPLÈTES DE SUGER, RECUEILLIES ANNOTÉES ET PUBLIÉES D'APRÈS LES MANUSCRITS, POUR LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE DE FRANCE PAR A. LECOY DE LA MARCHE, PARIS 1867.

CHAPITRE DE ADMINISTRATIO SUO, DE TREMBLIACO
“SUR SON ADMINISTRATION ABBATIALE, DE TREMBLAY.”

Traduction de l’abbé DARIDAN, revue par Anna CAPUCCELLI et H. REVEL

Puisque le village lui-même était grevé de beaucoup d'obligations par le comte de Dammartin, à savoir le paiement d'une taille annuelle de cinq muids de froment que moi (Suger) lui avais concédée en échange de la paix et parce que ce comte avait l'habitude de lever l'impôt à sa discrétion, se faisant livrer des ovins et se faisant héberger plusieurs fois l'an, aux dépens des habitants ; en leur nom à tous je traitai la paix avec le comte en ces termes : tout le village nous appartiendrait en paix, épargné de taille et droits d'usage, et nous, pour son droit d'hommage, nous lui paierions chaque année, de notre bourse, la somme de dix livres à l'Octave de Saint-Denis.

Ensuite par ce moyen nous avons remis le village sur pied (1) Et nous avons fait construire à l'entrée (2) un nouveau château et une nouvelle grange dans laquelle on puisse contenir le produit de tous les champarts et celui de quatre charrues (3), tandis que l'autre grange, située dans l’agglomération fortifiée (4) devait renfermer le produit des dîmes et dans l'une et l'autre devaient être entreposés les fourrages et les pailles pour nos besoins.

Et alors que de cette terre nous ne tirions à grand peine que 90 muids de froment au plus, cet accord étant rendu, le régisseur du lieu nous en donne 190, outre ce que le fermier emploie pour la semence, pour les bœufs et pour les bouviers, ils doivent aussi fournir des bœufs et de tout ce qui est nécessaire pour les charrues, en échange de quoi ils ont le revenu du four (banal).

Et nous avons nos droits de cens, de tensement (5), de mainmorte, de forfait, et la taille que nous imposons comme bon nous semble. De tout cela résulte un gain de 90 muids de grain.

Nous avons fait entourer de murs l'ancien château et dans le même lieu nous avons fait construire, attenant l'église une résidence à peu près défendable ; avec ces travaux de fortification nos successeurs, s'ils le désirent, peuvent mettre en sûreté leurs gens et leurs biens contre toutes sortes d'ennemis.

(1) Nos autem… " mais à cause de cela nous avons plus convenablement édifié le même village " nous suivons la traduction de Lebeuf : " par ce moyen nous avons remis le village sur pied. "

(2) du côté de l'entrée : il s'agit de l'entrée nord du village, c'est-à-dire du côté du Petit-Tremblay,

(3) de quatre charrues. Il s'agit du produit de la réserve seigneuriale, c'est-à-dire des terres exploitées directement par le seigneur ou son fermier. Au XIIème siècle, elles correspondent à Tremblay à une superficie exploitée par quatre charrues et leurs attelages.

(4) L'autre grange est située dans la partie sud du village, le Grand-Tremblay. Elle est IN MUNICIPIO c'est-à-dire à l'intérieur de l'agglomération.

(5) Droits
tensement : c'est le droit perçu par le seigneur, en contrepartie de la protection qu'il doit aux habitants.
mainmorte : en vertu du droit de mainmorte, les serfs ne peuvent disposer par testament des biens qu'ils tiennent de leur seigneur.
forfait : en cas de manquement au serment de foi et hommage prêté par le vassal à son seigneur (forfaiture), le fief devient vacant et est repris par le seigneur.
taille : c'est la redevance payée annuellement au seigneur par les serfs et les roturiers.



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