ANTOINE LUSSON À SAINT-MÉDARD : les vitraux

UNE RÉALISATION MAJEURE DE L’ART DU VERRE AU XIXème SIÈCLE

Méprisé parce que méconnu, le vitrail du XIXème siècle a longtemps été considéré par bien des historiens d’art comme une production quasi-industrielle permettant la diffusion de l’iconographie sulpicienne. Davantage étudié depuis une vingtaine d’années, il connaît aujourd’hui une lente réévaluation liée aux deux principaux pôles d’intérêt qu’il suscite : son iconographie et ses auteurs. Sur ces deux points, les verrières de SAINT-MÉDARD présentent un grand intérêt par la cohérence de leur programme iconographique et par l’origine unique de leur concepteur, l’atelier LUSSON. Grâce aux archives de la paroisse, qui nous ont été ouvertes en 1979 par l’abbé DARIDAN, nous avons pu étudier les circonstances précises de leur financement et de leur mise en place.*

* Ordonné prêtre en 1938, l'abbé DARIDAN, a terminé son sacerdoce à Tremblay, où il a été chargé de la paroisse SAINT MÉDARD pendant 13 ans. Il est décédé en 1997 à Bobigny. Nous lui savons gré de l'aide qu'il nous a apportée en 1979. Nous remercions également son successeur, le Père Louis LARCHER, qui a facilité nos observations in situ, ainsi que le Père Yves ABERT pour ses avis sur notre étude.

RÉALISATION ET POSE DES VITRAUX : 1863-1887

    Par leur style et leur localisation, les vitraux de l’église SAINT-MÉDARD se divisent en deux groupes :
  • Ceux de l’avant-nef, sont consacrés à des saints, représentés en pied, dans un style sulpicien.
  • Ceux du choeur illustrent des passages de l’Ancien et du Nouveau Testament, réalisés dans un style que nous qualifierons de néo-gothique, en raison de ses références au Moyen-Âge, par le choix des vêtements et des décors.

Les vitraux de l’avant-nef ne portent pas de signature. Consacrés à des représentations de saints, ils constituent probablement des réalisations d’atelier faites en série, selon des cartons que l’on reprenait à la demande. D’un format identique, les saints sont présentés dans des niches encadrées d’une même décoration, formée de deux colonnes de marbre, dont le chapiteau est inspiré librement de la forme corinthienne, tandis que la base est cannelée.

L’ensemble est surmonté d’une ornementation chargée et ne couvre qu’une partie de la superficie des vitraux,complétée par un remplissage de dessins géométriques, ce qui confirme que ces vitraux n’ont pas été conçus spécialement pour Tremblay.

LES VITRAUX DE LA PARTIE ORIENTALE

la partie orientale

 

 

 

L’église Saint-MÉDARD se compose de deux parties :

  • la partie orientale construite au XVIème siècle,
  • la partie occidentale ajoutée au XVIIème siècle, par l’architecte Jean-Jacques CELLÉRIER.

Conçus par l’atelier LUSSON entre 1863 et 1887, les vitraux de la partie Renaissance de l’édifice constituent un programme iconographique cohérent, dont le style néogothique est marqué dans le dessin des visages, inspiré des gravures du XVème siècle, dans celui des vêtements et des armures et dans celui des décors, montrant des fortifications moyenâgeuses.
Parmi les scènes représentées, les plus caractéristiques de ce style sont peut-être l’hommage rendu par ABRAM à MELCHISÉDECH où le futur ABRAHAM est curieusement revêtu d’une armure dorée du XVIème siècle ; MOÏSE dressant le serpent d’airain où l’on aperçoit la tour d’un donjon qui domine, à l’arrière-plan, deux chevaliers en armure et leur monture ; le sacrifice d’ABRAHAM dans lequel le patriarche est armé d’un cimeterre.
De la cinquième à la huitième travée, les bas-côtés de la partie orientale possèdent deux séries de quatre baies dédiées aux apôtres PIERRE et PAUL.

 



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