conclusion

Souvenir de Tremblay-lès-Gonesse, carte postale 1917

La partie orientale de Saint-Médard a peu évolué depuis sa création. L'intervention lourde de 1782 a certes revu totalement l'avant-nef, mais l'architecte a respecté le chœur Renaissance.

Ses voûtes constituent un bon exemple de l'évolution la plus achevée de l'ogive gothique. Du type dit « en étoile », elles sont caractéristiques de la Renaissance, période durant laquelle les architectes se plurent à les structurer sur des figures géométriques recherchées en vue de produire un effet esthétique qui n'était pas guidé par la seule recherche de l'équilibre des forces des axes porteurs. Commentant cette évolution de l'art de construire les voûtes, Viollet-le-Duc écrivait dans son Dictionnaire de l'architecture : « Il convient de rendre cette justice aux architectes de la Renaissance française qu'ils surent employer avec une grande liberté les méthodes gothiques touchant la construction des voûtes et qu'en s'affranchissant de la routine dans laquelle se tenaient les maîtres du XVème siècle ils appliquèrent aux formes nouvelles les ressources de l'art de la construction du Moyen-Age ».

De forme classique, la voûte de l'avant-nef, moins élevée que celle du XVIème siècle, est construite en berceau. De proportions harmonieuses, elle repose sur de grandes arcades supportées par de gracieuses colonnes toscanes. D’une grande sobriété l'ensemble nous paraît un exemple réussi de l'architecture néo-classique, digne du talent de Jean-Jacques Cellérier. Si l'intérieur de l'avant-nef reflète assez fidèlement le style de son créateur, la façade a sensiblement évolué depuis le XVIIIème siècle et ne jouit plus de l'équilibre voulu par l'architecte. Cette transformation s'est opérée sur deux périodes :

- en 1822, le fronton sculpté par Cellerier a été mutilé et orné d’un Christ en majesté. Taillée dans une pierre de mauvaise qualité cette sculpture s'est très fortement dégradée. Son exposition aux vents d'ouest, chargés d’humidité, explique son érosion précoce. Comme elle est aujourd'hui illisible, nous posons la question de l'intérêt du maintien de cette oeuvre sans forme, due à un artiste inconnu. Nous préférerions que l'on rétablisse sur ce point le fronton conçu par le maître Cellérier.

- Entre 1854 et 1856, le clocher fut sensiblement modifié. La tour et les combles furent rehaussés, le dôme qui les surmontait fut remplacé par une lanterne. Cette décision prise par le Conseil Municipal de l'époque répondait au vœu de la population qui avait critiqué dès l'origine la tour de Cellérier, jugée trop basse. En fait il semble que la communauté villageoise ait voulu un élément architectural, représentation symbolique de l'identité locale, qui signe le paysage. Sur ce point, il nous paraît sage de ne plus retoucher cet élément de permanence et de ne pas revenir à la tour de Jean-Jacques Cellérier qui selon les observations formulées en 1781 « ne serait vue de nulle part ».

Remarquons enfin que Saint-Médard n'a traversé les siècles que grâce à des soins constants. Propriété communale au titre de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905, l'édifice constitue la pièce maîtresse du patrimoine architectural de la ville. En raison de son classement au titre des Monuments Historiques, la Commune bénéficie de l'aide de l'État et des collectivités territoriales pour en assurer l'entretien, sous la maîtrise d'œuvre des Bâtiments de France.

 

 

Souvenir de Tremblay-lès-Gonesse
Le clocher de Saint-Médard, élément symbolique de l'identité locale,figure dans l'encadré
de cette carte souvenir carte postale 1917, édition Desaix
Cliché SEHTd'après l'original de ses collections.

 

 

La vie aux champs
Scène de la vie à Tremblay, vers 1923
On notera le clocher de Saint-Médard, qui signe le paysage.

carte postale édition Weival, vers 1923
cliché SEHT d'après l'original de ses collections

 

Le clocher de Saint-Médard, élément de permanence du paysage local, juin 1998

cliché SEHT

 

 



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