Les victimes civiles des combats du 13 juin 1940

Madame PERNOUD Marie

Originaire de l'Aveyron, Madame PERNOUD, née Andrieu, âgée de 57 ans, habitait au n° 22 avenue Pasteur. Elle fut mortellement blessée par un éclat d'obus, le 13 juin.
L'acte de décès de la victime, enregistré le lendemain à 15 heures, porte la signature d'un futur Résistant, Pierre Colongo, l'un de ses voisins. Il est probable que les événements du 13 et du 14 juin motivèrent l'engagement dans la Résistance de Pierre Colongo, qui fut tué sur les berges du canal de 27 août 1944, les armes à la main.

 

Madame SAVAR Juliette

Juliette, Pauline Savar, née Vinche était âgée de 39 ans. Domiciliée à Tremblay, 2 Chemin du Loup, sur la rive sud du canal, juste à côté du Pont, elle se trouvait malencontreusement chez elle, au moment où s'engagea le combat, le 13 juin 1940. Réfugiée dans le sous-sol de son pavillon en compagnie de son époux, d’une voisine et d’un soldat français blessé, elle est invitée, en fin d’après-midi, à sortir de son refuge par un soldat allemand.

Les Savar et leurs compagnons d’infortune sont accueillis par un tir de mitrailleuse. Le soldat français et Juliette Savar sont mortellement blessée, tandis que son mari, lui-même gravement touché, est soigné à l’hôpital de Compiègne. Il ne survécut que dix-huit mois à son épouse. 

Le nom de Juliette Savar est mentionné sur la stèle commémorative, bien qu'elle ne fît pas partie des otages fusillés. Les noms des autres victimes civiles n’apparaissent pas sur le monument. Il s’agit de :

·         Andrieu épouse Pernoud Marie,

·         Coquerelle Léopold

·         Desain Charles

·         Levy Alfred, Victor

 

Juliette Savar était née à Créteil. Pour honorer sa mémoire la ville de Créteil a donné son nom à une des rues de la ville, par décision du Comité local de Libération, en date du 11 octobre 1944, ratifiée par le Conseil municipal par délibération du 8 décembre 1944. L’ancien chemin de Brévannes dénommé rue Juliette Savar, relie le Mont-Mesly et le quartier de l’église.

 

Monsieur COQUERELLE Léopold
 
âgé de 65 ans, Léopold Coquerelle habitait dans le quartier du Bois Saint-Denis, avenue Mozart. Comme Madame Pernoud, il fut touché mortellement par un éclat d'obus, le 13 juin.
Dans la confusion du moment, son décès ne fut pas enregistré à l'état civil. Il fallut un jugement du tribunal de Pontoise, en date du 18 juillet 1942, pour régulariser sa succession. L'état civil de Tremblay enregistra donc l'acte a posteriori et conformément aux attendus du jugement porta la mention "mort pour la France" en marge du registre.

 

Monsieur DESAIN Charles

Agé de 45 ans, Charles Desain est un ancien combattant de la Première Guerre mondiale.

Le 13 juin 1940, en fin d’après-midi, la 47e division d’infanterie abandonne ses positions à l’est de tremblay. Le pont de Villeparisis n’est plus défendu, des soldats allemands franchissent là le canal. Après avoir pris pied sur la rive sud, ils progressent vers l’ouest, mais sont contenus par les hommes du 24e BCA. Quelques-uns avancent sur le boulevard de l’Ourcq. Arrivés devant le n° 83, ils sont salués par les protestations de Charles Desain qui, retranché derrière la clôture de son pavillon, prend le risque de leur signifier qu’ils ne sont pas les bienvenus dans notre pays.

 

Plusieurs témoignages évoquent la protestation verbale de Charles Desain. Certains évoquent sa mort suite à un jet de grenade. Nous retenons la version du commissaire de police de Tremblay, dans son rapport du 20 juin 1941. Établie d’après le procès-verbal d’audition de Madame Achard, procès-verbal d’audition n° 5, elle nous apprend que Charles Desain a été fusillé. Il l’a été pour avoir eu l’audace d’exprimer tout haut sa réprobation, celle d’un patriote protestant contre l’intrusion sur notre sol de la barbarie nazie.

 



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