Combat de la ligne de défense de l’Ourcq – 13 juin 1940

COMBAT DE LA LIGNE DE DÉFENSE DE L’OURCQ – 13 JUIN 1940

Le 13 juin 1940 la défense du canal de l'Ourcq, de la Poudrerie de Sevran au Pont du Chemin de Fer de Tremblay-Villepinte, est confiée au 24e Bataillon de Chasseurs Alpins (24e BCA), renforcé d'éléments des 25 e et 65e BCA. Leur mission est de couvrir la retraite des armées vers la Marne.

La 1ère compagnie du 24e BCA a mission de tenir le pont de l'avenue du Chemin de Fer. Elle est armée de deux canons antichars de 25 et de mitrailleuses. Dès dix heures du matin, elle est sur place et s'organise. Les hommes sont exténués. Le capitaine Gillot établit 4 points d'appui pour défendre le pont, deux sur la rive nord, deux sur la rive sud.

 

Vers 14 heures 30, un peloton motocycliste ennemi se présente. Lorsqu'il est à 100 mètres, les défenseurs ouvrent le feu. En quelques secondes les 8 motocyclistes sont abattus. Les véhicules du convoi allemand se mettent à couvert. Le combat se poursuit.

Les positions françaises sont attaquées au minenwerfer et au canon. L'infanterie ennemie essaie de s'approcher, mais des tirs précis de mitrailleuses la maintiennent à distance.

Dans le courant de l'après-midi, après un moment d'accalmie, le feu reprend avec intensité. Les blessés commencent à affluer au PC de la compagnie. Le mitrailleur GAURAND, sérieusement blessé à la main, refuse de se laisser évacuer. Après s'être fait panser, il retourne à sa position, un poste d'observation juché au faîte d'une des maisons de la rive sud. Moins d'une heure plus tard, il sera tué.

Les mines ennemies détruisent deux mitrailleuses et un fusil mitrailleur. Les servants de ces pièces sont tués ou blessés. Les chasseurs Roger LAGIER et Marcel BATAILLE sont tués. Le sous-lieutenant LABBE est blessé au flanc, le sergent MEYERE scalpé par un éclat qui met à nu une partie du cerveau. Les brancardiers sont débordés.

 

Le capitaine GILLOT donne l'ordre aux deux points d'appui de la rive nord de se replier. Il a noté que les Allemands débordent la position par les côtés et commencent à s'infiltrer dans son dispositif. Il devine que l'assaut est proche. Les deux sections de fusils mitrailleurs et les survivants des servants des mitrailleuses ramènent hommes valides, blessés et matériel. Ils prennent de nouveaux emplacements sur la rive sud et constituent un solide point d'appui, apte à se défendre dans toutes les directions.

Soudain, les servants des pièces antichars sont. mis en alerte par des bruits de chenilles. Il ne s'agit pas d'un blindé mais d'un canon de 77 qui prend position à 150 mètres, dans l'axe du pont et de la départementale 88. Le plus avancé des canons de 25 tire dans sa direction une quinzaine d'obus, à cadence rapide. Le 77 est détruit par la salve du canon de 25. L'obus allemand a abattu la marquise du cinéma du Vert-Galant.

Les mines continuent de pleuvoir sur les positions de la compagnie GILLOT. Depuis le début de l'engagement, elle compte une trentaine de blessés.

L'ennemi veut forcer le passage de l'avenue du chemin de fer. Il essaie de grimper sur les arbres de la rive nord, mais l'éclairement du soleil couchant est favorable aux défenseurs. Un à un, les ennemis sont débusqués de leur perchoir. Ils tentent ensuite de lever la barrière du passage à niveau et sacrifient en vain une dizaine d'hommes qui échouent dans leur mission, sous le feu de la 1ère compagnie.

Tout au long du canal, la situation se détériore. Vers l'ouest l'ennemi ne rencontre pas de résistance. À l'est les ponts de Villeparisis tenus par la 47e division ont cédé. Devant la gravité de la situation le commandant VALO décide d'épauler la résistance du pont de l'avenue du Chemin de Fer par la défense de l'agglomération de Vaujours, en point d'appui fermé, dans toutes les directions, jusqu'à épuisement des moyens.

Malgré ses demandes réitérées, le chef de bataillon n'obtient aucun appui d'artillerie et ne reçoit aucun approvisionnement de l'arrière.

 

Vers 19 heures, la Division enjoint au chef de bataillon d'organiser le décrochage de son unité. Le commandant VALO a le sentiment qu'un décrochage sur le champ est impossible. À peine le bataillon aurait-il quitté sa position qu'il serait débordé par les blindés ennemis et anéanti. Un conseil de bataillon restreint se tient au P.C. Faut-il exécuter l'ordre de repli ? C'est la solution qui est finalement retenue, mais la 1ère compagnie continuera à tenir sa position pour couvrir la retraite du bataillon.

Vers 20 heures, le chef de bataillon VALO envoie au capitaine GILLOT l'ordre suivant : "Le Bataillon se repliera à 21 heures 15, vous demande de sacrifier la 1ère compagnie pour permettre au Bataillon de décrocher et de continuer la lutte."

Au reçu du message, le capitaine consulte ses chefs de section. Ceux-ci accueillent les ordres avec sang-froid et détermination.

L'heure du repli de la compagnie est laissée à l'appréciation du capitaine GILLOT.

Jusqu'à 21 heures, le combat fait rage. Le chasseur ZAFFALON est alors touché de six balles dans la poitrine, il a de surcroît un bras fracassé. Il est évacué par deux de ses camarades sur le poste de secours du bataillon. Le commandant VALO demande aux deux hommes qui ont évacué le blessé de rester à l'arrière avec la compagnie de commandement. Sachant leur compagnie sacrifiée, les chasseurs n'en demandent pas moins à la rejoindre. Le commandant VALO les embrasse et ils repartent vers l'avant, mais ils ne parviennent pas à rejoindre leurs camarades.

 

Après 21 heures, le combat cesse. Les Allemands incendient une maison voisine du pont et lâchent sporadiquement des rafales de mitrailleuses. Pratiquement à court de munitions, la 1ère compagnie répond avec parcimonie. À 23 heures 30, le capitaine GILLOT rassemble ses hommes. La retraite du gros bataillon étant maintenant opérée, il décide de commencer le repli de son unité à minuit. Le mouvement est fixé dans le détail. Le moment venu, il sera exécuté parfaitement et l'ennemi ne se rendra pas compte du décrochage.



Les réactions

Avatar Gérard.Loridan

J'ai habité au 21 avenue du chemin de fer(av du général De Gaulle)mes parents depuis 1933 .Ma cousine a assistée au journée du 13 et 14 juin 1940 et a vue les deux soldat Français morts le lendemain dans le pré de Gatti derrière la boulangerie la maison du 21 a pris un obus allemand de petit calibre qui a fait un trou de 80cm de diamètre dans la chambre du 1er étage
Si cela vous intéresse je peu la contacter Mes salutations

Le 01-07-2013 à 15:25:56

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