descriptif

LE SITE GALLO-ROMAIN DU NOURET

 

Les fouilles archéologiques entreprises en 1991 dans le cadre des fouilles de sauvetage financées par la S.N.C.F préalablement à la construction de l’ïnterconnexion de la ligne T.G.V ont révélé, sur le territoire de Tremblay-en-France, l'existence d'une villa gallo-romaine dont les vestiges s’étendent sur un rectangle de 300 m de long sur 200 m de large, soit une superficie d'environ 6 ha, selon les conclusions des archéologues. Plusieurs bâtiments ainsi que les thermes de la villa ont été étudiés lors de cette première campagne. L'étude du mobilier archéologique: céramiques, bijoux, monnaies, outillage, a montré que cet établissement a été exploité du début de la période gallo-romaine, sous le règne d'Auguste environ, jusqu'à la fin de l'Antiquité. On a une continuité d'occupation entre le Haut-Empire (1er au IIIe siècle) et le Bas-Empire (IVe et Ve siècles).

 

La superficie de cette villa et la présence d'éléments de confort, comme les thermes, la situent parmi les établissements gallo-romains de la catégorie supérieure. On ne connaît pas d'établissement plus important en Ile-de-France où les villas de ce type sont relativement rares.

On ne sait pas précisément le nombre de per­sonnes qui vivaient sur cette villa. Dans la partie résidentielle, il n'y avait sans doute que la famille du maître. La familia au sens latin, c'est à dire le chef de famille et tous ceux qui vivent sous son toit, soit un groupe d'une vingtaine d'individus environ. Pour avoir une idée plus précise du nombre de personnes qui vivaient là, il faudrait des études complémentaires. Pour l'instant un tiers seulement de la superficie de cet établissement a été fouillé. Le vœu des archéologues serait d'en compléter l'étude, à l'occasion de travaux futurs.

La qualité technique des installations de cette villa est attestée par le mobilier. On remarque notamment parmi les objets exposés une remarquable entrée de serrure en fer, avec une applique en alliage cuivré. Elle a été restaurée par l'I.R.R.A.P de Compiègne (Institut de Restauration et de Recherches Paléométallurgiques, rue des Cordeliers à Compiègne).

 

En 1997, lors de l'aménagement de la piste IV on a pu appréhender, de part et d'autre de la partie rési­dentielle, la partie agricole de cette villa. Elle a ré­vélé l'aqueduc qui venait alimenter les thermes. Il se présente sous la forme d'une canalisation de béton, recouverte de dalles calcaires. Des regards permet­taient de procéder à des nettoyages périodiques et d'effectuer des réparations, en cas de fuites. Ce type d'aqueduc est bien connu, mais il est inhabituel de le trouver pour l'alimentation d'établissements ru­raux.

 

On ignore la longueur exacte de l'ouvrage, la difficulté étant de situer l'endroit où l'eau était captée. Ce n'est pas un cours d'eau parce qu'il n'y en a pas sur la plate-forme. C'est plutôt une série de sources qui alimentait cette construction. La longueur de l'ouvrage est probablement de plusieurs kilomètres. Il se dirige vers le nord. La complexité de l'installation démontre un statut extrêmement élevé de cette villa. Aéroports de Paris a fait procéder à la dépose d'une longueur de 5 mètres de cet aqueduc. La partie déposée est stockée dans un hangar, en attendant d'être exposée dans une future aérogare. Elle représentera un témoignage important et relativement rare des infrastructures hydrauliques d'un établissement thermal de la période antique.

 

Plusieurs bâtiments ont été identifiés sur l'emprise de la villa. La partie résiden­tielle se trouve à l'est du périmètre d'in­tervention. Elle n'a pas été fouillée. La campagne de 1997 a porté sur la partie nord de la zone agricole. Plusieurs bâtiments ont été identifiés sur cet espace. Ils étaient des­tinés à l'entreposage du matériel, au stockage des récoltes et comprenaient une étable pour abriter les animaux. La présence de meules autour d'un bâti­ment situé à l'ouest laisse penser que des activités de meunerie étaient localisées dans cette partie de la villa. La plus grande de ces meules a un diamètre de 70 cm et une épaisseur de 23 cm en son centre. Elle constitue la partie fixe du moulin. En raison de son poids la partie mobile était actionnée par la traction animale ou par la force humaine démultipliée par un dispositif mécanique. La plupart des meules retrou­vées sont de dimension inférieure, de 26 à 44 cm. Elle sont en grès ou en pierre calcaire. Un doute sub­siste sur leur utilisation, certaines présentant des res­tes de broyage minéral.

 

Plusieurs structures de stockage de dimensions plus modestes ont également été fouillées, notamment une petite cave au fond de laquelle des cavités recevant des vases à provisions étaient encore visibles. Cette structure a par la suite été abandonnée et a servi de dépotoir. On y a retrouvé un abondant m~tériel daté de la fin du IIIe au début du IVe siècles qui comprend des céramiques d'importation: céramiques sigillées du centre et de l'est de la Gaule, amphores de Bétique. La provenance variée de ce matériel atteste la forte implication de ce complexe agricole dans une économie d'échanges.

Après l'an 500 et sans doute un petit peu avant il ne reste rien sur la villa.



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