écologie du canal de l'Ourcq

 

 

 

Une nouvelle vocation pour le canal,

espace de détente et de loisirs.

 

Le 2 décembre 1808, jour anniversaire du Couronnement de l'Empereur Napoléon 1er, les digues qui retiennent les eaux de l'Ourcq devant le bassin de la Villette sont rompues, les libérant pour effectuer leur entrée officielle dans Paris. Depuis lors, elles participent à l'adduction de Paris.

 

Conçu pour approvisionner Paris en eau potable, le canal de l’Ourcq reste un formidable pourvoyeur d’eau de la capitale. En moyenne, il fournit  quotidiennement 367 000 m3,   dont 180 000 m3 sont consommés par le réseau non potable de la capitale, tandis que 187 000 m3passent au travers des écluses des canaux Saint-Martin et Saint-Denis. Le réseau non potable alimente l’ensemble du réseau de lavage des caniveaux et des égouts de la capitale, ainsi que tous les espaces verts.

 

De tout temps, le canal a également été utilisé comme lieu de détente. Ses berges ont toujours été fréquentées par les pêcheurs. Elles ont été également le siège de nombreuses fêtes populaires dont les cartes postales nous ont gardé le souvenir. Ainsi le grand rassemblement organisé pour fêter, en 1914, les Cent élus du Parti Socialiste se tient-il sur les bords du canal.

 

La section à petit gabarit du canal de l ’Ourcq, des Pavillons-sous-Bois à Mareuil-sur-Ourcq, représente un parcours de 90 kilomètres. À partir de Sevran, à l’amont  du Parc National Forestier de la Poudrerie, le paysage cesse d’être industriel.  On entre dans un secteur boisé qui, après Villeparisis, débouche sur l’espace rural.  C’est le domaine de la détente et des loisirs.

 

L’un des lieux remarquables de ce parcours est la butte du Bois Saint-Denis, seuil de partage des eaux entre les vallées de la Marne et de la Seine.  Ce site, continuité du Parc National Forestier de la Poudrerie de Sevran-Livry, présente des rives profilées à 30 %,  pour consolider les rives. Au pont de Villepinte, qui correspond à peu près au point le plus haut de la butte,  les rives supérieures surplombent le chemin de halage de 13, 50 mètres. Le promeneur qui circule sur cette voie a  le sentiment d’être en pleine nature. Alphonse ALLAIS rêvait de construire les villes à la campagne, ici, c’est la nature qui se niche au cœur de la ville.

 

Les deux berges du canal à Tremblay représentent une superficie d’environ 30 ha. Elles présentent des talus boisés. Il ne s’agit pas de plantations artificielles, mais d’un espace boisé naturel. Selon l’atlas écologique de Thibaut GABORIT, on observe ici « de nombreux Frênes, des Erables champêtres mais également des Ormes et des Robiniers qui prennent également beaucoup d'importance. Plutôt adaptés aux milieux calcaires, on remarque aussi la présence de l'Epine noire et de la Viorne lantane. La végétation herbacée est caractéristique des sous-bois, et on retrouve sur les deux berges le Lierre, la Laîche des bois, l'Euphorbe des bois, la Mercuriale, l'Arum tachetée et quelques Aubépines. En bordure de chemin, on note la présence de Benoîte, d'Orties, de Millepertuis perforé et de Fraisiers sauvages... Enfin, plus adapté au milieu humide, le Cornouiller sanguin prend plus d'importance au bas de la butte. »*

 

(* Cf. Atlas écologique communal de Tremblay-en-France, Thibaut Gaborit, édité par le club CPN ÉTOURNEAUX 93.)

 

 

Cette présence de la nature attire une faune abondante sur les rives du canal. Citons  quelques lignes de l'inventaire des oiseaux dont la nidification est attestée sur les berges de l'Ourcq par l'association CPN Étourneaux 93 : Tourterelle des bois, Pic vert, Pic épeiche, Grive draine, Poule d'eau, Canard col vert, Canard mandarin, données comme observées et Loriot d'Europe et Chouette hulotte mentionnées comme présumées- Enfin on peut observer en passages le Martin-pêcheur, le Héron cendré, le Chevalier guinguette, la Mouette rieuse ou le Grèbe Castagneux.* (* Cf. Atlas écologique communal de Tremblay-en-France, Thibaut GABORIT, édité par le club CPN ÉTOURNEAUX 93.)

 

Parmi les usagers des berges du canal figurent bien entendu de nombreux pêcheurs, regroupés en Associations telles le « Gardon sevranais » ou la « Juine » de Bobigny. Ils se tiennent en général sur la rive gauche et s’installent aussi confortablement que possible avec leur matériel, plus ou moins sophistiqué,  sur le  chemin de halage. Sept espèces de poissons ont été dénombrées à Tremblay: Epinoche, Epinochette, Goujon, Gardon,

Chevesne, Truite arc-en-ciel et Ablette. On y trouve également des écrevisses américaines et de grandes moules d'eau douce.

 

D’autres sites remarquables jalonnent le parcours du canal de l’Ourcq, notamment la rivière canalisée qui prolonge le canal sur 10 kilomètres, de Mareuil-sur-Ourcq à Port-aux-Perches. Ce parcours est ponctué de quatre écluses. C’est la partie qui présente les paysages les plus pittoresques, en particulier vers La Ferté-Milon, ville natale de Jean Racine.

 

Les berges du canal ne sont pas l’apanage des piétons. Des aménagements ont été conçus pour en ouvrir l’accès aux cyclistes. La première tranche de la piste cyclable du canal de l'Ourcq reliant Pavillons-sous-Bois à Tremblay-en-France a été construite en 1978 pour un montant de 5 600 000 F dont le financement a été assuré par le Département, l'État (fonds interministériel d'Aménagement de la Nature et de l'Espace), et la Région. Inauguré le 4 novembre 1978 par le Président du Conseil Régional et le Préfet, en présence des élus locaux des villes de l'arrondissement,  ce parcours a depuis rencontré un vif succès auprès du public. La cérémonie s’est déroulée à Tremblay, au niveau de la piste cyclable, sur le pont de l'Avenue du Chemin de Fer. Ce premier tronçon a été ensuite complété et il est maintenant possible de circuler à vélo  du bassin de la Villette jusqu’au pont de la Rosée à Claye-Souilly. La piste de l’Ourcq, reliée au réseau cyclable de la ville de Paris et au Parc national Forestier de Sevran, offre aux Parisiens et aux Franciliens un accès vers la Nature et l’espace rural. Son prolongement vers la base de Jablines est à l’étude. On rêve d’un prolongement de la piste sur tout le parcours du canal de l’Ourcq, axe qui pourrait constituer le premier chaînon de la liaison cyclable Paris-Moscou.

 

Nous dirons pour conclure que le canal de l’Ourcq et ses affluents constituent un patrimoine naturel, historique et culturel qui mérite d’être sauvegardé et mieux mis en valeur. La Ville de Paris, propriétaire de la voie d’eau, s’ouvre maintenant au dialogue avec les villes riveraines et les usagers. Nous invitons tous les amoureux du canal à appuyer tous ceux qui œuvrent  pour que les citadins qui hantent ses berges trouvent les aménagements auxquels ils aspirent, pour que l’espace urbain qui tourne le dos à la voie d’eau, notamment sur la portion à grand gabarit, soit requalifié, pour que l’entretien des berges soit unifié et rationalisé, que le mobilier urbain soit harmonisé et respecté.

 

 

 

 

 

les rives tremblaysiennes du canal de l'Ourcq

 
 
   

piste cyclable

 
 
 
   
   

 

 

 

 

 

 



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