LA 1ère occupation allemande de TREMBLAY : SEPTEMBRE 1870

LA 1ère  OCCUPATION ALLEMANDE DE TREMBLAY : SEPTEMBRE 1870

 

Début septembre 1870, en prévision de l’arrivée imminente de l’armée prussienne, le gouvernement invite les habitants de la banlieue parisienne à gagner la province ou à entrer dans Paris. Le 11 septembre, le Sous-préfet de Pontoise adresse un message aux Maires de l’arrondissement, les prévenant que le lendemain les routes seraient interdites à la circulation des véhicules et leur demande de diffuser l'information.

Dans toutes les communes, on bat la générale pour prévenir la population des dangers qu'elle encourt et pour inviter les retardataires à déguerpir. C'est dans un village presque désert que l'armée saxonne fait son entrée à Tremblay.


Installation du télégraphe de campagne au Grand Tremblay, rue du PUITS HAZARD, actuelle rue LOUIS ESCHARD.



Le PRINCE DE SAXE s'installe en compagnie du duc de Brandebourg au n° 6 rue de Roissy. La maison appartient à M. TURENNE, entrepreneur de serrurerie à Paris. Le parc et les dépendances offrent de larges possibilités pour le logement des hommes et des chevaux, mais ils ne suffisent pas aux besoins du PRINCE DE SAXE et de son état-major, aussi quittent-ils Tremblay pour le château de Margency, le 8 octobre 1870.

Parmi les sept Tremblaysiens présents dans le village, lors de l'entrée des Saxons, figure le curé du village, l'abbé TRÉBÉDEN. Il doit céder la place à l'occupant. Le capitaine APEL et le lieutenant VON WINTERFELD logent au presbytère. Ils prennent possession des deux chambres à coucher du 1er étage, tandis que la salle à manger et le salon du rez-de-chaussée sont occupés par les officiers de l'ambulance, la cuisine et la cave par les ordonnances et le personnel de cuisine. Cela se fait toutefois avec une certaine courtoisie. L'abbé a droit à la visite du comte de VITHZTHUM qui lui explique que telles sont « les nécessités de la guerre ».

Soldats et officiers ont une passion commune, celle du vin. Les premiers s'en emparent de force, les seconds acceptent de le payer. Le 24 septembre, à la suite d'une alerte qui a requis le départ de ses occupants, l'abbé TRÉBÉDEN voit sa cave et son jardin pillés par des soldats du train. Il est alors totalement dépourvu de vivres et de boisson. Le PRINCE DE SAXE a l'élégance de lui faire porter à dîner. Il s'excuse même de ne pas fournir le vin. Lui et sa suite ont vidé les 240 bouteilles laissées par M. TURENNE et 150 autres appartenant au fermier LE CERF. Leur prix sera évalué à 1,50 F la bouteille, le comte de VITZTHUM laissera entre les mains du curé la somme nécessaire au désintéressement des propriétaires. Jusqu'à son départ pour Margency, le PRINCE DE SAXE continue de faire au curé l'envoi de son dîner.

Pendant le séjour de l'état-major princier, quelques réjouissances sont organisées. Un service religieux est demandé à l'église Saint- Médard pour le 1er octobre. Le lendemain le PRINCE ROYAL DE SAXE fait donner un concert. Des excursions sont organisées aux alentours. Tout cela est interrompu le 8, lorsque l'état-major quitte Tremblay pour Margency.

OCCUPATION PRUSSIENNE : EFFECTIFS STATIONNÉS À TREMBLAY
Le rapport du Maire de Tremblay au Préfet de Seine-et-Oise, en date du 25 janvier 1872, recense les différentes unités qui occupèrent Tremblay et précise leur effectif.
La commune a été occupée sans interruption du 18 septembre 1870 au 12 mars 1871. Le nombre des occupants a été généralement très supérieur à celui de la population locale, ce qui ajoute aux exactions habituelles des troupes d'occupation le poids d'une surpopulation.
Du 19 septembre au 10 octobre 1870, l'effectif des troupes stationnées dans le village est 13 fois supérieur à celui de sa population ! Pendant toute cette période, l'effectif moyen des soldats prussiens stationnés dans le village est de 2 200, soit près de trois fois la population de la commune, qui est alors de 677 habitants. La surpopulation humaine se double d'une densité animale également excessive. En moyenne, de septembre 1870 à mai 1871, le nombre des chevaux cantonnés à Tremblay est de 635. Ce cheptel est très supérieur à celui du village. Nous n'avons pas de recensement des chevaux de la commune pour cette période, mais nous disposons de statistiques agricoles pour 1904, période antérieure à la mécanisation de l’agriculture ce qui permet de penser que le nombre des animaux de traits est, à cette date, assez proche de celui de 1870. En 1904 Tremblay compte 165 chevaux, 1 âne, 1 taureau, 130 bœufs, 25 vaches. A total un cheptel inférieur de moitié à celui possédé par les troupes d'occupation stationnées dans la commune entre septembre 1870 et avril 1871.

EFFECTIFS STATIONNÉS À TREMBLAY DE SEPTEMBRE 1870 À SEPTEMBRE 1871  

 

Unités hommes chevaux date arrivée date départ
chasseurs de la Garde 10000 600 18.09.1870 19.09.1870
Régiment de Saxe et 2e régiment de Dragons (prince de Saxe) 1600 700 19.09.1870 10.10.1870
1er régiment de Dragons de la Garde 1200  1200 11.10.1870 25.11.1870
Cuirassiers blancs (Comte de Brandebourg) 150  150  25.11.1870 26.11.1870
Lanciers rouges et Lanciers blancs (prince A. de Prusse) 1800    1800 29.11.1870 04.01.1871

2 escadrons de Lanciers jaunes.

avant-garde saxonne)

350  350 06.01.1871 10.01.1871

Régiments de François-Joseph &

chasseurs de la Garde

4300 600 10.01.1871 12.02.1871
Chasseurs de la Garde 800  50 25.01.1871 12.02.1871
Lanciers jaunes 600  600  12.02.1871 10.03.1871
Régiment de la reine Elisabeth 1200 300  15.05.1871 30.05.1871
unités de passage (séjours de 2 à 3 jours)   de 600 à 1200  150 à 300    mars 1871 sept.1871  
         

   
            
 

BIBLIOGRAPHIE
André HUSTIN, Les Allemands à l’est de Paris, du canal de l’Ourcq à la Marne, 1870-1871 Librairie contemporaine 1912.
H. REVEL, La première occupation allamenade de Tremblay, 1870/1871, b ulletin n° 15 de la SEHT, 1991



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